64e anniversaire de l’Indépendance: Bendouda célèbre l’héritage de Mohamed Fawzi, compositeur de«Kassaman»

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L’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih a accueilli, samedi soir, une grande soirée artistique en hommage au musicien, compositeur et chanteur égyptien Mohamed Fawzi (1918-1966), auteur de la mélodie de l’hymne national algérien « Kassaman ». Organisée sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, en coopération avec l’ambassade de la République arabe d’Égypte en Algérie, cette manifestation s’inscrit dans le cadre de la célébration du 64e anniversaire de la Fête de l’indépendance et du recouvrement de la souveraineté nationale.

La cérémonie s’est déroulée en présence de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, de l’ambassadeur de la République arabe d’Égypte en Algérie, Abdellatif Ellayeh, des familles du regretté Mohamed Fawzi et du poète Moufdi Zakaria, auteur des paroles de « Kassaman », ainsi que du chargé de la gestion de l’Opéra d’Alger, Mourad Senouci, et de nombreux responsables et cadres de l’État.

À cette occasion, les familles de Mohamed Fawzi et de Moufdi Zakaria ont été honorées par la ministre de la Culture et des Arts en reconnaissance de leur contribution à l’histoire culturelle et mémorielle de l’Algérie.

Dans son allocution, Mme Bendouda a souligné que cet hommage constitue « un renouvellement de l’engagement envers les créateurs dont les noms demeurent étroitement liés au parcours de lutte de l’Algérie », affirmant que « l’Algérie n’oublie jamais ceux qui lui ont offert un moment de beauté ou déployé un effort sincère ».

La ministre a salué le « génie hors pair » de Mohamed Fawzi, mettant en avant l’étendue de son talent artistique, capable, selon elle, de composer aussi bien des chansons destinées aux enfants, empreintes d’une profonde compréhension psychologique, que des œuvres musicales destinées au grand public.

Évoquant la composition de la mélodie de « Kassaman », Mme Bendouda a rendu hommage au génie créatif de Mohamed Fawzi, qui a mis son talent au service de la Révolution algérienne en enregistrant rapidement l’hymne national comme contribution à la lutte de libération.

Elle a également salué le talent du poète Moufdi Zakaria, estimant que « l’alliance entre la créativité de Mohamed Fawzi et le génie de Moufdi Zakaria a donné naissance à un hymne dont l’écho résonne à travers les horizons au rythme de la libération ».

La ministre a, par ailleurs, réaffirmé l’attachement de l’Algérie à préserver la mémoire de toutes les personnalités étrangères qui ont soutenu la cause nationale durant la Révolution, citant Mohamed Fawzi parmi ces figures qu’elle a qualifiées de « symboles d’une conscience humaine vivante ».

De son côté, l’ambassadeur d’Égypte en Algérie, Abdellatif Ellayeh, a estimé que cette cérémonie rendait hommage aux sacrifices des martyrs tout en célébrant un patrimoine musical commun aux deux pays. Selon lui, cette distinction met en valeur les liens historiques unissant les peuples algérien et égyptien ainsi que le rôle des arts dans le rapprochement entre les nations et le renforcement des relations d’amitié.

Le fils du compositeur, Mounir Fawzi, a indiqué que son père avait toujours exprimé une immense fierté d’avoir composé la mélodie de l’hymne national algérien, qu’il considérait comme « un cadeau symbolique en hommage à la lutte du peuple algérien ».

Animée par l’Orchestre de l’Opéra d’Alger, dirigé par le maestro Lotfi Saïdi, et son chœur conduit par Zouhir Mazari, la soirée s’est ouverte par l’interprétation de « Kassaman ».

Le chanteur égyptien Walid Haidar et l’artiste algérienne Nada Errihane ont ensuite interprété plusieurs œuvres emblématiques de Mohamed Fawzi devant un public nombreux, notamment « Dari El Ouyoun Dariha », l’un de ses chefs-d’œuvre composé et interprété pour la première fois en 1953 dans le film égyptien Ibn Lil-Ijar (Un fils à louer).

Le programme artistique comprenait également « Million Chahid » (Un million de martyrs), l’une des compositions de Mohamed Fawzi les plus étroitement associées à la Révolution algérienne. Les paroles de cette chanson ont été écrites par le poète égyptien Abdel Fattah Mostafa, tandis que l’œuvre a été composée et interprétée pour la première fois en 1962.

Le concert a aussi été marqué par l’interprétation de plusieurs chants patriotiques et révolutionnaires, parmi lesquels « Ya Chahid El Watan » (Ô martyr de la Patrie), sur des paroles d’Ibrahim Toukan et de Mahmoud Abou El Wafa, mises en musique par El Amine Bechichi, « Min Jibalina Talaa Sawt El Ahrar » (De nos montagnes s’est élevée la voix des hommes libres), écrit par Mohamed El Aïd Al Khalifa et composé par Mohamed El Hadi Cherif, ainsi que « Ayma Aazizen Ourtesrou » de Farid Ali.

Figure majeure de la chanson égyptienne et arabe, Mohamed Fawzi s’est illustré en tant que compositeur, chanteur et acteur dans le cinéma égyptien des années 1940 et 1950. Son répertoire compte plus de 400 chansons, dont une grande partie a été interprétée dans des œuvres cinématographiques, notamment « Tamalli Fi Qalbi » et « Elli Yehwak Ahwah ». Il demeure également une référence dans le répertoire musical destiné aux enfants grâce à des titres emblématiques tels que « Mama Zamanha Gaya », largement connu à travers le monde arabe.

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