Grand Prix Assia Djebar du roman 2026: Trois plumes consacrées, un héritage célébré

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La huitième édition du Grand Prix Assia Djebar du roman a livré son palmarès, samedi, au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, à Alger. Sarah Mohamed Maariche, Farida Sahoui et Hosni Kitouni ont été distingués pour leurs œuvres respectivement écrites en arabe, en amazighe et en français. Placée sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, cette édition, organisée par l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP), a mis à l’honneur la diversité linguistique de la création littéraire algérienne et l’héritage de l’écrivaine Assia Djebar.

Dans la catégorie du roman en langue arabe, le prix a été décerné à Sarah Mohamed Maariche pour Al-Rafraf (Chronique de la montagne légendaire), publié par l’Entreprise nationale des arts graphiques (ENAG). Farida Sahoui a été récompensée dans la catégorie amazighe pour son roman Aghous (La Ceinture), paru aux éditions Talsa. Le prix du roman en langue française est revenu à Hosni Kitouni pour Ce que la mort m’a pris de toi, publié aux éditions Casbah.

Ces trois distinctions illustrent la richesse d’une production romanesque qui puise dans plusieurs langues et expressions culturelles, tout en participant au rayonnement de la littérature nationale.

Un jury pluridisciplinaire et un nouveau trophée

Le choix des lauréats a été confié à un jury de dix membres, réunissant universitaires, romanciers et spécialistes de la littérature, de la traduction et de la sociologie. Présidé par Hakim Miloud, il comprenait notamment Maïssa Bey, Mustapha Madhi, Hamid Bouhabib, Cherif Meribai, Meriem Guemache, Leïla Hamoutène, Ahcène Maariche, Kacila Allik et Idir Bellali.

Cette huitième édition a également été marquée par la présentation du trophée officiel du Grand Prix Assia Djebar. Dévoilée à l’occasion de la cérémonie, cette nouvelle distinction matérielle sera conservée pour les prochaines éditions.

La remise des prix s’est déroulée en présence du ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, du président du Haut Conseil de la langue arabe, Salah Belaïd, du secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité, Si El Hachemi Assad, du PDG de l’ANEP, Messaoud Algham, ainsi que de l’ancienne ministre, moudjahida et écrivaine Z’hor Ounissi. Plusieurs personnalités des milieux littéraire, politique et médiatique ont également assisté à la cérémonie.

La littérature au service de la mémoire

Organisée sous le thème « Dans la mémoire, les racines de demain », cette édition a accordé une place particulière au lien entre création littéraire et mémoire nationale. Sa tenue le 17 octobre, date de commémoration des manifestations algériennes de 1961 à Paris, a renforcé cette dimension historique.

Dans son intervention, le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, a souligné que le Grand Prix constituait une reconnaissance des efforts des créateurs algériens et un hommage à Assia Djebar, figure majeure de la littérature nationale.

Il a rappelé l’engagement de l’écrivaine dans la lutte pour l’indépendance, notamment sa participation à la grève de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA). Il a également évoqué son film La Nouba des femmes du mont Chenoua, à travers lequel elle a contribué à préserver la mémoire de la résistance algérienne et à dénoncer le colonialisme.

Saluant une œuvre traduite dans plusieurs langues et diffusée à travers le monde, le ministre a insisté sur la nécessité d’encourager les jeunes auteurs et de renforcer la présence du roman algérien sur la scène littéraire internationale.

Pour sa part, le PDG de l’ANEP, Messaoud Algham, a estimé que le haut patronage présidentiel accordé à cette manifestation témoignait de l’importance réservée à la culture et à la littérature dans la préservation de l’identité nationale et la transmission de la mémoire collective.

Revenant sur le thème retenu pour cette édition, il a souligné que la mémoire ne devait pas être considérée comme une simple évocation du passé, mais comme un héritage vivant permettant de construire l’avenir.

Promouvoir les nouvelles voix du roman algérien

Au-delà de sa dimension commémorative, le Grand Prix Assia Djebar entend renforcer la visibilité des écrivains algériens et favoriser l’émergence de nouveaux talents.

Messaoud Algham a ainsi réaffirmé l’engagement de l’ANEP à accompagner la création littéraire, à promouvoir le livre et à consolider la place du roman national. Il a également salué la contribution des membres du jury, des éditeurs et des partenaires de cette manifestation, soulignant que le développement de la culture nécessitait une mobilisation commune des institutions, des acteurs économiques et des intellectuels.

Créé en 2015, le Grand Prix Assia Djebar du roman rend hommage à l’écrivaine et universitaire algérienne (1936-2015), dont l’œuvre occupe une place importante dans la littérature contemporaine. Par son ouverture aux trois langues, cette distinction contribue à valoriser la pluralité des expressions littéraires algériennes.

Avec cette huitième édition, le prix poursuit ainsi sa double vocation : consacrer les œuvres marquantes de la production romanesque nationale et perpétuer l’héritage d’une écrivaine qui a fait de la littérature un espace de dialogue entre histoire, identité et mémoire.

Malia Sahli