Face au retard dans les objectifs de développement: Amar Bendjama appelle à accélérer l’agenda 2030

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Prenant la parole devant le Conseil des Droits de l’Homme lors de sa 63e session à Genève, l’ambassadeur Amar Bendjama, président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), a livré ce vendredi un plaidoyer vibrant et sans concession en faveur d’un redressement urgent de la trajectoire du développement mondial.

Venu restituer les conclusions stratégiques du Forum politique de haut niveau sur le développement durable qui s’est tenu à New York du 7 au 15 juillet 2026 sous le thème d’une action transformative, équitable et coordonnée, le diplomate algérien a dépeint un tableau préoccupant de la mise en œuvre de l’Agenda 2030. Alors que l’échéance fatidique approche à grand pas, M. Bendjama a rappelé à la communauté internationale que la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) ne peut se détacher de la défense absolue des droits humains fondamentaux. Face aux représentants des États membres, le président de l’ECOSOC a appelé à dépasser le stade des simples constats et des solutions théoriques pour s’engager résolument dans une phase d’exécution accélérée et inclusive. C’est à ce prix, a-t-il insisté, que le multilatéralisme pourra tenir sa promesse solennelle,  bâtir un avenir équitable, résilient et prospère, tout en garantissant sans ambiguïté qu’aucun pays ni aucune population ne soit laissé de côté. Le constat dressé par le rapport sur le progrès des ODD demeure alarmant. Seuls 36 % des cibles évaluables sont actuellement sur la bonne voie ou progressent à un rythme modéré. Près de la moitié enregistrent des avancées très limitées, tandis qu’environ une cible sur sept a régressé en deçà de son niveau de référence de 2015. Face à ces données préoccupantes, le président de l’ECOSOC a affirmé que l’enjeu ne réside plus dans l’identification des solutions, mais dans l’accélération de leur déploiement effectif.

La déclaration ministérielle adoptée lors du Forum a réaffirmé l’importance capitale du multilatéralisme pour surmonter cette crise. Dans ce cadre, 36 pays ont présenté leurs examens nationaux volontaires, mettant l’accent sur la réduction des inégalités, le renforcement des systèmes de protection sociale, la promotion de l’égalité des sexes et l’accès garanti aux services essentiels. La dynamique globale exige désormais une approche mobilisant la société dans son ensemble, soutenue par des données précises permettant de cibler prioritairement les populations les plus vulnérables. Les travaux thématiques axés sur l’eau potable, l’énergie propre, l’innovation, les villes durables et les partenariats ont démontré le lien indissociable entre développement durable et droits humains. De l’accès universel à l’eau à une transition énergétique juste, en passant par le droit à un logement digne, les débats ont rappelé que la justice sociale demeure le pilier central de la résilience urbaine et économique. Une attention particulière a été accordée aux pays africains, aux pays les moins avancés, aux États insulaires et aux pays en développement sans littoral, directement frappés par le fardeau de la dette, l’inflation et les chocs climatiques. À l’approche du sommet des ODD prévu en 2027, ultime étape avant l’échéance de 2030, Amar Bendjama a appelé à renforcer la synergie entre l’ECOSOC et le Conseil des droits de l’homme. En sa qualité de président de l’ECOSOC, le diplomate algérien a réitéré son engagement à faire progresser de concert le développement, les droits humains, la justice et la paix pour qu’aucun individu ne soit laissé de côté.

Mohamed B.