La Bourse d’Alger confirme son retour en force. Le volume des transactions a atteint plus de 10 milliards de dinars au dernier trimestre 2025, marquant une étape importante dans la dynamique engagée depuis deux ans pour moderniser et redynamiser le marché financier national.
Invité ce lundi à l’émission « L’Invité du Matin » de la Chaîne I de la Radio algérienne, le président de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), Youssef Bouznada, a affirmé que l’institution s’est pleinement inscrite dans la feuille de route tracée par le Président de la République pour stimuler l’économie nationale et diversifier les sources de financement. Dans cette optique, la COSOB a adopté une mesure forte : l’exonération exceptionnelle des startups des frais d’introduction en Bourse pour une durée de trois ans, couvrant la période 2026-2028. « Cette décision s’inscrit dans le cadre des orientations du Président de la République visant à offrir des sources de financement alternatives aux startups, qui rencontrent souvent des difficultés financières durant leurs premières phases », a expliqué M. Bouznada. L’exonération concerne les entreprises qui s’introduisent en Bourse durant cette période et dont le montant des fonds levés ne dépasse pas 500 millions de dinars. Le montant de l’allègement peut atteindre environ 3 millions de dinars, incluant les frais dus à la COSOB, à la Société de gestion de la Bourse des valeurs et à Algérie Clearing.
Le « marché de croissance », alternative aux banques
Ces mesures s’inscrivent dans les réformes lancées depuis 2023, notamment la création du « marché de croissance », un compartiment dédié aux petites entreprises et aux startups, avec des conditions d’admission plus souples que celles du marché principal. Selon M. Bouznada, ce dispositif constitue une véritable alternative aux critères stricts appliqués par les banques, souvent difficiles à satisfaire pour les jeunes entreprises en raison de la nouveauté de leurs activités et de la fragilité de leur structure financière. « La balle est désormais dans le camp des startups actives depuis au moins trois ans et souhaitant entrer en Bourse pour bénéficier de ces avantages, qui ne sont offerts que par un nombre limité de pays », a-t-il souligné.
Une dynamique reconnue au niveau arabe
La reprise observée en 2025 n’est pas passée inaperçue. Le président de la COSOB a indiqué qu’un rapport du Fonds monétaire arabe a salué la dynamique des échanges à la Bourse d’Alger durant le dernier trimestre 2025, la classant deuxième en valeur des transactions dans la région arabe sur cette période. Cette progression est attribuée aux réformes réglementaires engagées depuis 2023, qui ont donné lieu à l’adoption de 11 nouveaux textes réglementaires, à l’introduction des banques publiques en Bourse ainsi qu’à l’admission de la première startup, contribuant à animer significativement le marché.
Vers de nouveaux outils d’investissement collectif
Dans le prolongement de ces réformes, la COSOB travaille à la création d’une ou deux nouvelles institutions de placement collectif en valeurs mobilières. L’objectif est d’attirer l’épargne des petits investisseurs et de la canaliser vers les actions et obligations cotées. Le développement de ces organismes est étroitement lié à l’élargissement du marché financier et à l’augmentation du nombre de sociétés introduites en Bourse, ce qui renforce la nécessité de diversifier les instruments d’investissement.
Transparence renforcée et modernisation de l’information
Autre avancée majeure : l’adoption d’un nouveau règlement relatif à la divulgation des informations financières et commerciales des sociétés cotées, en remplacement du dispositif en vigueur depuis 2000. Désormais, les entreprises sont tenues de publier des informations financières de manière périodique — semestrielle ou annuelle — et de divulguer immédiatement toute information substantielle susceptible d’influencer le cours des titres. Un nouveau critère portant sur la communication d’informations non financières a également été introduit, notamment celles liées à la durabilité et à la protection de l’environnement, avec une application progressive. Ces mesures visent à renforcer la transparence, améliorer la gouvernance des entreprises et protéger les investisseurs en leur garantissant un accès régulier et fiable aux informations nécessaires à la prise de décision.
Selma Dey






