Election présidentielle de septembre 2024: Quelles perspectives énergétiques et économiques de l’Algérie, face aux nouvelles mutations  géostratégiques mondiales, 2025/2030 ?

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L’Algérie  a besoin qu’un regard critique et juste soit posé sur sa situation sur ce qui a déjà été accompli et sur ce qu’il s’agit d’accomplir encore au profit exclusif d’une patrie qui a besoin de se retrouver et de réunir tous ses enfants autour d’un même projet, d’une même ambition et d’une même espérance concilier la sécurité nationale , l’efficacité économique et la nécessaire cohésion sociale .  Aussi les défis du futur président de la  république  de l’Algérie prévu en septembre 2024, sont nombreux , impliquant de saisir les tendances lourdes  des perspectives de l’économie algérienne 2025/2030.

1.- L’objectif stratégique est d’éviter de dépendre d’une ressource éphémère ce qui suppose que les recettes des hydrocarbures permettent d’asseoir une économie diversifiée, condition d’une économie émergente, et non mono exportatrice dans le cadre  des avantages comparatifs  mondiaux. .Pour l’instant il faut être réaliste et non démagogique , en ce mois de juin 2024, Sonatrach c’est l’’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach. En 2023,  avec les dérivées comptabilisées dans  la rubrique hors hydrocarbures pour plus de 65% , 97/98% des recettes en devises proviennent de Sonatrach et donc sur le plan économique, l’Algérie c’est Sonatrach et Sonatrach c’est l’Algérie. Irrigant tout le corps social et économique directement et indirectement : directement ou indirectement via la dépense publique , influant sur le taux de croissance , le taux d’emploi et le   niveau des réserves de change. Les prévisions du ministre algérien de l’énergie et du PDG de Sonatrach prévoient 40/50 milliards d’investissement durant les  cinq  prochaines années et en ce mois de mai 2024, contrairement à certaines supputions annonçant 2026,  entre 2029/2030 , une production de 200 milliards de mètres cubes gazeux dont  100 milliards de mètres cubes gazeux  d’exportation,  alors que pour la Banque mondiale , il est prévu que la production algérienne de gaz atteigne un peu plus de 116,5 milliards de m3  en 2024,   près de 118,5 milliards de m3 en 2025 et 125 milliards de m3 en 2026.  Précisons que selon les normes internationales , l’on doit injecter 20/25% soit  20/25 milliards de mètres cubes  gazeux dans les puits pour éviter leur épuisement , la consommation intérieure représentant  50% en 2023, donc avec la consommation intérieure et 100 milliards de mètres cubes d’exportation l’on devra produire  entre 200/2010  milliards de mètres cubes gazeux. Environ 100 milliards de mètres cubes  d’exportation  sont réalisables sous réserve  de quatre  conditions :  premièrement, une plus grande efficacité énergétique permettant d économiser 10 à15%  de la consommation de l’énergie  locale ; deuxièmement,  le  développement de énergies renouvelables, avec en 2023  seulement  entre ½% ,  solaire, éolien, hydrogène vert, bleu et blanc, afin de couvrir selon els prévisions du Ministère de ‘l’énergie , entre  2030/2035 , 35/40% de la consommation intérieure, la différence pouvant être exportée ; troisièmement ; une nouvelle politique des subventions ciblée.  C’est que les  prévisions de Sonelgaz prévoient plus de 80 milliards de mètres cubes gazeux horizon 2030  pour la consommation intérieure du fait de la forte pression démographique , plus de 50 millions d’habitants  en 2030 et bon nombre de secteurs  nouveaux consommateur d’énergie;  quatrièmement de nouvelles découvertes par Sonatrach et en partenariat avec des firmes étrangères ,  , Sonatrach prévoyant d’investir entre 40/50 milliards de dollars durant les cinq prochaines années .  Il faut être réaliste,  ne  devant pas  confondre  chiffre d’affaires et profit net devant  soustraire les coûts,  les recettes de Sonatrach  pourrait s’accroître de 30 à 40%   horizon 2030 , et à prix constant 2023, atteindre  80/100 milliards de dollars/an, contre 60 milliards de dollars en 2022 où le cours moyen du baril a été de 106 dollars  et le MBTU de gaz 15/16 dollars en 2022 et 50 milliards de dollars en 2022.dû à la baisse des prix  qui n’a pas été compensé  proportionnellement ( 2% d’augmentation) par une augmentation en volume.

