Coopération militaire Algérie-Niger: Alger conteste les déclarations d’un porte-parole européen

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La coopération militaire entre l’Algérie et le Niger suscite une nouvelle controverse diplomatique après des déclarations attribuées à un porte-parole de l’Union européenne. Selon des sources algériennes autorisées citées dimanche par l’APS, Bruxelles n’a entrepris aucune démarche officielle auprès d’Alger pour obtenir des éclaircissements sur le déploiement d’unités militaires algériennes au Niger, dans le cadre d’un accord bilatéral entre les deux pays.

La polémique fait suite à une déclaration d’Anouar El Anouni, porte-parole de l’Union européenne, selon laquelle Bruxelles suivrait attentivement la situation et chercherait à obtenir davantage de précisions sur la nature, les objectifs et le cadre du déploiement militaire algérien au Niger.

Toutefois, des sources autorisées citées par l’Agence presse service (APS) affirment qu’aucune demande de clarification, sollicitation officielle ou démarche diplomatique correspondant à ces déclarations n’a été adressée aux autorités algériennes.

Ces mêmes sources soulignent que toute initiative susceptible de remettre en question les choix souverains de l’Algérie en matière de coopération militaire serait considérée comme une ingérence dans ses affaires intérieures.

Une coopération fondée sur un accord bilatéral

La coopération sécuritaire entre Alger et Niamey s’inscrit dans le cadre des relations bilatérales entre deux pays partageant une frontière commune et confrontés aux défis sécuritaires qui traversent la région sahélienne.

Selon l’APS, le déploiement d’unités algériennes au Niger intervient à la demande des autorités nigériennes, conformément à un protocole d’accord conclu entre les deux États dans le domaine militaire.

Cette coopération répond aux préoccupations communes liées à la stabilité régionale et à la lutte contre les menaces sécuritaires dans un environnement marqué par de profondes transformations géopolitiques.

L’Algérie, forte de sa position géographique et de son expérience dans la lutte contre le terrorisme, occupe une place importante dans les équilibres sécuritaires du Sahel. Le renforcement de ses relations avec les pays voisins s’inscrit dans une politique de coopération régionale fondée sur le respect de la souveraineté et des intérêts mutuels.

Le contexte sensible des relations avec la France

Dans son analyse, l’APS établit un lien entre cette controverse et les évolutions géopolitiques intervenues au Sahel, où l’influence française a considérablement reculé ces dernières années.

Les changements politiques survenus dans plusieurs pays de la région ont entraîné une redéfinition des partenariats sécuritaires et diplomatiques, avec une volonté affirmée de certains États africains de diversifier leurs relations internationales.

L’agence algérienne estime que le renforcement des relations entre Alger et ses partenaires sahéliens pourrait susciter des réticences dans certains milieux français. Elle évoque également une possible instrumentalisation des institutions européennes dans un contexte de tensions persistantes entre Alger et Paris.

Ces accusations relèvent toutefois de l’analyse développée par l’APS, sans que le texte apporte d’éléments établissant une intervention directe des autorités françaises dans la préparation de la déclaration européenne.

Des relations algéro-européennes déjà sous tension

Cette controverse intervient dans un climat diplomatique marqué par plusieurs différends entre l’Algérie et l’Union européenne, notamment sur les questions commerciales et le fonctionnement du Conseil d’association.

Dans ce contexte, les déclarations concernant la coopération militaire algéro-nigérienne risquent d’ajouter un nouveau sujet de désaccord aux relations entre Alger et Bruxelles.

L’APS appelle ainsi les institutions européennes à clarifier les circonstances dans lesquelles les propos contestés ont été formulés et à veiller à ce que les relations entre l’Union européenne et l’Algérie ne soient pas affectées par des contentieux bilatéraux.

Au-delà de cette polémique, la question met en lumière les enjeux stratégiques liés à la recomposition des alliances au Sahel et à la place qu’entend y occuper l’Algérie.

Pour Alger, la coopération avec les pays voisins demeure une prérogative souveraine, déterminée par ses intérêts nationaux et ses engagements bilatéraux.

Dans une région confrontée à des défis sécuritaires majeurs, l’Algérie entend poursuivre le renforcement de ses partenariats africains, tout en réaffirmant son attachement à la non-ingérence, au respect de la souveraineté des États et à l’indépendance de ses décisions diplomatiques et militaires.

Yasmine Derbal