Le bilan du Conseil National des Assurances (CNA) pour le premier semestre de l’année 2026 a révélé que le chiffre d’affaires du marché des assurances a franchi le seuil des 102,7 milliards de dinars, contre une hausse des indemnités réglées dans l’assurance de dommages à 36,4 milliards de dinars, ainsi qu’un cumul de dossiers en attente de règlement avoisinant les 127 milliards de dinars.
La branche automobile a enregistré une reprise remarquable, réalisant un chiffre d’affaires de 44,75 milliards de dinars, accompagnée d’une augmentation du nombre de nouveaux contrats à 4 173 664 contrats (soit une hausse de 228 020 contrats), tirée par la reprise des importations de véhicules de moins de trois ans.Le bilanconfirme la réalisation d’un chiffre d’affaires global de plus de 102,7 milliards de dinars, contre 99,7 milliards de dinars durant la même période en 2025, soit une croissance globale de 3 %. Parallèlement, le nombre total de contrats a dépassé 7,7 millions. Les données mettent en évidence la domination continue des assurances de dommages sur le marché, avec une part d’environ 80 % de la production, face à des pressions croissantes liées aux indemnisations et aux dossiers en instance de règlement, dont la valeur dépasse 126 milliards de dinars pour la seule assurance de dommages.Le chiffre d’affaires de l’assurance de dommages s’est élevé à 81,77 milliards de dinars, contre 80,45 milliards de dinars lors de la période précédente (+1,6 %), tandis que l’assurance de personnes a enregistré 13,13 milliards de dinars (+5,8 %). La production des acceptations internationales en réassurance a progressé de 9,4 % pour atteindre 6,73 milliards de dinars, alors que les contributions du Takaful se sont élevées à 876,8 millions de dinars, réparties entre le Takaful Général (508,5 millions de dinars) et le Takaful Familial (368,2 millions de dinars).La branche automobile a enregistré un chiffre d’affaires de 44,75 milliards de dinars au 30 juin 2026, contre 39,86 milliards de dinars au cours de la même période l’année dernière, soit une hausse de 12,4 % (environ 4,9 milliards de dinars supplémentaires). Sa part dans la production des assurances de dommages s’est ainsi hissée à 54,8 %, contre 49,5 % auparavant.Cette dynamique s’est étendue au nombre de contrats, passant de 3 945 644 à 4 173 664 contrats, soit une hausse de 228 020 contrats (+5,8 %). Selon le bilan, la sous-branche des risques obligatoires a tiré cette croissance, représentant 70,8 % de la production automobile avec une progression de 13,4 %, amenant son chiffre d’affaires à 35,7 milliards de dinars. De même, les primes issues de la garantie Tout Risque ont augmenté de 16,2 %, générant 2,4 milliards de dinars de primes additionnelles, tandis que les risques non obligatoires ont progressé de 732,9 millions de dinars (+6,7 %).Le rapport explique cette performance par la multiplication des nouveaux contrats souscrits par les particuliers, la reprise des importations de véhicules de moins de trois ans, l’extension du réseau de distribution avec l’ouverture de nouvelles agences, ainsi que par de nouvelles affaires et le renouvellement de contrats de flottes automobiles et le développement de la location longue durée (LLD). L’amélioration de certaines garanties a également contribué à la hausse de la valeur de la prime individuelle.La valeur des sinistres déclarés en assurance de dommages a atteint 42,99 milliards de dinars, contre 46,46 milliards de dinars au premier semestre 2025, soit une baisse de 7,4 %. En revanche, le nombre de dossiers déclarés a augmenté, passant de 640 486 à 698 105 dossiers, soit une hausse de 57 619 dossiers (+9 %).Le montant des déclarations dans la branche Incendie et Risques Divers (IRD) a chuté de 29,3 % (environ -3,3 milliards de dinars) en raison de l’absence de sinistres industriels majeurs et du non-renouvellement d’un contrat important. La valeur des sinistres automobiles déclarés a également baissé de 4,2 %, passant d’environ 32,5 milliards à 31,2 milliards de dinars. À l’inverse, les déclarations en assurance-crédit ont bondi de 121,6 % suite à un sinistre majeur dans le crédit à l’exportation, tandis que l’assurance agricole a enregistré une hausse de 391,6 millions de dinars.Les indemnités réglées en assurance de dommages ont grimpé à 36,4 milliards de dinars (+22,5 %), soit une augmentation d’environ 7,2 milliards de dinars par rapport à la même période de l’année précédente. La branche automobile s’est taillé la part du lion avec près de 64 % de ces indemnités, enregistrant une hausse de 3,2 milliards de dinars (+14,8 %). Le bilan attribue cela au traitement des sinistres via la plateforme électronique des recours, à la hausse du coût de certaines garanties et des pièces de rechange, ainsi qu’à l’augmentation du nombre de dossiers réglés.Le nombre de dossiers réglés en assurance de dommages s’est établi à 442 997 dossiers (+3,5 %), dont 13 918 dossiers supplémentaires imputables à la branche automobile. La valeur du stock de sinistres à payer en assurance de dommages s’élevait à 126,98 milliards de dinars à la fin juin 2026, contre 123,26 milliards de dinars à la fin 2025, soit une hausse de 3 % (+3,72 milliards de dinars). Le nombre total de dossiers en instance est passé de 1 424 091 à 1 499 212 dossiers (+5,3 %).La branche automobile détient la plus grande part de ce stock : le nombre de ses dossiers est passé de 1 370 400 à 1 439 578 (+5 %), et leur valeur financière a bondi de 43,85 milliards à 50,18 milliards de dinars (+14,4 %, soit +6,32 milliards de dinars), représentant ainsi 39,5 % du stock total des sinistres en assurance de dommages.Malgré la hausse des règlements, le gonflement de ce stock illustre la persistance des défis liés au traitement et à la liquidation des dossiers, particulièrement dans le secteur automobile qui cumule le plus grand volume de contrats, la part la plus élevée des indemnités et le plus fort stock en attente de paiement. Le taux de règlement des sinistres en assurance de dommages (calculé sur la base des montants) a atteint 23,7 %, contre 19,7 % à la même période l’an dernier. La branche automobile a affiché un taux de règlement de 33,6 % en montant (contre 27,9 % auparavant), et de 21 % en nombre de dossiers (contre 20,7 %).Malgré cette amélioration, le volume et la valeur des dossiers accumulés demeurent un indicateur des pressions continues sur les compagnies d’assurances, faisant de l’accélération du traitement et du règlement des indemnités l’un des défis majeurs du secteur.
Selma Dey