2. Sous réserve de profondes réformes sont menées, les perspectives économiques 2025/2030  sont optimistes selon les institutions internationales.  La croissance de l’économie algérienne devrait atteindre un taux de 4% en 2024, selon le rapport des perspectives économiques en Afrique de la Banque africaine de développement (BAD),du  30 mai 2024  à Nairobi (Kenya), taux proche de celui du FMI qui prévoit 3,8% en 2024 et 3,1% en 2025 contre 4,2% en 2023, soutenue par essentiellement la dépense budgétaire via la rente de hydrocarbures.  (Intervention le 31 mai 2024 à la chaîne publique  Radio Algérie Internationale).  Le  niveau de réserves de change  est de 69 milliards de dollars fin 2023, dépassant les 80 milliards de dollars  fin 2023 y compris les 173 tonnes d’or avec  une dette extérieure inférieure à 1,6% du PIB. Le  rapport du FMI, prévoit pour 2023,  un PIB  de   243 milliards de dollars au taux de change d’un dollar pour 137 DA, en  2024  de   268 milliards de dollars (la troisième puissance africaine), en 2025 de  293 milliards de dollars, en 2026, ,   318 milliards de dollars et à  370 milliards de dollars  en 2028.  L’Algérie peut atteindre    400 milliards de dollars  de PIB  horizon  2029/2030,ne devant pas confondre contrat définitif et lettre  d’intention qui n’engage nullement le contractant,  , elle en a les potentialités. Aussi,  sous réserve d’une plus grande rigueur budgétaire, une meilleure allocation de l‘investissement devant s’insérer  dans le cadre d’une planification stratégique,  la lutte contre la corruption peut espérer  avoir un taux de croissance de  8/9%, entre 2025/2030 , nécessaire selon la majorité des experts internationaux, pour absorber le flux additionnel de demande d’emplois  de 350000/400000 /an qui s’ajoute au de chômage actuel.  Les réformes doivent contribuer  grâce à l’accroissement de la production et de la productivité à l’appréciation de la  valeur du dinar qui est passé de 5 dinars un dollar en 1970, à 76 dinars un dollar vers les années 2000 et est coté le 01 juin 2024 à 134 dinars un dollar, 145 dinars un euro  avec un écart de plus de 60%  sur le marché parallèle – cours achat – 241 dinars un euro et 221 dinars un dollar  et par là   diminuer le taux d’inflation  qui lamine le pouvoir d’achat de la majorité, le versement de salaires sans contreparties productives  accélérant la dérive inflationniste.

