Face à l’urgence environnementale mondiale et aux mutations rapides du secteur énergétique, l’Algérie précise la trajectoire de sa politique de transition.
Intervenant hier à Alger à l’ouverture d’un atelier d’expert dédié au financement climatique et aux marchés du carbone, organisé au Centre international des conférences (CIC) « Abdelatif Rahal », le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a dressé un panorama lucide des défis contemporains. Selon le responsable gouvernemental, le dérèglement climatique s’est imposé comme l’un des enjeu stratégiques majeurs de l’époque actuelle, en raison de ses répercussions directes et croissantes sur la stabilité des économies nationales, la gestion pérenne des ressources en eau, la sécurité alimentaire et la durabilité globale des trajectoires de développement.
Dans un discours à la fois pragmatique et tourné vers l’avenir, le ministre d’État a insisté sur le rôle moteur du financement climatique. Ce dernier doit être appréhendé non pas comme une contrainte ou une charge supplémentaire, mais comme un levier stratégique et indispensable destinées à soutenir et consolider les politiques publiques de baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES). Pour l’Algérie, l’accès à ces financements internationaux constitue un outil essentiel pour renforcer la résilience du tissu national face aux chocs climatiques, tout en modernisant l’appareil productif. Mohamed Arkab a réaffirmer à cette occasion la volonté constante du pays de respecter ses engagements internationaux, sans pour autant sacrifier ses priorités économiques et sociales souveraines.Dans cette optique, le secteur des hydrocarbures, pilier de l’économie nationale, se trouve au cœur de la stratégie de décarbonation. Le ministre a souligné que les efforts de modernisation se poursuivent à un rythme soutenu pour réduire l’empreinte carbone de l’industrie extractive et transformatrice, encourager l’intégration de technologies propres et développer les capacités d’adaptation locales. Cependant, Mohamed Arkab a rappelé une exigence fondamentale : tout mécanisme de financement vert doit s’inscrire en parfaite harmonie avec la préservation de la sécurité énergétique du pays, le maintien de la compétitivité industrielle, le transfert effectif de technologies avancées et le renforcement des compétences humaines locales. Le financement climatique doit ainsi agir en véritable catalyseur de la croissance socio-économique nationale.Abordant la question cruciale de la création et de l’intégration des marchés du carbone dans la stratégie nationale, le ministre d’État a préconisé une démarche méthodique, vigilante et rigoureuse. L’intégration de ces instruments financiers exige une évaluation préalable des opportunités commerciales et des risques d’exposition pour le marché national. La priorité absolue reste la défense intransigeante des intérêts économiques stratégiques de l’Algérie, la préservation des droits de propriété liés aux projets carbone locaux et la garantie d’une valeur ajoutée réelle pour l’économie nationale.Pour encadrer ce marché naissant, Mohamed Arkab a plaidé pour l’établissement d’un cadre réglementaire solide et d’une architecture de gouvernance transparente. Cela passe nécessairement par le déploiement d’un système national de mesure, de notification et de vérification (MNV) fiable et rigoureux. Un tel dispositif permettra de garantir une traçabilité sans faille des réductions d’émissions et d’éviter tout risque de double comptabilisation sur le plan international, sécurisant ainsi la crédibilité des engagements algériens. Le ministre des Hydrocarbures a rappelé la centralité de la Contribution déterminée au niveau national (CDN), qui demeure la feuille de route fondamentale de l’action climatique algérienne. Ce document stratégique fixe un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 14 % sur fonds propres, un taux qui pourrait grimper jusqu’à 31 % à condition qu’un soutien international adéquat soit mobilisé. Ce soutien doit se traduire par des apports financiers conséquents, des partenariats technologiques innovants et un accompagnement soutenu en matière de renforcement des capacités institutionnelles et techniques.
Mohamed B.






