L’Algérie s’impose désormais comme un pilier stratégique renforçant la résilience du système gazier allemand, au moment même où la première économie européenne aborde la saison hivernale avec des niveaux de stockage historiquement bas. Face à des capacités de stockage remplies à seulement 57 % un chiffre nettement inférieur à la moyenne européenne et sans précédent pour un mois de septembre, selon des informations rapportées par l’agence de presse britannique « Reuters », le groupe allemand VNG a tenu à rassurer sur la solidité de ses approvisionnements.
Les déclarations d’Ulf Heitmüller, PDG de la société gazière allemande VNG confirment que le portefeuille d’importations de l’entreprise est aujourd’hui plus diversifié et mieux armé pour faire face aux éventuelles perturbations du marché, s’appuyant notamment sur des contrats majeurs conclus avec l’Algérie et l’Aserbaïdjan, ainsi que sur les livraisons par pipeline depuis la Norvège.Comparée à la crise énergétique majeure subie en 2022, la structure d’approvisionnement gazier de l’Allemagne présente aujourd’hui une robustesse accrue. La réorganisation stratégique menée par VNG permet à l’entreprise d’honorer ses engagements envers ses clients, y compris dans le scénario d’un hiver particulièrement rigoureux. L’apport du gaz algérien joue un rôle central dans cette équation. Pionnière en la matière, VNG avait commencé dès janvier 2024 à acheter du gaz algérien acheminé par gazoduc, devenant la première entreprise allemande à recourir à cette voie d’acheminement. Cette dynamique s’est consolidée en juillet 2026 par la signature d’un nouvel accord avec le groupe Sonatrach visant à augmenter les volumes de gaz naturel destinés au marché allemand à partir de janvier 2027, scellant ainsi un partenariat commercial durable et essentiel pour la sécurité énergétique européenne à l’ère post-gaz russe.Bien que la faiblesse des stocks soulève des inquiétudes légitimes, la direction de VNG rappelle que le niveau de remplissage des réservoirs n’est pas le seul garant de la sécurité d’approvisionnement. La multiplicité des fournisseurs et l’accès élargi au gaz naturel liquide permettent d’absorber une grande partie de la volatilité des marchés. Cependant, la vigilance reste de mise, car la conjugaison d’une vague de froid intense avec de nouvelles pertes d’importations ou des perturbations sur les infrastructures mondiales pourrait provoquer des tensions sur les prix. Dans ce contexte tendu, la stratégie s’oriente vers la mise en place d’incitations au stockage et la création projetée d’une réserve stratégique de gaz en Allemagne, tout en élargissant la coopération avec Sonatrach aux énergies de demain, notamment à travers les initiatives de corridor hydrogène reliant l’Algérie à l’Europe.
Maria T.






