Corridor SoutH2: L’Algérie, la Tunisie et trois pays européens précisent leur feuille de route

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L’Algérie s’apprête à accueillir une nouvelle réunion ministérielle regroupant l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche afin d’examiner les prochaines étapes techniques et financières du projet de corridor de l’hydrogène Sud « SoutH2 ». Ce projet vise à transporter l’hydrogène renouvelable depuis l’Afrique du Nord vers les principaux marchés industriels d’Europe centrale, selon ce qu’a rapporté l’agence italienne « Nova News ».

L’agence a indiqué, dans un rapport, que le corridor s’étend sur environ 3 300 kilomètres, avec une capacité de transport allant jusqu’à 4 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable par an, pour une mise en service potentielle au début des années 2030.Selon « Nova News », le projet repose sur la réutilisation d’une grande partie des infrastructures gazières existantes : plus de 65 % du tracé prévu pourrait s’appuyer sur des gazoducs actuels après leur adaptation au transport de l’hydrogène, ce qui constitue un élément crucial pour les aspects économiques et techniques du projet.L’Italie occupe une position centrale dans ce corridor. En effet, l’hydrogène produit en Afrique du Nord devrait traverser la mer Méditerranée vers l’Italie, puis être acheminé via le réseau italien vers l’Autriche et l’Allemagne, tout en approvisionnant plusieurs hubs industriels italiens. Le projet s’inscrit dans le cadre de la dynamique européenne visant à créer un réseau continental d’hydrogène et à diversifier les sources d’approvisionnement énergétique.

Cette réunion à venir fait suite à la première rencontre ministérielle des cinq pays, tenue à Rome le 21 janvier 2025, au cours de laquelle l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche ont signé une déclaration d’intention conjointe pour développer le corridor et réunir les conditions techniques, économiques et financières nécessaires à sa réalisation, tout en soulignant le potentiel de l’Algérie et de la Tunisie dans la production d’hydrogène à partir de sources renouvelables et dans l’attraction d’investissements à travers les différentes étapes de la chaîne de valeur.Pour l’Algérie, « Nova News » estime que le projet pourrait apporter une nouvelle dimension à ses relations énergétiques traditionnelles avec l’Europe, en sa qualité de grand fournisseur de gaz naturel pour le continent et disposant de conduites d’approvisionnement directes vers l’Italie via la Tunisie. Cependant, le développement de ce nouveau marché nécessite des investissements parallèles dans les énergies renouvelables, les stations d’électrolyse, les installations de stockage et les réseaux de transport.L’agence a ajouté que le projet « SoutH2 » a pris une importance croissante dans le dialogue algéro-allemand, à un moment où Berlin considère l’Afrique du Nord comme une source future potentielle d’hydrogène renouvelable, tandis que l’Algérie cherche à attirer les technologies et les capitaux européens pour bâtir une chaîne d’approvisionnement industrielle nationale.Dans ce cadre, une mission économique allemande s’est rendue en Algérie et en Tunisie du 21 au 25 septembre, afin d’examiner les opportunités de coopération dans l’hydrogène vert, les systèmes de stockage et les technologies liées à la conversion de l’électricité renouvelable en carburants et produits à usage industriel.« Nova News » a également souligné l’existence de projets pilotes en cours de développement, parmi lesquels la coopération entre Sonatrach et le groupe énergétique allemand « VNG » dans la région d’Arzew, visant à développer le savoir-faire et les technologies de production d’hydrogène vert.La chaîne d’approvisionnement en hydrogène n’en est qu’à ses débuts, et sa faisabilité économique dépendra, selon l’agence, de facteurs tels que le coût de l’électricité renouvelable, la disponibilité de l’eau, le prix des électrolyseurs, ainsi que la capacité des producteurs à sécuriser des acheteurs européens prêts à conclure des contrats à long terme.Au niveau européen, le projet revêt une importance stratégique dans les plans de développement des infrastructures d’hydrogène, l’Union européenne ayant déjà financé des études de faisabilité pour certaines parties du futur réseau. De plus, le réseau italien d’hydrogène développé par la société « Snam » a obtenu un cofinancement européen de 24 millions d’euros en 2025 pour financer les études techniques et les activités préparatoires, selon « Nova News ».

Mohamed B.

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