Après une accumulation de tensions et de «pratiques hostiles»: Rupture avec les Émirats : des experts saluent une décision souveraine

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Des experts algériens ont salué la décision souveraine prise par l’Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Intervenant dans le cadre d’une émission spéciale diffusée sur les ondes de la Chaîne 1 de la Radio algérienne, ils ont estimé que cette décision était l’aboutissement d’une accumulation de pratiques jugées hostiles aux intérêts et à la stabilité du pays.

Selon les participants, la décision algérienne est intervenue face aux tentatives attribuées aux Émirats de porter atteinte à la stabilité de l’Algérie, de nuire à ses intérêts et d’agir au profit de certaines parties internationales et régionales.

« Une accumulation de comportements hostiles »

Le professeur de sciences politiques et de relations internationales, Idriss Attia, a affirmé que la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis n’avait pas été décidée sans raison. Selon lui, elle résulte d’une accumulation de comportements hostiles et de politiques dangereuses menées par le régime d’Abou Dhabi à l’égard de l’Algérie. Il lui a notamment reproché de chercher à influencer la situation intérieure du pays et à porter atteinte à son environnement régional immédiat. L’universitaire a également évoqué d’autres agissements observés par l’Algérie dans différents cadres régionaux et à plusieurs étapes de l’évolution des relations entre les deux pays. Idriss Attia a estimé que la dégradation des relations jusqu’à la rupture était la conséquence de comportements devenus inacceptables. Il a rappelé que l’Algérie avait, à plusieurs reprises, exprimé des avertissements et tracé des lignes rouges à travers les médias, sans que cela conduise, selon lui, les Émirats à mettre fin à leurs pratiques.

Les voies diplomatiques jugées « sans effet »

Pour le professeur Idriss Attia, la rupture des relations diplomatiques traduit le constat selon lequel les moyens diplomatiques ne permettaient plus de résoudre les différends entre les deux pays. Il a considéré que le dialogue diplomatique, sous ses différentes formes, n’était désormais plus en mesure de produire des résultats. L’universitaire a également estimé que les Émirats agissaient contre des États disposant d’ambitions stratégiques, parmi lesquels l’Algérie, qui maintient son refus de la normalisation avec Israël et de toute démarche visant à l’encourager ou à la légitimer. « Les Émirats jouent un rôle fonctionnel au service de l’entité sioniste et de certaines puissances occidentales et agissent au profit de forces qui cherchent à démanteler la région arabe », a-t-il déclaré. Idriss Attia a également évoqué le retrait des Émirats de l’Opep+, qu’il a présenté comme une tentative d’exercer une pression sur les pays membres dans la détermination des prix du pétrole. Il leur a en outre attribué plusieurs comportements qu’il qualifie de dangereux dans la région du Golfe. Concernant l’Afrique, il a accusé les Émirats de mettre en œuvre un agenda israélien dans la région du Sahel, notamment après l’action menée par l’Algérie pour empêcher Israël de siéger au sein de l’Union africaine.

L’Algérie aurait privilégié la retenue

De son côté, le professeur en sciences de l’information et de la communication, Hakim Boughrara, a salué le contenu du communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères. Il a estimé que le document avait exposé avec précision les différents éléments ayant conduit à la rupture des relations diplomatiques. Selon lui, l’Algérie a fait preuve de retenue et agi avec responsabilité face à de nombreuses situations qualifiées de provocatrices et d’hostiles de la part des Émirats arabes unis, qu’il a présentés comme des alliés d’Israël et du régime du Makhzen. Il a affirmé que, malgré les différentes mises en garde et les avertissements formulés, les Émirats avaient persisté dans leurs agissements à travers des provocations et des menaces visant, selon lui, la sécurité nationale et les intérêts de l’Algérie. Hakim Boughrara a également reproché aux Émirats de considérer les relations internationales comme un domaine soumis au chantage et à l’achat des consciences. L’universitaire a rappelé que l’Algérie avait toujours défendu la souveraineté et l’indépendance de sa décision. C’est dans ce cadre qu’il a inscrit la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

Un soutien populaire et politique à la décision

Évoquant les réactions enregistrées à l’intérieur et à l’extérieur du pays, Idriss Attia a souligné l’importance de la mobilisation populaire et politique en faveur de la décision algérienne. Il a estimé que la solidarité entre le peuple et les institutions de l’État témoignait de leur cohésion et traduisait le refus de toute atteinte aux intérêts souverains de l’Algérie. Selon lui, les différentes composantes de la classe politique ont insisté sur le caractère souverain de la décision de rompre les relations avec les Émirats arabes unis. Elles ont également rappelé que l’Algérie était souveraine dans ses choix et qu’elle restait libre de développer ses relations avec les pays de son choix ou d’y mettre un terme. Pour sa part, Abdelhakim Boughrara a considéré que le soutien populaire à la décision de l’État illustrait la solidité de la cohésion entre le peuple et les institutions. Il a enfin estimé que la menace attribuée aux Émirats était désormais visible à l’échelle internationale, évoquant un « large soutien international » qui traduirait, selon lui, un rejet de leurs pratiques.

Nora Mohamedi