EN: On efface tout et on recommence

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Pale participation de l’équipe nationale au mondial américain. Le bilan est famélique malgré la qualification aux 1/16e de finale. Une victoire étriquée, un nul et deux défaites, on ne peut pas dire que les Verts ont brillé décevant leurs millions de fans.

Il faut dire que les Algériens attendaient, espéraient beaucoup mieux de la bande de Vladimir Petkovic, d’autant qu’ils avaient quelques motifs d’espoirs eu égard aux promesses entrevues lors de la préparation de la Coupe du monde. Mais la vérité de la compétition l’a rattrapée. Les camarades de Mahrez n’avaient manifestement pas le niveau pour aller au-delà des 1/16e de finale. C’est leur plafond de verre qu’ils ont du mal à briser. Pourtant après leur fameux nul (3 – 3), contre l’Autriche, on avait cru qu’ils avaient enfin pu provoquer le déclic. Il n’en fut rien hélas, puisqu’ils sont rapidement retombés dans leurs travers, s’inclinant sans gloire face à la Suisse (2 – 0), affichant clairement leurs limites dans tous les domaines. Une défaite qui rappelle curieusement celle subie lors de la CAN face au Nigeria, où les Verts ont fait montre d’impuissance presque de résignation face à l’adversité. Ils n’avaient pas de solutions pour revenir au score.

Les raisons de l’échec sont multiples, mais un seul homme est visé directement par les critiques : le coach national Vladimir Petkovic qui visiblement n’a jamais pu cerner son groupe. Des critiques acerbes ayant conduit inévitablement à son limogeage, en dépit de la prolongation de son contrat il y a seulement quelques semaines. D’où la question de savoir pourquoi la FAF s’est précipitée pour renouveler son bail, alors qu’il était plus judicieux d’attendre la fin du Mondial pour le faire. A présent, il va falloir savoir négocier serré avec les avocats du technicien suisse afin qu’il accepte de partir avec les moindres compensations possibles. Ce qui est loin d’être acquis à l’avance, car Petkovic n’est pas le genre d’entraîneur qui renonce facilement à ses droits. Mais une chose est sûre, son aventure avec l’équipe nationale a pris fin cet été. Certes, il peut évoquer son passage positivement ayant réussi à qualifier les Verts à la Coupe du monde, après 12 ans d’absence, mais à vrai dire son style n’a convaincu personne. Du début jusqu’à la fin de son règne, il n’a jamais réussi à mettre en place une méthode, un système de jeu propre à lui. Jusqu’au bout, il n’a cessé d’inter changer les joueurs, preuve de ses tergiversations, ses doutes et ses atermoiements à trouver le onze idéal. Cela s’est traduit par une absence totale d’ identité sur le terrain dans lequel les joueurs ne se retrouvaient pas. Il part par la petite porte sans daigner venir à Alger pour expliquer ses échecs ou défendre son bilan. C’est en quelque sorte une fuite des responsabilités et un manque total de respect pour les Algériens. Pour un technicien chichement payé cela s’apparente aussi à du mépris pour tout un peuple. Finalement, on ne retiendra pas grand-chose de son passage à la tête des Verts.

A présent, il faut voir vers l’avenir et se poser les bonnes questions pour rectifier le tir. D’autant que Petkovic n’est pas le seul fautif dans cet échec. Il va falloir tout effacer et recommencer surtout que de nombreux cadres vont quitter la sélection. Mahrez, Mandi ont déjà annoncé leur retraite internationale. D’autres leur emboîteront le pas ou ne seront plus appelés, à l’image de Bentaleb et Zerrouki, pour ne citer que ces deux-là. Place désormais aux jeunes qui doivent prendre le relais. Une page est tournée sans gloire, ni grande consécration. Mais l’équipe nationale à tout l’avenir devant elle. C’est un éternel recommencement.

Ali Nezlioui

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