Les autorités marocaines ont une nouvelle fois interdit l’accès au territoire du royaume à la militante française Claude Mangin-Asfari, à son arrivée, hier, à l’aéroport de Marrakech.
L’épouse du prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari entendait rendre visite à son conjoint, actuellement incarcéré à la prison locale de Marrakech. Pour ce déplacement, la militante était accompagnée d’une délégation officielle française composée de Philippe Bouyssou, maire de la ville d’Ivry-sur-Seine, et de Claire Delmotte, conseillère municipale. Bien que les deux élus locaux aient été autorisés à franchir les contrôles frontaliers pour accéder à la ville, Claude Mangin a fait l’objet d’une mesure d’expulsion immédiate dès son arrivée.La démarche de la délégation municipale d’Ivry-sur-Seine s’inscrivait dans le cadre d’un mandat officiel voté récemment par le conseil municipal de cette commune française. Lors d’une séance tenue le jeudi 8 octobre dernier, l’assemblée locale avait en effet adopté une résolution affirmant son soutien au combat mené par le détenu sahraoui pour sa liberté. Ce texte témoignait de la solidarité des institutions locales françaises face aux atteintes aux droits fondamentaux dénoncées dans ce dossier, tout en réclamant le respect des décisions émises par les mécanismes des Nations unies relatifs aux droits de l’homme.
Ce nouveau refoulement prolonge la privation de droit de visite dont souffre Claude Mangin depuis janvier 2019, en dépit de ses tentatives répétées pour se rendre auprès de son époux et s’assurer de son état de santé. Cette interdiction systématique pose la question du respect du droit à la vie familiale et des garanties d’accès aux détenus, tout en maintenant une pression psychologique constante sur la famille Asfari.
Le défenseur des droits humains sahraoui Naâma Asfari, figure emblématique du groupe de détenus dit de Gdeim Izik, a récemment mené une grève de la faim de 55 jours pour exiger la mise en œuvre des décisions émanant des instances internationales, et plus particulièrement du Comité contre la torture des Nations unies. Ce dernier s’est prononcé à plusieurs reprises sur ce dossier, demandant instamment l’annulation des charges retenues contre les membres du groupe et leur remise en liberté. L’interdiction de territoire opposée à Claude Mangin remet ainsi en lumière la situation humanitaire et juridique de ces détenus, alors que les appels des organismes internationaux se multiplient pour faire respecter les conventions fondamentales sur le droit de visite et la protection de la vie privée et familiale.
Sarah Cheriet






