Les interventions des députés de l’Assemblée Populaire Nationale (APN), lors des premières séances de débat sur le projet de loi de finances 2027 à la chambre basse du Parlement, se sont articulées autour des modalités de couverture du déficit budgétaire et de mobilisation de ressources financières alternatives sans recourir à de nouveaux impôts. Ils ont également plaidé pour l’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre la fraude, l’amélioration du recouvrement des recettes du Trésor et l’acheminement des subventions vers leurs véritables ayants droit.
Le débat du premier jour ne s’est pas limité aux sources de financement du Trésor, il s’est étendu à des interrogations sur l’efficience de la dépense publique et la capacité du gouvernement à concrétiser les fonds alloués aux projets en résultats tangibles. Cela a notamment été soulevé à travers l’évoquant de cas de projets en souffrance et d’infrastructures sanitaires sous-exploitées en dépit des budgets colossaux mobilisés pour leur réalisation. Par ailleurs, les députés ont insisté sur la nécessité de protéger le pouvoir d’achat, de garantir la transition du soutien public vers les ayants droit, et d’orienter l’investissement vers les secteurs productifs générateurs de richesse et d’emplois.
Dans ce contexte, le député Yacoub Ben Aïssadu Front de Libération Nationale – FLNa axé son intervention sur l’impératif de corréler la dépense publique aux résultats économiques réalisés. Il a estimé que la force d’une économie ne se mesure pas au volume des ressources qu’elle consomme, mais à sa capacité à produire de la richesse et des emplois. Il a souligné que de simples injections de fonds publics ne suffisent pas à elles seules à enclencher le développement, à moins qu’elles ne s’accompagnent d’un soutien effectif à la production et à la création d’opportunités d’emploi.L’intervenant a appelé à concrétiser les objectifs de la loi organique n° 18-15 relative aux lois de finances, en dépassant la simple logique du suivi des crédits consommés pour s’orienter vers l’évaluation des retombées de terrain des projets et des programmes, tout en instaurant un contrôle accru des performances et en renforçant la transparence dans la gestion des deniers publics.Présentant les orientations de son groupe parlementaire en matière de politique financière, M. Ben Aïssa a réitéré son soutien à tout investissement créateur de richesse, ainsi qu’aux mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat, sous réserve que les subventions profitent à leurs ayants droit. Il a également préconisé de lier les incitations fiscales aux résultats effectifs obtenus par les bénéficiaires, tout en soulevant la question des répercussions potentielles d’une éventuelle révision des prix des carburants, qu’il a mis en garde contre le report de leurs effets sur les coûts du transport et de la production.
En contrepartie, le député Ahmed Boustadu Mouvement de la Société pour la Paix – MSPs’est interrogé, lors de son intervention, sur la capacité du plan d’action du gouvernement à concrétiser un équilibre entre les recettes et les dépenses, pointant du doigt l’enregistrement d’un déficit important. Il a soulevé des interrogations sur l’efficacité de la dépense publique, se demandant si l’État dépense davantage ou s’il dépense mieux.Tout en saluant les mesures visant à soutenir le pouvoir d’achat des citoyens, il a insisté sur l’impératif d’adopter des indicateurs précis pour évaluer la performance des programmes gouvernementaux, et de soumettre la dépense publique à des évaluations a posteriori afin de mesurer son effectivité et les résultats atteints. De surcroît, il a préconisé d’élargir l’assiette fiscale et d’accélérer le rythme de la numérisation pour permettre l’intégration du marché informel dans la sphère économique officielle, tout en recherchant de nouvelles sources de revenus de nature à renforcer les rentes de l’État et à alléger la pression sur le budget.
Dans le même sillage, le député Abdelhamid Belkacheldu Front El Moustakbal a salué les dispositions du projet de loi de finances relatives au soutien du pouvoir d’achat des citoyens, affirmant l’importance de pérenniser les mesures visant à préserver les revenus des ménages et à cibler les subventions. Il a également souligné l’urgence de simplifier les procédures administratives pour les investisseurs et d’accompagner les petites et moyennes entreprises (PME), considérées comme un levier fondamental pour la création de richesse et d’emplois. L’intervenant a, par ailleurs, appelé à élargir l’assiette fiscale et à intensifier la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.Pour sa part, le député Mohamed Reda Mouilahdu Front de Libération Nationales’est focalisé sur la question de la couverture du déficit budgétaire. Il a interrogé l’Exécutif sur les mécanismes envisagés pour mobiliser les ressources financières requises sans alourdir le fardeau fiscal des citoyens, appelant à redoubler d’efforts pour enrayer l’évasion fiscale et optimiser le recouvrement des recettes fiscales en tant que leviers majeurs pour alimenter le Trésor public.
Le député Noureddine Belhouaridu Mouvement de la Société pour la Paix – Wilaya de Tlemcena fustigé ce qu’il a qualifié de gaspillage de temps et de ressources dans la concrétisation des projets. Il a affirmé que l’évaluation de la performance gouvernementale ne saurait se cantonner à des chiffres et des indicateurs froids, mais doit se refléter dans l’impact direct des politiques publiques sur le quotidien du citoyen et sur l’assouvissement de ses aspirations en matière de santé, d’emploi, de logement, d’éducation et de justice.À titre d’illustration, le député a cité l’exemple du centre anti-cancer de Tlemcen, dont le coût de réalisation a atteint 10 milliards de dinars, mais qui n’exploite actuellement que 35 % de ses capacités nominales. Il a ainsi exigé l’ouverture d’une enquête épidémiologique sur la propagation du cancer dans la wilaya, ainsi qu’une enquête approfondie sur les causes de la sous-exploitation de cette infrastructure sanitaire.
Meryam M.






