Selon la télévision publique «ZDF»: L’Algérie change de statut aux yeux de l’économie allemande

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Selon un reportage de la chaîne publique allemande« ZDF », l’Algérie a évolué, dans l’évaluation de Berlin, du statut de fournisseur traditionnel d’hydrocarbures vers celui de base potentielle pour la production d’énergie et de ses composants industriels aux portes de l’Europe.

Cette mutation est stimulée par l’arrivée de la première cargaison directe de gaz naturel liquéfié (GNL) algérien à Wilhelmshaven au début du mois de juillet 2026, par la croissance de la demande locale en équipements solaires, ainsi que par un plan visant à couvrir jusqu’à 10 % des besoins en hydrogène de l’Union européenne d’ici 2040. Cette transformation est mise en lumière alors que le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, effectue un déplacement en Algérie accompagné d’une délégation d’entreprises allemandes. L’intérêt de l’Allemagne va au-delà du volet diplomatique, il s’agit de conjuguer la sécurisation des approvisionnements actuels en gaz, la préparation du marché de l’hydrogène et l’engagement dans des projets miniers, d’énergies renouvelables et de fabrication locale. Avant sa visite, le ministre allemand a déclaré que l’Algérie représentait un partenaire stratégique pour son pays en matière de politique énergétique et de sécurité. Il a rappelé qu’elle figure parmi les plus importants fournisseurs de gaz de l’UE et que son poids est appelé à grandir au vu de son potentiel dans la production d’hydrogène vert. Ces déclarations traduisent une démarche à long terme de Berlin visant à diversifier ses sources d’énergie et ses chaînes d’approvisionnement en matières premières. Pour illustrer cette transition, la« ZDF » a pris l’exemple d’une usine algérienne de composants métalliques. La chaîne a rapporté que les machines de l’entreprise SPS, située dans la banlieue d’Alger, tournent désormais 24 heures sur 24 pour fabriquer des structures destinées aux centrales solaires du Sahara algérien. Salem Kour Ibrahim, chef d’équipe de l’unité, a expliqué que l’activité de la société était autrefois axée sur les charpentes de constructions industrielles avec des commandes irrégulières, avant de bénéficier de l’essor des investissements solaires. De son côté, le directeur général, Mehdi Bendimerad, a lié ce développement aux mutations géopolitiques qui ont renforcé la position de l’Algérie en tant que partenaire d’approvisionnement fiable. Ce modèle montre que les projets d’énergies renouvelables génèrent une demande industrielle interne. Les centrales solaires nécessitent des structures métalliques, des systèmes de fixation, des câbles, des transformateurs, des équipements de raccordement, de stockage et de contrôle, en plus des travaux d’ingénierie et de maintenance. L’augmentation du taux d’intégration locale permet de dynamiser les filières de la métallurgie, de l’électricité et des services d’ingénierie, tout en réduisant les importations et en créant des emplois qualifiés. Bien que le reportage ne précise pas le chiffre d’affaires de SPS, la valeur de ses contrats ou le nombre d’emplois créés, sa mention dans les médias allemands offre aux entreprises un exemple concret d’un marché qui ne se contente pas d’importer des centrales clés en main, mais qui dispose de capacités de sous-traitance et de partenariat technologique. Oliver Blank, directeur général de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK Algérie), a indiqué à la ZDF que l’attractivité de l’Algérie repose sur ses ressources énergétiques et minières, une main-d’œuvre jeune et qualifiée, des infrastructures adaptées et sa proximité avec l’Europe, autant d’atouts pour lier les ressources algériennes aux technologies allemandes.

M.B.