La culture de l’émeute

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Les ponts sont-ils définitivement rompus entre l’administration et les citoyens? On est forcé de le croire tant la moindre étincelle met le feu aux poudres et c’est alors l’émeute. Qu’importe la raison, une arrestation musclée d’un malfrat, l’expulsion d’une famille de son logement, une liste d’attributaires contestée, une coupure d’eau ou d’électricité…Tout est motif à couper la route et mettre le feu aux poudres. Alors c’est la spirale infernale et nous assistons au cycle émeutes-répression parce que les vertus du dialogue sont superbement ignorées. Du fait que le mouvement associatif est quasi inexistant, il n’y a donc aucun relais entre l’administration et les citoyens. Ceux-ci ne sont jamais associés dans les décisions les concernant directement à l’exemple de la distribution des logements, où les demandeurs pourraient déléguer des «sages» pour éviter bien des méprises. Et aussi bien des désordres déplorables quand on voit avec quelle violence des habitants manifestent leur mécontentement. Même les autorités locales, souvent dépassées par les événements, en sont encore à croire qu’un détachement de policiers suffit à disperser les manifestants et ramener l’ordre. Grave méprise car on sait que les citoyens en colère ne se calment et ne lèvent «la barricade» que lorsqu’un haut responsable daigne faire le déplacement et dialoguer avec eux, faisant la promesse de prendre en charge leurs doléances. Alors pourquoi toute cette perte de temps? Pourquoi attendre jusqu’à ce que les manifestants s’épuisent et que la situation dégénère pour enfin intervenir et tenter de parlementer? C’est comme pour les grèves, on fait d’abord la sourde oreille dans l’espoir de l’essoufflement et quand cela perdure, on s’assoit alors à la table des négociations. Mais que de temps perdu depuis. Voilà donc le tribut du manque de relais dans la société. Cela ne peut générer que la violence.

 A-B.H.