Importer des machines et acquérir des technologies ne suffit pas à bâtir une industrie autonome. Encore faut-il savoir les comprendre, les exploiter, les entretenir, les améliorer et transmettre ces savoir-faire. Cette capacité repose d’abord sur les femmes et les hommes qui travaillent dans les entreprises.
En Algérie, la formation et la maîtrise des compétences prennent ainsi une place croissante dans le débat sur la souveraineté industrielle. Lors d’une rencontre consacrée à l’avenir de l’industrie électronique nationale, cette question s’est imposée aux côtés de celles de l’intégration locale et de la production nationale : produire sur place ne signifie pas nécessairement maîtriser l’ensemble des savoir-faire nécessaires.
« Une entreprise peut produire localement tout en demeurant dépendante d’expertises extérieures. À l’inverse, la construction progressive de compétences internes permet de réduire cette dépendance et de renforcer la capacité à faire évoluer les processus industriels », a déclaré à cette occasion Ali Boumedienne, PDG de Bomare.
Cette montée en compétences concerne toute la chaîne de production. Elle implique les ingénieurs, mais aussi les techniciens, les opérateurs spécialisés, les responsables qualité, les équipes de maintenance et les autres métiers qui contribuent à l’ingénierie et à la fabrication.
La transmission des connaissances devient dès lors un enjeu stratégique. Dans un secteur où les technologies évoluent sans cesse, la formation ne peut se limiter à l’acquisition ponctuelle de connaissances techniques. Elle doit permettre aux équipes d’apprendre en continu et d’adapter leurs pratiques aux nouvelles méthodes industrielles.
L’arrivée de l’intelligence artificielle accentue cette nécessité. En transformant progressivement les processus de production, les métiers techniques et les modes de conception, elle soulève une question : comment préparer les compétences algériennes aux industries technologiques de demain ?
Cette réflexion invite enfin à regarder l’intégration industrielle au-delà du nombre d’opérations réalisées sur le territoire national. La maîtrise locale des compétences compte elle aussi dans la capacité de l’industrie à réduire sa dépendance et à évoluer.
Sarah Cheriet






