Position inattendue de Bruno Retailleau sur l’Algérie: Il appelle à la normalisation des relation algéro-françaises !

0
3

Dans le paysage politique français, les revirements spectaculaires ne manquent pas, mais rares sont ceux qui marquent une rupture aussi abrupte avec des années de postures inflexibles. Connu pour incarner la frange la plus dure de la droite française et pour avoir fait de la confrontation avec Alger l’un des marqueurs idéologiques de son parcours notamment au ministère de l’Intérieur, Bruno Retailleau vient d’opérer un virage sémantique et stratégique pour le moins inattendu. À l’approche de l’échéance présidentielle de 2027, le candidat des Républicains a troqué, le temps d’une intervention médiatique, le costume du tribun intransigeant contre celui du pragmatisme diplomatique.

Invité sur le plateau de l’émission « Vous Président » sur BFMTV, l’ancien ministre a surpris observateurs et partisans en appelant ouvertement à une normalisation pragmatique des relations entre Paris et Alger. Longtemps fustigé pour sa gestion jugée trop conciliante des contentieux historiques par l’exécutif sous la houlette d’Emmanuel Macron, le dirigeant de droite a cette fois estimé qu’il était grand temps de tourner la page des passions mémorielles. Selon lui, la politique étrangère ne peut plus se payer le luxe de s’enliser dans les soubresauts de l’émotion et de la culpabilité historique. « Il faut sortir de ce registre associé à la mémoire pour admettre que chaque État a des intérêts propres et bâtir une terre d’entente », a-t-il affirmé, consacrant la primauté du réalisme d’État sur les dogmes idéologiques.Un tel discours tranche radicalement avec les sorties musclées qui ont jalonné sa trajectoire ministérielle. Durant de longs mois, Bruno Retailleau s’était érigé en contempteur acharné de la diplomatie algérienne, multipliant les exigences de fermeté absolue, allant jusqu’à brandir la menace d’une démission si la ligne de la « kabyle de fer » n’était pas adoptée face à Alger. Ses diatribes contre l’immigration et sa volonté affichée d’abroger l’accord bilatéral de 1968 qu’il jugeait trop favorable aux ressortissants algériens avaient fait de lui la bête noire des autorités algériennes. Allant plus loin dans la surenchère verbale, il n’avait cessé de répéter qu’aucune nation ne devait se permettre d’humilier la France, cristallisant les tensions au plus haut sommet de l’État avant que le dossier ne lui soit partiellement retiré pour être recentré à l’Élysée.Dès lors, ce changement de ton à l’aube de la course présidentielle de 2027 suscite de vives interrogations. S’agit-il d’une véritable mue géostratégique dictée par la dure réalité des équilibres en Méditerranée occidentale, ou d’une manœuvre tactique destinée à lisser son image pour séduire l’électorat centriste, indispensable à la conquête du pouvoir suprême ? Quoi qu’il en soit, cette volte-face rappelle que les impératifs de la realpolitik finissent souvent par rattraper les plus inflexibles des dogmatismes partisans.

Mohamed B.