On savait la CAF rongée par la corruption et la gabegie, depuis belle lurette, mais au point de devenir une pétaudière, cela dépasse tout entendement.
L’instance faîtière du football africain a atteint un niveau d’anarchie et de confusion inimaginable. Elle a perdu toute crédibilité ne reculant devant aucune limite de l’absurde et du ridicule. Deux mois après la clôture de la CAN qui a consacré, faut-il le rappeler, le Sénégal vainqueur de la finale (1 – 0), au détriment du pays organisateur, le Maroc, voilà que le Jury d’appel de la CAF est sorti du bois pour nous pondre un communiqué ahurissant inversant le résultat obtenu sur le terrain pour donner la victoire sur tapis vert aux Marocains. « La Commission d’appel de la Confédération africaine de football a décidé, conformément à l’article 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des nations 2025, de considérer l’équipe nationale sénégalaise comme ayant perdu par forfait lors de la finale, et de valider le résultat de 3-0 en faveur de la Fédération royale marocaine de football. », a-t-il décrété. Au-delà du choc et de la surprise que cette décision ubuesque a suscité dans le monde du football, c’est l’incompréhension, le sarcasme et la dérision qui l’emportent à la fin. La CAF ne cesse d’être tournée en bourrique sur les réseaux sociaux prenant le relais des médias qui qualifient cette sentence de « comédie du siècle ». On se demande d’ailleurs si l’instance dirigée visiblement par procuration, par le Sud-Africaine, Patrice Motsepe, pourrait se relever d’une telle hérésie. Elle va certainement provoquer une scission au niveau des membres de la Confédération, voire même un schisme. Tout le monde s’accorde à dire que c’est la décision la plus improbable qu’une institution sportive puisse prendre. Cela ne pourrait jamais arriver sur un autre continent. Alors que le football africain, au grand potentiel au demeurant, luttait pour une plus grande reconnaissance, voilà que ses propres dirigeants lui assènent un coup mortel. Comment les autres vont-ils le prendre au sérieux? « Quand on voit comment la CAF est dirigée par Patrice Motsepe, le vassal de Gianni Infantino, on comprend mieux. On voulait absolument donner cette coupe au Maroc », a déclaré l’ancien coach Claude Le Roy sur la Chaîne l’Equipe, tout en qualifiant cette décision d’une dérive « guignolesque ». « C’est une manœuvre politique en pleine période électorale, pitoyable pour l’image du football africain. Cela fera rire toute la planète football », ajoute-t-il. Ces déclarations résument parfaitement le sentiment de la majorité des acteurs du monde du football. Cela dit, les dirigeants sénégalais ne comptent pas rester les bras croisés. La Fédération sénégalaise de football (FSF), a mis en demeure la CAF, de « geler toute procédure de remise du trophée », tout en annonçant de saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), à Lausanne. Par ailleurs, elle conteste formellement cette décision qu’elle estime « arbitraire et disproportionnée. La FSF évoque l’article 5 de la loi de l’IFAB pour justifier sa victoire. « L’arbitre de la rencontre a exercé son pouvoir discrétionnaire en optant pour une suspension temporaire et non un arrêt définitif. Le match a repris, le penalty a été tiré, et le résultat a été acquis au terme des prolongations. En requalifiant un incident de jeu résolu sur le terrain en « forfait » a posteriori, la CAF viole la doctrine constante du TAS sur la souveraineté de l’arbitre », a-t-elle écrit dans une lettre adressée à la CAF.En effet, le TAS applique souvent le principe de « finalité du match sur le terrain ». C’est à dire que quand « le match est joué jusqu’au bout sans protestation formelle immédiate de l’autre équipe, le résultat est validé ». Affaire à suivre…
Ali Nezlioui






