Hakim Boughrara : «La participation de la diaspora renforce le lien avec la patrie»

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Le professeur en sciences de l’information et de la communication, Hakim Boughrara, a affirmé que le lancement du vote de la communauté nationale établie à l’étranger pour les élections législatives du 2 juillet 2026 constitue « une étape politique et nationale majeure », traduisant la volonté de l’État de permettre aux Algériens résidant hors du pays d’exercer leur droit constitutionnel de choisir leurs représentants à l’Assemblée populaire nationale.

Invité, dimanche, de l’émission « Dhayf Essabah » de la Chaîne I de la Radio algérienne, M. Boughrara a indiqué que l’opération de vote, entamée samedi dans les consulats et représentations diplomatiques algériennes à travers le monde, se déroule dans de bonnes conditions d’organisation et sous la supervision de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), garantissant ainsi la transparence, la régularité et le respect des dispositions légales. Il a précisé que plus de 854.000 électeurs sont inscrits à l’étranger et appelés à élire 12 députés représentant la communauté nationale au sein de 12 circonscriptions électorales réparties à travers le monde. Ce dispositif, a-t-il souligné, témoigne de l’importance accordée par l’État à la représentation de la diaspora dans les institutions constitutionnelles. Selon lui, le lancement du scrutin avant la date du vote à l’intérieur du pays répond aux spécificités liées à la dispersion de la communauté algérienne dans plusieurs pays et aux décalages horaires. Le vote de la diaspora se déroule ainsi du 27 juin au 2 juillet au niveau des centres diplomatiques et consulaires.

Renforcer le sentiment d’appartenance nationale

Hakim Bougrara a estimé que la participation de la communauté nationale à cette échéance électorale dépasse le simple exercice du droit de vote. Elle revêt, selon lui, une forte portée politique et nationale en contribuant au renforcement de l’esprit de citoyenneté et de l’attachement des Algériens établis à l’étranger aux institutions de l’État. Il a ajouté que cette participation permet également aux membres de la diaspora de prendre part à la décision nationale à travers le choix de leurs représentants au Parlement. Le professeur a, par ailleurs, souligné que les députés élus au titre des circonscriptions de l’étranger auront la responsabilité de porter les préoccupations de la communauté nationale, notamment celles liées à l’amélioration des services consulaires, à l’encouragement de l’investissement, à la protection des droits des Algériens établis à l’étranger ainsi qu’au renforcement des liens économiques et culturels avec le pays.

Une communauté nationale, « force de rayonnement »

M. Boughrara a qualifié la communauté algérienne établie à l’étranger de « force de rayonnement », disposant d’un important potentiel scientifique, économique et culturel. Il a affirmé qu’elle a toujours constitué une première ligne de défense de l’Algérie à travers le monde et demeure un acteur essentiel dans la promotion de l’image du pays à l’international. Il a également indiqué que les estimations situent le nombre de membres de la communauté algérienne à près de sept millions de personnes, ce qui lui confère un poids considérable dans le soutien au développement national à travers les compétences, les investissements et les initiatives qu’elle est en mesure d’apporter.

Une campagne électorale calme et de proximité

Évoquant la campagne électorale officielle qui s’achève ce dimanche soir, Hakim Boughrara a relevé qu’elle s’est déroulée dans un contexte marqué par plusieurs échéances nationales importantes, notamment les examens officiels de fin d’année scolaire et le coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026. Cette concomitance a, selon lui, pu avoir une incidence sur l’intérêt accordé aux rassemblements et meetings électoraux organisés par les partis politiques et les listes indépendantes, ainsi que sur le niveau de participation et de mobilisation des électeurs. Il a néanmoins souligné que la campagne s’est globalement déroulée dans le respect des dispositions de la loi organique relative au régime électoral et dans un climat de sérénité, sans dépassements majeurs. Les seules irrégularités relevées par l’ANIE concernent, a-t-il précisé, quelques cas d’affichage non conforme. Le professeur a également noté que cette campagne a été marquée par un important travail de proximité, les candidats ayant privilégié les rencontres de terrain à proximité des lieux de résidence, des espaces publics et des marchés afin de convaincre les électeurs. Il a, en outre, estimé que la campagne a été marquée par une certaine dimension populiste qui a suscité un intérêt particulier sur les réseaux sociaux, en raison du recours de certains candidats aux technologies de l’intelligence artificielle. Enfin, Hakim Boughrara a indiqué que le discours politique des différentes formations a oscillé entre réalisme et promesses parfois excessives, sans être dominé par une logique de confrontation. Le véritable test, a-t-il conclu, interviendra le jour du scrutin, qui permettra de mesurer la capacité de cette campagne à mobiliser les électeurs et à les inciter à participer massivement au vote.

Maya H

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