Forum d’affaires algéro-tchèque: Sifi Ghrieb mise sur une nouvelle étape dans les relations économiques algéro-tchèques

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Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a appelé, lundi à Alger, à renforcer le partenariat économique entre l’Algérie et la République tchèque, en misant sur les investissements, les projets industriels communs et le transfert de technologies. À l’ouverture du Forum d’affaires algéro-tchèque, coprésidée avec son homologue Andrej Babis, il a souligné la nécessité de hisser les échanges commerciaux, qui ont atteint près de 323 millions de dollars en 2025, à la hauteur des potentialités des deux pays.

Le Premier ministre a souligné que les «échanges commerciaux bilatéraux, passés de 139 millions de dollars en 2024 à près de 323 millions de dollars en 2025, restent en deçà des potentialités disponibles et des ambitions communes». Dans son allocution, le Premier ministre a mis en avant la profondeur des relations historiques entre les deux pays, fondées sur la confiance et le respect mutuels, rappelant le soutien apporté par l’ancienne Tchécoslovaquie à la Révolution algérienne, avant que la coopération bilatérale ne s’étende, après l’indépendance, à plusieurs domaines, notamment économique. Cette dynamique s’est traduite par la conclusion de plusieurs accords encadrant la coopération commerciale, industrielle, scientifique et technique. Elle s’est également renforcée à la faveur de la visite du Premier ministre tchèque, marquée, hier matin, par la «signature de mémorandums d’entente dans les secteurs des mines, de la culture et de la protection civile». Sifi Ghrieb a également mis en avant le «rôle des opérateurs économiques dans la consolidation des relations bilatérales», évoquant les rencontres organisées ces dernières années entre les hommes d’affaires des deux pays. Il a notamment rappelé les résultats du Forum d’affaires algéro-tchèque de février 2025, qui avait abouti à la signature d’un mémorandum d’entente entre Zetor Tractors et Unia DZ pour la production de matériel agricole en Algérie, ainsi qu’entre SVCS Process Innovation et le Centre de développement des technologies avancées. Le développement d’une coopération industrielle dans le domaine des transports figure également parmi les perspectives évoquées, à travers les projets de partenariat entre SKODA Transportation et la société algérienne SETRAM. Le Premier ministre a, par ailleurs, souligné l’«intérêt des échanges en cours visant à examiner la contribution des entreprises tchèques à la modernisation du secteur minier et à l’amélioration de sa productivité et de sa compétitivité». Autre avancée institutionnelle, la signature, dans la matinée, d’un mémorandum d’entente entre la Chambre algérienne de commerce et d’industrie et la Chambre de commerce de la République tchèque, portant «création d’un conseil d’affaires algéro-tchèque». Ce mécanisme est appelé à faciliter les contacts entre les opérateurs économiques, à encourager l’émergence de partenariats productifs et durables et à renforcer les échanges entre les milieux d’affaires des deux pays. Sifi Ghrieb a plaidé pour son activation dans les meilleurs délais. Le Premier ministre a souligné les avancées enregistrées par l’économie algérienne dans le cadre des réformes engagées sous l’impulsion du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, notamment en matière d’amélioration du climat des affaires et de promotion de l’investissement. L’économie nationale a enregistré, en 2025, une croissance de 3,9 %, tandis que celle des secteurs hors hydrocarbures a atteint 4,9 %, a-t-il indiqué, mettant en avant les progrès accomplis dans la diversification de l’activité économique.Le Premier ministre a également évoqué les grands projets structurants, notamment l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, dans la wilaya de Tindouf, et le projet intégré de phosphate de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa. Ces projets sont appelés à soutenir le développement d’industries de transformation à forte valeur ajoutée et à renforcer les exportations hors hydrocarbures. Dans cette perspective, Sifi Ghrieb a invité les opérateurs tchèques à saisir les opportunités offertes par le marché algérien, en mettant à profit les atouts du pays, notamment ses ressources humaines jeunes et qualifiées, ses ressources énergétiques disponibles à des prix compétitifs et sa position géographique stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le bassin méditerranéen. Il a également mis en avant les investissements consacrés aux infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires et numériques, qui contribuent au renforcement de la connectivité du pays et à son positionnement comme plateforme de production et d’exportation vers les marchés africains, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine. Le Gouvernement poursuit, en parallèle, les efforts visant à rendre l’environnement des affaires plus attractif et transparent, à travers la modernisation du cadre législatif et réglementaire de l’investissement, la simplification des procédures administratives et le renforcement des garanties accordées aux investisseurs nationaux et étrangers. Le parachèvement des mesures nécessaires à la mise en service du guichet unique de l’investissement doit également contribuer à accélérer le traitement des dossiers et à faciliter la concrétisation des projets. Parmi les domaines porteurs de coopération, le Premier ministre a cité l’industrie dans ses différentes branches, la construction automobile et la fabrication de composants, l’agriculture et l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique, les énergies renouvelables, les mines, le tourisme, la pêche maritime, l’économie numérique et les technologies de l’information et de la communication. Il a souligné, à ce titre, le rôle déterminant des entreprises et des hommes d’affaires des deux pays dans la concrétisation de ces opportunités, à travers des partenariats fondés sur les intérêts mutuels, le transfert de savoir-faire et l’intégration des technologies modernes.En conclusion, Sifi Ghrieb a exprimé le souhait de voir ce forum ouvrir une nouvelle étape dans les relations économiques algéro-tchèques, en favorisant l’émergence de projets communs et d’une coopération plus dynamique, au service du développement et de la prospérité des deux peuples.

