Depuis Genève: L’Algérie réaffirme son engagement humanitaire et démantèle le discours de l’occupant marocain sur le Sahara occidental

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Dans son allocution prononcée lors de la 77ᵉ session du Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’ambassadeur Idriss Latreche, Représentant permanent de l’Algérie à Genève, a souligné que, 75 ans après l’adoption de la Convention de 1951, la promesse de celle-ci doit demeurer intacte. Tout en exprimant sa vive préoccupation face à la baisse drastique des financements humanitaires qu’il a qualifiée de « double peine » pour les réfugiés, il a affirmé que l’assistance et la protection internationales constituent des droits fondamentaux et non des actes de charité.

À cette occasion et à Genève, la délégation algérienne a porté une parole ferme et rigoureuse pour défendre les principes directeurs du droit international humanitaire, tout en apportant une riposte systématique aux allégations formulées par le représentant du Royaume du Maroc. En plaçant la dignité humaine et le respect du droit des peuples au cœur de sa démarche, la diplomatie algérienne a rappelé la nature indissociable de la protection des réfugiés et de la résolution politique des conflits coloniaux. L’Algérie a réitéré avec force son attachement indéfectible aux fondements de la Convention internationale relative au statut des réfugiés de 1951. Dans son intervention, la représentation algérienne a tenu à préciser une nuance fondamentale : l’assistance internationale et la protection ne sauraient être réduites à de simples actes de charité ou de bénévolat. Il s’agit de droits inaliénables et d’obligations juridiques internationales incombant à la communauté des nations. Hôte solidaire et constante du peuple sahraoui depuis plus de cinq décennies, l’Algérie a lancé un appel vibrant aux acteurs internationaux et aux bailleurs de fonds pour qu’ils maintiennent et renforcent leur soutien financier et matériel. Toutefois, la délégation a formulé un avertissement clair : l’attention humanitaire indispensable accordée aux conditions de vie des réfugiés sahraouis ne doit en aucun cas servir de paravent pour dissimuler la nécessité impérieuse de traiter les causes profondes de la crise, à savoir l’occupation militaire et la privation du droit à l’autodétermination.

Face aux discours du représentant du Maroc, puissance occupante du Sahara occidental, l’Algérie a apporté une mise au point articulée autour de trois réalités incontestables.

En premier lieu, les réfugiés sahraouis ne sont pas des migrants ordinaires, mais une population déplacée de force depuis un territoire non autonome inscrite sur la liste des Nations Unies. Leur souffrance découle directement du déni de leur droit inaliénable à l’autodétermination, un principe qui demeure au centre de leur tragédie.

En deuxième lieu, l’Algérie a réfuté les contrevérités sur la gestion des camps de Tindouf en soulignant leur caractère totalement ouvert et transparent. Les structures d’accueil abritent en permanence plus de cinq agences onusiennes et plus de vingt organisations non gouvernementales internationales. Ces camps font l’objet de visites régulières et sans entrave de la part des bailleurs de fonds, de gouvernements tiers, d’observateurs indépendants ainsi que des mécanismes spécialisés de l’Organisation des Nations Unies. En troisième lieu, la diplomatie algérienne a rappelé avec insistance que l’aide humanitaire ne doit jamais être instrumentalisée à des fins politiques, ni convertie en levier de chantage ou de marchandage diplomatique.

L’Algérie a exprimé un profond regret, teinté d’une vive consternation, devant le spectacle offert par la partie marocaine. Il est en effet paradoxal de voir le principal responsable de la tragédie humanitaire et de l’exil forcé des Sahraouis tenter de donner des leçons de morale et de formuler des propositions relatives aux « solutions durables » devant les instances internationales. Ce glissement d’une posture de déni absolu vers une prétention d’autorité morale constitue une forme flagrante d’opportunisme diplomatique. La délégation algérienne a rappelé que la communauté internationale n’est ni aveugle face aux faits, ni ignorante des origines historiques et juridiques du conflit au Sahara occidental occupé. L’Algérie a mis en garde contre le risque d’envoyer un signal erroné à un moment inopportun. Il est primordial de ne pas brouiller les limites conceptuelles et juridiques entre l’impératif humanitaire immédiat et la réalité politique fondamentale. Ces deux dimensions, bien qu’étroitement liées, obéissent à des logiques propres.

L’action humanitaire d’urgence permet de soulager le quotidien des populations vulnérables, mais elle ne peut ni remplacer ni retarder le processus politique parrainé par les Nations Unies. Seul l’exercice libre et démocratique du droit à l’autodétermination par le peuple sahraoui permettra de résoudre définitivement les causes profondes de ce conflit et de restaurer la paix et la stabilité dans la région.

Sonia Stambouli