3.-Ces prévisions  de croissance sont  conditionnées  par cinq facteurs avec comme soubassement l’amélioration du  climat des affaires  afin de dynamiser les entreprises publiques ( dépénaliser l’acte de gestion ),  privées nationales et étrangères concurrentielles  créatrices de valeur ajoutée maîtrisant  les nouvelles technologies   Premièrement  un code d’investissement étant limité , il faut revoir le fonctionnement de  l’éco- système , donc améliorer la gouvernance . De  profondes réformes structurelles institutionnelles et miro- économique, devant s’attaquer au blocage numéro un  de l’économie algérienne,  l’hydre bureaucratique source des  surcoûts des projets,  dont   devant synchroniser la gouvernance globale, la méso gouvernance intermédiaire, et la micro gouvernance passant par  un système d’information rénové et   donc la réforme  des  institutions  centrales  et locales pour plus de cohérence. touchant les institutions allant vers un réelle décentralisation pour une  participation citoyenne  par la création de six à sept grands pôles économiques régionaux , les ministres et  Walis  devant servir de régulateur et non de gestionnaires. Deuxièmement,  la mise  en œuvre concrète  des  projets économiques notamment industriels , les infrastructures indispensables  servant de soutien où selon   le ministère des finances entre 2021 et 2023 l’investissement  a été de  48 milliards de dollars  étant prévu entre 2024/2027 un montant presque équivalent,, qui n’atteindront le seuil de rentabilité  que vers  2028/2030, un   minimum , après la première phase d’exploitation, de trois années pour les PMI/PME, sous réserve de lever les  contraintes d’environnement et de 5/7   années pour les projets hautement capitalistiques  et devant favoriser les projets  rentables devant éviter ces assainissements répétés à fonds perdus  d’entreprises publiques moribondes  , l’Etat autant consacré selon un rapport du premier ministère ( source APS) durant les trente dernières années à fin 2020, un  montant  de 250 milliards de dollars, plus de 80% étant revenues à la case de départ.  Sans être exhaustifs , nous avons , la raffinerie de Hassi Messaoud et d‘autres projets pétrochimiques  à forte valeur ajoutée , le projet de Phosphate de Tébessa avec les réserves  estimées entre  2,2 et 2,6 milliards de tonnes dont seulement 24 % de pentoxyde de phosphate, celui du zinc Tala Hamza-Oued Amizour ( réserves  de 34 millions de tonnes ) et  le fer de Gara Djebilet, des réserves  estimées à 3,5 milliards de tonnes, dont 1,7 milliard de tonnes  ( la quatrième réserve du monde)  dont la teneur est de 58% mais présentant une forte teneur en phosphore  nécessitant pour obtenir un minerai de qualité, une opération dite de déphosphoration pour le porter de 0,8% à 0,03%, et la ligne de chemin  de fer qui ne sera opérationnelle que fin 2026, mais pour ces trois derniers projets outre leurs impacts polluants , descendre à l’aval pour la  production de produits nobles et non exporter les produits à l’ état brut  à et sans oublier les immenses potentialités de l’agriculture  saharienne  grâce à l’importante  nappe phréatique, un océan   un des vaste au  monde 53.000 milliards de mètres cubes, 70% en Algérie, 20% en Libye et 10% en Tunisie, mais devant être réaliste – vent de sable, majorité eau saumâtre, cout de transport  et préservation des produits périssables) devant avant tout préserver le s meilleures terres au Nord  qui diminuent comme une peau de chagrin  face à une urbanisation effréné . , Troisièmement,  l’intégration de la sphère l’intégration de la informelle  la circulation fiduciaire hors banque, selon le rapport officiel de la Banque d’Algérie de fin novembre 2023    au cours de 135 dinars un dollar étant passé de 49,71 milliards de dollars à 54,77 milliards de dollars contrôlant  une grande partie  des circuits de distribution soit  33,35 % du total de la masse monétaire à fin septembre 2022, contre 33,47% à fin 2021, cette  circulation fiduciaire hors banques, s’étant  accrue de 10,18% entre les deux périodes, ( voir  étude réalisée sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul sur le poids de la sphère informelle au Maghreb pour l’Institut Français des Relations Internationales IFRI/Paris  2013 reproduit dans  la revue stratégie IMPED /Ministère de la défense nationale MDN  Alger  octobre 2019  et conférence à l’Etat major de la gendarmerie nationale).. Quatrièmement, ,  réformer  le système financier, dans toute sa composante, (douane, fiscalité, domaine, banques ) enjeu énorme du pouvoir,  poumon des réformes, lieu de la distribution de la rente ;   bien  que des améliorations ont été introduites  favoriser    un nouveau management de Sonatrach lieu de la production de la rente qui à terme devra être coté en bourse au niveau international ;  résoudre  l’épineux problème du foncier avec toutes les utilités  et  , réformer  le système socio éducatif du primaire au secondaire en passant par formation professionnelle ,  lieu de la production de la valeur devant miser sur la qualité et non la quantité par la maîtrise des nouvelles technologies   en s’adaptant  à l’environnement pour éviter  des diplômés chômeurs  et la considération du savoir pour éviter l’exode  massif des cerveaux, une société sans son élite étant comme un corps sans âme.

En conclusion, sur le plan  interne, un langage de vérité s’impose  afin d’éviter  les erreurs du passé devant éviter   tant l’autosatisfaction que la sinistrose.  Sous réserves de profondes réformes et d’une mobilisation générale de la population, tenant compte des différentes sensibilités, l’unanimisme étant source de décadence de toute société , tout projet étant forcément  porté par des forces  sociales, l’Économie comme nous l’ont enseigné  les classiques de l’Économie étant avant tout politique,   selon la majorité des observateurs internationaux, un pays n’étant respecté , exemple la Chine,  que s’il a  une économie forte, l’Algérie peut devenir un pays pivot  et donc un acteur majeur de stabilité et de pont  entre l’Europe et les espaces  méditerranéens et africains . L’on ne doit  jamais oublier que dans la pratique des affaires et des relations internationales n’existent pas de sentiments mais, que des intérêts, chaque pays défendant ses intérêts propres, une planification stratégique s’impose  Car  les nouvelles dynamiques militaires, politiques, économiques et surtout le culturel souvent oublié, entre 2025/2030/2040 , s’orientant vers un monde multipolaire, modifieront  les rapports de force à l’échelle mondiale et affecteront  également les recompositions politiques à l’intérieur des États comme à l’échelle des espaces régionaux.

A.M

NB: Toutes les données proviennent des institutions internationales/nationales  et du Ministère de l’Energie et des Mines

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