De nouvelles enquêtes judiciaires et financières menées en Belgique et en Italie viennent d’apporter un éclairage inquiétant sur la mutation profonde des méthodes employées par les réseaux criminels liés au Maroc.
Selon des informations rapportées, hier, par l’Établissement Public de Télévision (ENTV), ces organisations criminelles ont franchi un palier supérieur, elles ne se contentent plus du trafic traditionnel de résine de cannabis (hashisch), mais ont perfectionné leurs mécanismes de dissimulation, de transport et de blanchiment des capitaux, tout en élargissant leurs activités au trafic de cocaïne. Cette trajectoire témoigne de l’expansion d’un système criminel visant à submerger le continent européen de substances illicites.
L’utilisation de façades commerciales et le blanchiment d’argent en Belgique
L’un des volets majeurs de ces investigations se déroule à Anvers. Le parquet de la ville a ordonné la mise sous scellés d’un magasin de meubles situé dans le district de Borgerhout. Sous le couvert d’une activité commerciale légitime, cet établissement servait en réalité d’écran pour l’importation de cannabis en provenance directe du Maroc. Les enquêteurs belges ont révélé que la drogue était soigneusement dissimulée à l’intérieur des meubles avant d’être distribuée sur le territoire européen. Une fois la marchandise écoulée, les revenus générés par ce trafic suivaient un circuit financier opaque en direction du Maroc pour y être réinvestis. Les détails mis en avant par les investigations montrent la transformation d’une simple contrebande de marchandise en un écosystème transnational intégré, articulant dissimulation, logistique de transport et recyclage des bénéfices pour alimenter l’économie informelle.
Diversification vers la cocaïne et réseaux de distribution en Italie
Parallèlement, les forces de l’ordre italiennes constatent sur le terrain une diversification de ces activités criminelles vers les drogues dures. À Viareggio, la police italienne a procédé à l’arrestation d’un ressortissant marocain âgé de 22 ans. Lors de son interpellation, l’individu était en possession de 19 sachets de cocaïne, d’importantes sommes d’argent liquide ainsi que de deux téléphones portables. Les enquêteurs transalpins exploitent actuellement le contenu numérique des appareils saisis afin de reconstituer la cartographie complète des fournisseurs et des clients liés au suspect. En outre, une attention particulière est portée au mode de conditionnement de la cocaïne confisquée. Celui-ci présente des similitudes frappantes avec de la marchandise saisie lors d’une précédente opération dans la zone boisée de la pinède occidentale (Pineta di Ponente). Ce lien technique offre aux autorités un fil conducteur supplémentaire pour connecter les cellules de distribution locales aux sources d’approvisionnement globales et démanteler les filières opérationnelles. L’ensemble de ces révélations souligne le défi sécuritaire majeur auquel font face les services de police et les juridictions européennes. La convergence entre le trafic de « hashisch », la distribution de cocaïne et le blanchiment de capitaux démontre la capacité d’adaptation de ces réseaux transnationaux, qui exploitent les failles logistiques et commerciales entre l’Afrique du Nord et l’Europe.
Mohamed B.






