Projet agricole-industriel de Timimoun: L’Algérie et l’Italie accélèrent un partenariat stratégique de 420 millions d’euros

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Le projet agricole et industriel de Timimoun, d’un investissement global de 420 millions d’euros, vient de franchir une étape décisive avec son intégration au sommet de l’agenda gouvernemental algéro-italien.

Cette avancée majeure a été au cœur des entretiens qui se sont déroulés entre le Premier ministre Sifi Ghrieb et l’ambassadrice d’Italie en Algérie, Alessandra Schiavo. Cette rencontre bilatérale intervient dans la continuité du premier succès de la campagne de récolte de blé sur 1,600 hectares, menée en mai dernier, tout en préparant activement le lancement d’un deuxième cycle agricole au sein de cette immense exploitation de 36,000 hectares. Porté par la société mixte « BF El Djazair », née en juillet 2024 de l’alliance entre le Fonds national d’investissement (FNI) algérien et le groupe italien BF Bonifiche Ferraresi qui détient 51 % des parts, ce projet pharaonique vise à valoriser 24,000 hectares pour la production agricole. L’accord a été consolidé en février 2025 par l’octroi d’un contrat de concession agricole d’une durée de 40 ans renouvelables. Cette perspective à long terme offre la stabilité nécessaire pour déployer les infrastructures de pointe indispensables à la mise en valeur des terres sahariennes. L’agence de presse italienne « 9Colonne » a souligné que cette entrevue de haut niveau a permis de réaffirmer la volonté partagée de consolider la coopération économique et industrielle. Les discussions ont mis en exergue le rôle moteur des investissements de Bonifiche Ferraresi, fermement ancrés dans le plan italien « Mattei » pour l’Afrique. De son côté, l’ambassadrice italienne a réitéré l’engagement de Rome à jouer un rôle constructif et fédérateur dans le dialogue permanent entre l’Algérie et l’Union européenne, fondé sur des intérêts mutuels et une confiance réciproque. Le modèle économique de ce projet ambitionne d’instaurer une filière intégrée de bout en bout. Outre le blé dur, les légumineuses telles que le pois chiche, la lentille et le haricot sec, ainsi que le maïs, le programme prévoit la construction d’infrastructures de stockage stratégiques sous forme de silos et d’unités de transformation agroalimentaire, incluant notamment des lignes de production de pâtes. Cette chaîne de valeur complète permet de rompre avec l’exportation exclusive de matières premières brutes, maximisant ainsi la valeur ajoutée locale et réduisant de surcroît la dépendance de l’Algérie vis-à-vis des importations de produits alimentaires transformés. Le déploiement opérationnel a franchi un jalon historique le 14 mai 2026, date à laquelle l’ancien ministre de l’Agriculture a inauguré la première moisson sur une superficie initiale de 1,600 hectares. Forts de cette première expérience, les responsables du projet tablent sur un rendement ambitieux de 60 quintaux par hectare pour les saisons à venir. Le directeur général de « BF El Djazair », Bruno Santirill, a d’ailleurs confirmé fin septembre que les opérations de semis d’octobre s’étaient déroulées rigoureusement selon le calendrier prévisionnel, saluant l’implication de la partie algérienne dans la libération des assiettes foncières et la sécurisation des ressources hydriques. La viabilité à long terme de ce vaste chantier repose en grande partie sur une gestion hydrique rigoureuse. En milieu saharien, l’irrigation constitue le nerf de la guerre. C’est pourquoi le programme intègre le forage de puits profonds, l’installation de réseaux de distribution sophistiqués et le recours à des systèmes de pivot d’irrigation centralisée. L’agriculture de précision, appuyée par la cartographie numérique et l’analyse de données, est mise à contribution pour optimiser chaque mètre cube d’eau consommé tout en luttant contre l’ensablement et l’érosion éolienne. Sur le plan socio-économique, l’impact escompté est considérable. Les prévisions estiment la création d’environ 6,700 emplois, dont 1,560 postes directs, tout en dynamisant tout un écosystème de services induits en matière de logistique, de transport, de maintenance mécanique et de sous-traitance industrielle.

Ce partenariat bénéficie par ailleurs d’un solide parapluie financier. Le groupe BF s’appuie sur des accords conclus avec l’agence de crédit à l’exportation italienne SACE, dont les garanties globales mobilisées en Algérie au cours de la dernière décennie s’élèvent à environ 2,5 milliards d’euros, soutenant des initiatives multisectorielles d’envergure.

Mohamed B.