Prévention et adaptation climatique: Les incendies de forêt reculent pour la deuxième année consécutive

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À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification, célébrée le 17 juin, le sous-directeur de la protection du patrimoine forestier à la Direction générale des forêts, Saïd Fritas, a fait état d’une baisse des incendies de forêt en Algérie pour la deuxième année consécutive. Une évolution qu’il attribue au renforcement des dispositifs de prévention, à l’anticipation des risques et à la mobilisation coordonnée de plusieurs secteurs concernés.

Invité de l’émission « L’Invité du matin » de la Chaîne I de la Radio algérienne, le responsable a rappelé que les espaces forestiers ne représentent que 2 % de la superficie totale du territoire national. Il a souligné que les superficies détruites annuellement par les incendies sont estimées à environ 40.000 hectares, précisant que les pouvoirs publics procèdent chaque année au reboisement et à la restauration d’une superficie équivalente, voire supérieure, afin de préserver ce patrimoine naturel stratégique. Saïd Fritas a indiqué que la préservation des forêts constitue un enjeu majeur dans un contexte marqué par la désertification et la dégradation des écosystèmes. Il a rappelé que les milieux naturels, dont les espaces forestiers, couvrent près de 4,1 millions d’hectares en Algérie, ce qui impose de poursuivre les efforts de protection contre l’avancée des dunes, l’érosion des sols et la régression du couvert végétal. Évoquant le bilan de la campagne de lutte contre les incendies, il a relevé qu’il s’agit de la première fois que le pays enregistre simultanément une baisse du nombre de feux et des superficies touchées.

Selon lui, cette dynamique doit être consolidée face aux défis croissants liés aux changements climatiques et à leurs répercussions sur les écosystèmes forestiers. Dans ce contexte, le Plan national de lutte contre les incendies de forêt a été déclenché de manière anticipée dès le 1er mai, au lieu du mois de juin, et restera opérationnel jusqu’au 30 novembre prochain. Cette décision, prise par la Commission nationale de protection des forêts, répond à des considérations climatiques et stratégiques.

Cette commission regroupe 13 départements ministériels ainsi que 11 entreprises nationales utilisant les espaces forestiers, parmi lesquelles Sonelgaz et la Société nationale des transports ferroviaires. Les autorités ont notamment tiré les enseignements de la campagne précédente, marquée par un important incendie survenu dans la wilaya de Tipasa le 27 octobre, soit près d’un mois après la clôture officielle de la saison de lutte contre les feux de forêt. Le responsable a également évoqué les alertes internationales relatives au retour du phénomène climatique El Niño, susceptible d’entraîner des épisodes de chaleur extrême, des périodes de sécheresse et des précipitations inhabituelles favorisant le déclenchement et la propagation des incendies.

Pour renforcer les capacités de prévention et d’intervention, la Direction générale des forêts dispose actuellement de plus de 510 postes de surveillance répartis à travers les zones forestières du pays. Le dispositif comprend également près de 52.000 kilomètres de pistes forestières destinées à faciliter l’accès des équipes d’intervention et à accélérer les opérations d’extinction. Des postes de surveillance avancés et mobiles ont également été installés dans les massifs forestiers les plus sensibles afin d’améliorer la détection précoce des départs de feu. La stratégie de prévention repose par ailleurs sur l’utilisation des technologies modernes de surveillance et d’alerte précoce. Les services forestiers exploitent les données météorologiques fournies en continu pour anticiper les situations à risque et adapter les moyens d’intervention.

Enfin, plusieurs actions préventives sont menées avec les différents utilisateurs des espaces forestiers. Sonelgaz procède notamment à l’élimination de la végétation située à proximité des lignes à haute tension afin de réduire les risques d’incendie liés aux fortes températures et aux phénomènes électromagnétiques. À travers ces dispositifs, les autorités entendent préserver durablement le patrimoine forestier national, considéré comme une ressource environnementale et économique stratégique, tout en renforçant la résilience des écosystèmes face aux effets du changement climatique.

Yasmine Derbal

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