L’habillement algérien accélère la substitution aux importations et vise 50 marques internationales produites localement. Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a présidé jeudi à Mostaganem l’ouverture du Salon national de l’habillement et des industries textiles, organisé sous le slogan : « De nos mains, nous tissons la confiance et offrons au monde l’excellence ».
Cette manifestation économique, qui se tient jusqu’au 2 mars, regroupe environ 70 opérateurs nationaux, dont 27 marques internationales fabriquées en Algérie. Il s’agit de la troisième édition organisée dans le secteur, après le Salon national des vêtements pour enfants à Ghardaïa et celui des marques internationales de vêtements produits localement à Alger. Dans sa déclaration à la presse, le ministre a rappelé que l’objectif fixé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, est d’assurer une production locale de vêtements à 100 %. « Nous commençons à récolter progressivement les fruits de ce processus à travers les salons nationaux spécialisés dans l’habillement, la literie et les industries textiles », a-t-il affirmé. M. Rezig a souligné que la qualité des produits algériens rivalise désormais avec celle des produits importés. Selon lui, ces manifestations visent à substituer les produits nationaux aux importations, soutenir les exportations, rapprocher les opérateurs économiques, conclure des accords de coopération, réduire la facture d’importation des matières premières et augmenter le taux d’intégration. « Nous avons atteint l’objectif et démontré qu’il existe un habillement algérien pour toutes les catégories, ainsi que des marques internationales produites localement qui approvisionnent le marché national et exportent », a-t-il ajouté. Le ministre a également annoncé une montée en puissance du secteur, avec un objectif de porter le nombre de marques internationales produisant en Algérie de 27 actuellement à entre 40 et 50 dans les prochaines années. Six nouvelles marques ont récemment exprimé leur volonté d’investir dans le domaine de l’habillement et des industries textiles, non pas comme simples vendeuses, mais comme fabricantes et exportatrices.
Première exportation vers la Mauritanie
En marge du salon, M. Rezig a donné le coup d’envoi de l’exportation de la première cargaison de vêtements prêt-à-porter pour enfants fabriqués localement vers le marché mauritanien. L’opération a été lancée depuis le stand du Groupement des industriels du textile de Ghardaïa. Cette première cargaison de 7 tonnes de vêtements pour enfants sera suivie d’une seconde expédition du même volume dès la semaine prochaine. Le ministre a qualifié cette opération de « première » dans l’exportation de ce type de produits vers la Mauritanie, précisant que d’autres envois suivront dans les prochains jours. Il a salué les efforts des opérateurs nationaux, notant que de nombreux produits algériens sont désormais exportés vers des pays européens, asiatiques et africains grâce à leur qualité et leur conformité aux normes internationales. De son côté, le président du Groupement des industriels du textile de Ghardaïa, Abdelouahab Baba Smaïl, a indiqué que les 50 opérateurs membres du groupement couvrent actuellement 50 % des besoins du marché national en vêtements pour enfants. Il a précisé que le groupement a participé au Salon des produits algériens à Nouakchott, étudié le marché mauritanien et engagé cette première exportation vers un pays considéré comme une porte d’entrée stratégique vers l’Afrique de l’Ouest. À travers cette double dynamique – consolidation du marché intérieur et ouverture à l’export – le secteur textile affiche clairement son ambition : structurer une industrie intégrée, compétitive et tournée vers l’international.
Selma Dey






