Le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Inde a atteint 1,71 milliard de dollars au cours de l’exercice fiscal 2024-2025. Dans le détail, les exportations indiennes vers le marché algérien se sont élevées à 947,04 millions de dollars, tandis que les ventes algériennes vers l’Inde ont totalisé 760,06 millions de dollars. Fortes de ce socle commercial, les deux nations franchissent désormais une étape décisive pour orienter leurs relations économiques vers le partenariat industriel.
Le World Trade Center (WTC) de Bengaluru a organiséhier en partenariat avec le WTC Alger et la Chambre de commerce et d’industrie locale la 15ᵉ édition de sa série « Discovery Series ». Intitulée « Comprendre l’environnement des affaires en Algérie », cette session virtuelle d’une heure s’adresse directement aux investisseurs indiens désireux de s’implanter sur le marché algérien.Loin des présentations générales, cette rencontre propose une feuille de route opérationnelle articulée autour de cinq axes majeurs. Les intervenants aborderont notamment l’analyse du paysage économique algérien, les voies d’accès au marché, les secteurs porteurs, la culture d’entreprise locale ainsi que la création de réseaux de partenariat.Pour apporter des réponses concrètes aux candidats à l’investissement, qu’il s’agisse d’exportation, de sous-traitance, de coentreprise ou d’implantation directe, l’événement réunit un panel institutionnel de premier plan. Ahmed Tibaoui, Directeur général et CEO du WTC Alger, apportera son expertise sur le marché, tandis que Chakeib Kouidri, Directeur général de la Chambre Algérienne de Commerce et d’Industrie, facilitera le réseautage institutionnel. De son côté, Siham Djedar, Directrice à l’Agence Algérienne de Promotion de l’Investissement, clarifiera le cadre réglementaire et les incitations, sous la modération de Karanveer Mundrey, fondateur de la société Atharva Marcom.
L’analyse des flux commerciaux montre une légère contraction de 1,5 % du commerce global, passant de 1,734 à 1,707 milliard de dollars, accompagnée d’un rééquilibrage de la balance en faveur de New Delhi, qui dégage un excédent de 186,98 millions de dollars. L’Inde représente désormais 55,5 % des flux bilatéraux, tirée par une hausse de 11,7 % de ses exportations, alors que les ventes algériennes ont fléchi de 14,2 %.Les échanges actuels restent dominés par une complémentarité classique. Côté indien, les ventes vers l’Algérie se concentrent sur les produits pharmaceutiques, le riz, le polyéthylène (PET), l’acier, le fer et la viande désossée. Du côté algérien, les exportations reposent essentiellement sur les hydrocarbures tels que le GNL et le pétrole, ainsi que sur le phosphate, le méthanol et les engrais comme l’urée.L’enjeu de cette journée d’affaires à Bengaluru est précisément de faire évoluer cette dynamique commerciale vers la co-production. Pour les opérateurs indiens, le transfert de technologie et la fabrication locale, notamment dans la pharmacie et l’industrie manufacturière, constituent un relais de croissance stratégique. De son côté, l’Algérie vise à sécuriser des contrats d’approvisionnement à long terme dans l’énergie et les engrais tout en augmentant la valeur ajoutée créée sur son territoire.
En sus, et s’agissant de l’industrie des véhicules et engins mobiles, la société « Sonalica » a relancé la production de tracteurs en Algérie. De son côté, « Mahindra & Mahindra » apporte un soutien technique et assure le transfert de savoir-faire à un partenaire algérien dans une usine d’assemblage de tracteurs située à Tizi Ouzou.Dans les domaines des infrastructures et de l’énergie, « Shapoorji Pallonji International » a réalisé des projets de logements, d’hôpitaux et de stades, « Engineers India Limited » fournit des services d’ingénierie à distance pour Sonatrach, tandis qu’« IRCON International » concrétise un projet ferroviaire pour le compte de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF). Par ailleurs, les sociétés « Dodsal » et « Larsen & Toubro » ont déjà mené à bien des projets de gazoducs, d’hydrocarbures et de transport d’électricité au profit de Sonatrach et de Sonelgaz.Ces antécédents confèrent à la session un caractère hautement pratique, car les échanges ne partent pas d’hypothèses théoriques, mais de modèles indiens déjà implantés en Algérie à travers la co-production, le transfert de technologie, les services d’ingénierie, les travaux publics et l’énergie. La présentation de ces retours d’expérience devant la communauté d’affaires de Bengaluru permettra d’identifier les secteurs où ces modèles peuvent être répliqués, de faire le point sur les obstacles rencontrés par les entreprises et de cibler les partenaires locaux adaptés à chaque activité.
Mohamed B.






