Froid, eau, sueur… ces allergies insolites peuvent parfois devenir très graves

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Rougir, suffoquer, se couvrir de plaques… sans avoir mangé d’arachides ni respiré de pollen. Certaines réactions allergiques se déclenchent dans des situations si banales qu’elles semblent presque impossibles. Pourtant, ces hypersensibilités rares existent bel et bien et peuvent parfois provoquer des réactions spectaculaires, voire dangereuses.

Tour d’horizon de cinq allergies aussi surprenantes qu’inquiétantes. Les allergies saisonnières sont très fréquentes au printemps et à l’automne. Mais certaines plantes très allergisantes répandent leur pollen entre août et octobre, contribuant à des rhinites, conjonctivites et asthme. Les allergies ne se limitent pas aux pollens, aux acariens ou aux arachides. Dans certains cas, l’organisme peut réagir à des éléments beaucoup plus inattendus, présents dans des situations du quotidien. Contact avec un élément naturel, réaction liée à l’alimentation ou à un phénomène physiologique banal : ces hypersensibilités, parfois méconnues, peuvent provoquer des symptômes impressionnants et, dans de rares cas, de véritables urgences médicales. Voici cinq allergies surprenantes et déroutantes.

L’allergie au froid

Également appelée « urticaire au froid », l’allergie au froid se manifeste par l’éruption à la surface de la peau de boutons et de plaques rouges plus ou moins superficielles. Elle survient en réponse à une baignade dans l’eau glacée, la consommation d’un aliment froid, l’exposition à l’air extérieur en hiver, le passage brutal d’une pièce où il fait chaud à un environnement froid, un travail en entrepôt frigorifique, etc. Chaque printemps, les pollens déclenchent des réactions allergiques chez une part importante de la population. Des chercheurs japonais viennent d’explorer une piste originale et naturelle pour réduire les éternuements liés à la rhinite allergique. En général, les symptômes régressent moins de deux heures après l’éviction de la source froide et ne laissent ni cicatrice ni pigmentation résiduelle. Mais dans certaines situations, l’allergie au froid peut être responsable de réactions impressionnantes. Selon le Centre de preuves en Dermatologie, « environ 10 à 38 % des patients ont eu au moins une expérience de réaction systémique sévère pouvant aller jusqu’au choc anaphylactique ». Pour diagnostiquer une allergie au froid, on effectue un « test au glaçon ». Il s’agit de poser un sac de glaçon sur l’avant-bras durant cinq minutes (ou davantage) et d’observer l’apparition de boutons à la surface de la peau. Le diagnostic sera confirmé par un bilan sanguin (NFS, CRP). La prise en charge peut impliquer l’injection d’anti-histaminiques anti-H1, à plus ou moins forte dose et fréquence, et l’injection d’adrénaline en cas d’antécédents de choc anaphylactique ou de gonflement de la bouche et de la gorge.

L’allergie aux insectes comestibles

Grillons, criquets et autres larves de scarabées, congelés, séchés ou en poudre, peuvent se retrouver dans nos assiettes depuis que l’Union européenne a autorisé la commercialisation d’insectes en 2019. Si ces produits ne contiennent pas d’allergènes, de plus en plus d’études suggèrent que ces aliments auraient une allergénicité croisée avec les crustacés, mais probablement aussi avec les mollusques et les acariens. Selon la Revue du praticien, « chez une personne allergique aux acariens ou aux crustacés, la consommation d’insectes est associée à un risque réel d’anaphylaxie. En cause, la similarité de structure des tropomyosines contenus dans ces trois entités, responsables d’allergies croisées ».

L’allergie à la sueur

Ce n’est pas à proprement parler une allergie, mais plutôt des réactions de la peau causées par différents déclencheurs liés à la transpiration et à l’échauffement de la peau. On y retrouve : l’eczéma qui survient quand il fait chaud et qui se caractérise par des petits boutons qui grattent apparaissant dans les plis de la peau ; la miliaire sudorale qui survient après une exposition brutale à la chaleur : elle se caractérise par des petites lésions translucides qui donnent l’impression que la sueur est piégée sous la peau ; l’urticaire cholinergique qui survient lors de l’effort ou après une émotion, une fièvre ou un bain trop chaud et qui se traduit par des petites lésions en relief disséminées sur le corps et qui démangent. La prise en charge consiste d’abord à éviter de soumettre l’organisme aux facteurs déclenchants. Des antihistaminiques peuvent être prescrits, ainsi que des antibiotiques en cas de surinfection des plaies.

L’allergie à l’eau

Appelée urticaire aquagénique ou « sensibilité à l’eau », cette allergie rare touche surtout les femmes et surgit souvent au moment de la puberté. Elle est déclenchée lorsque la peau entre en contact avec de l’eau, quelle que soit sa température, et se traduit par une éruption cutanée douloureuse (rougeurs, sensation de brûlure, lésions…) et de démangeaisons apparaissant généralement sur le cou, les bras et la poitrine. En général, les symptômes disparaissent dans la demi-heure ou l’heure qui suit le séchage de la peau. Cependant, certaines personnes peuvent aussi réagir à l’eau qu’elles boivent. Dans ce cas, les symptômes peuvent être plus problématiques : éruption cutanée au niveau de la bouche, difficultés à avaler et à respirer, sifflements, maux de tête, essoufflement, étourdissement, perte de connaissance. À ce jour, on ne connaît pas la cause exacte de l’urticaire aquagénique. Un certain nombre de scientifiques estiment qu’il serait provoqué non pas par les molécules d’eau, mais par les produits chimiques qui y sont présents, notamment le chlore. Le traitement vise à réduire les symptômes : antihistaminiques, crèmes à appliquer avant de s’exposer à l’eau, photothérapie, etc.

 Le saviez-vous ?

Certaines situations surprenantes peuvent être à l’origine d’une réaction allergique : un bébé peut déclencher une réaction allergique (eczéma, troubles digestifs, crise d’asthme) même s’il est nourri exclusivement au lait maternel, car la sensibilisation peut apparaître dès l’allaitement ; embrasser quelqu’un qui vient de consommer un aliment auquel vous êtes allergique peut également déclencher une crise ;certains allergènes comme ceux présents dans les noix du Brésil peuvent passer dans le liquide séminal et provoquer une réaction si le partenaire sexuel y est allergique ;les personnes très allergiques aux crustacés peuvent déclencher une réaction parfois grave simplement en s’exposant à des vapeurs de cuisson !

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