Au moins 46.000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis l’intensification des combats la semaine dernière, a déclaré vendredi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). « Ce chiffre augmente de façon alarmante d’heure en heure », a-t-elle souligné dans un communiqué.
« Des familles sont contraintes de fuir pour la deuxième ou la troisième fois depuis le début du conflit, en ayant tout perdu ou presque », a noté Amy Pope, directrice générale de l’OIM, qui a réclamé « un accès humanitaire sûr et sans entrave ». « Toutes les parties doivent protéger les civils et les travailleurs humanitaires, ainsi que les stocks, véhicules et installations dont nous dépendons pour fournir de l’aide », a-t-elle encore insisté. Le bilan, arrêté à la journée de jeudi, couvre les gouvernorats de la côte ouest et de Taïz, et continue de s’alourdir. Au cours de la nuit, un grand nombre de personnes auraient été aperçues quittant la ville de Mokha avec leurs effets personnels, selon l’OIM. L’organisation onusienne a par ailleurs évoqué de nouvelles arrivées signalées dans les gouvernorats de Lahj et d’Aden et des rapports indiquant des déplacements vers le nord, en direction d’Ibb. En raison de la détérioration de la situation sécuritaire, tous les déplacements opérationnels sont temporairement suspendus à compter de vendredi, ajoute le communiqué. Les combats se sont intensifiés ces derniers jours dans l’ouest et le nord du Yémen, marquant l’une des escalades les plus violentes depuis qu’une trêve négociée par les Nations Unies a largement mis fin aux hostilités majeures en 2022. Le conflit yéménite a éclaté fin 2014 lorsque les Houthis se sont emparés de Sanaa et d’une grande partie du nord du pays, poussant la coalition dirigée par l’Arabie saoudite à intervenir en 2015 pour soutenir le gouvernement internationalement reconnu.