Andrej Babis : «Moderniser un partenariat qui existe depuis des générations»

Le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, a appelé à renouveler le partenariat historique entre l’Algérie et la République tchèque, en mettant l’accent sur les investissements conjoints, le transfert de technologies et la diversification des secteurs de coopération. Prenant la parole lors du Forum d’affaires algéro-tchèque, tenu lundi à Alger, le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, a affirmé la volonté de son pays de renouveler et de moderniser un partenariat historique entre les deux pays. «Nous ne sommes pas venus bâtir une relation nouvelle, mais pour renouveler et moderniser un partenariat existant depuis des générations», a-t-il déclaré, rappelant la profondeur des liens historiques et humains unissant Prague et Alger depuis plus de six décennies. Le chef du gouvernement tchèque a évoqué les générations d’étudiants algériens formés dans les universités tchécoslovaques, ainsi que la contribution d’experts tchèques au développement de plusieurs secteurs de l’économie algérienne au lendemain de l’indépendance. Il a souligné que ces relations reposent sur le respect mutuel, la confiance et une coopération solide, constituant un socle pour approfondir le partenariat entre les deux pays. Andrej Babis a présenté l’Algérie comme l’un des partenaires les plus importants de la République tchèque en Afrique du Nord et dans le bassin méditerranéen. Il a mis en avant son marché dynamique et en expansion, mais également sa position stratégique, qui en fait une passerelle naturelle entre l’Europe et l’Afrique. Alors que le continent africain occupe une place croissante dans les priorités européennes, il a insisté sur la nécessité de structurer une coopération durable, fondée sur le transfert de technologies, les investissements conjoints et la recherche de bénéfices mutuels. Le Premier ministre tchèque a salué le rôle de l’Algérie dans la stabilité régionale et le renforcement de la sécurité énergétique de l’Europe. Il a notamment cité le partenariat entre le groupe énergétique tchèque ČEZ et Sonatrach dans le secteur gazier, ainsi que les accords de travail établis entre les services géologiques des deux pays. Ces réalisations illustrent, selon lui, la capacité des deux parties à relever des défis stratégiques et à créer de nouvelles perspectives de croissance. Au-delà de l’énergie, Andrej Babis a identifié des possibilités de coopération dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie minière, l’ingénierie, les infrastructures de transport, la santé, l’aérospatiale, les technologies de pointe et l’économie de la connaissance. Il a assuré que les entreprises tchèques étaient prêtes à mobiliser leur savoir-faire, leurs solutions innovantes et leur engagement durable sur le marché algérien. La présence à Alger d’une délégation d’affaires tchèque de plus de 90 membres, organisée par la Chambre de commerce tchèque, témoigne, a-t-il souligné, de l’intérêt des opérateurs de son pays pour le potentiel économique de l’Algérie. Tout en rappelant le rôle des gouvernements dans la mise en place d’un climat favorable à l’investissement, Andrej Babis a souligné que la concrétisation des opportunités reposait directement sur l’engagement des chefs d’entreprise et des investisseurs. Il a ainsi invité les milieux d’affaires des deux pays à s’appuyer sur la confiance héritée de leur histoire commune pour ouvrir un nouveau chapitre des relations bilatérales, axé sur l’innovation, le progrès technologique, la sécurité énergétique et la prospérité partagée.

N.I