Premier concert de l’Orchestre philharmonique international d’Algérie en présence du président Tebboune:La musique algérienne prend une nouvelle dimension

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L’Algérie franchit une nouvelle étape dans le développement de son paysage culturel et artistique avec le lancement officiel de l’Orchestre philharmonique international d’Algérie. Cette nouvelle institution musicale, réunissant 100 instrumentistes professionnels et 40 choristes, a donné, samedi soir, son premier concert à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh, en présence du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Organisé à l’occasion de la célébration du 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954, cet événement marque la concrétisation d’un projet destiné à promouvoir le patrimoine musical national, à favoriser les échanges artistiques internationaux et à renforcer la place de l’Algérie sur la scène culturelle mondiale.

Placée sous la direction artistique et exécutive du maestro Amine Kouider, fort de plus de trente années d’expérience internationale, cette formation ambitionne de conjuguer les richesses du répertoire musical algérien avec les grandes traditions symphoniques universelles.

Avant le début du concert, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présenté au chef de l’État les principales caractéristiques de cette nouvelle institution, ainsi que ses perspectives de développement. Elle a souligné que l’orchestre avait pour vocation de « faire rayonner la musique algérienne à l’international et initier le public algérien à la musique universelle ».

Selon la ministre, cette initiative permettra notamment de revisiter le patrimoine musical national à travers de nouvelles interprétations orchestrales et symphoniques, tout en ouvrant aux œuvres algériennes de nouvelles perspectives de diffusion et de reconnaissance à l’étranger.

À l’issue de cette présentation, le président Abdelmadjid Tebboune s’est félicité de la concrétisation du projet, dont il avait salué la création lors du Conseil des ministres du 23 février 2026. Il a insisté sur la nécessité d’accompagner le développement économique du pays par un essor culturel et artistique dans tous les domaines, afin de permettre à l’Algérie de renouer avec son rayonnement historique.

Une formation de 140 artistes issus de plusieurs horizons

L’Orchestre philharmonique international d’Algérie se distingue par la diversité de sa composition. Il rassemble 100 musiciens professionnels, accompagnés de 40 choristes. Parmi les instrumentistes figurent 70 Algériens, issus des compétences nationales et de la communauté algérienne établie à l’étranger, ainsi que 30 musiciens étrangers représentant douze pays.

Cuba, le Venezuela, l’Afrique du Sud, la Russie, la Chine, l’Italie, l’Allemagne, l’Égypte et la Tunisie figurent notamment parmi les pays représentés. Cette diversité traduit la volonté de faire de l’orchestre un espace de rencontre entre différentes écoles musicales, traditions artistiques et expériences professionnelles.

Sous la baguette d’Amine Kouider, cette formation entend développer une identité musicale capable de valoriser les œuvres nationales tout en s’inscrivant dans les standards internationaux de l’interprétation symphonique.

Son premier concert, auquel ont assisté de hauts responsables de l’État, des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique et un large public, a constitué la première manifestation officielle de cette ambition artistique. Le président de la République a également été honoré à cette occasion.

Des tournées nationales et internationales programmées

Au-delà de son installation à Alger, l’orchestre est appelé à se produire dans différentes régions du pays. Malika Bendouda a annoncé l’organisation de tournées artistiques à travers plusieurs villes et wilayas, y compris celles du Grand Sud, afin de permettre à un public plus large d’accéder aux spectacles symphoniques.

Des représentations dans les grandes capitales internationales sont également envisagées. L’objectif est de faire de cette institution un instrument de promotion de la création musicale algérienne et un vecteur d’échanges culturels avec le reste du monde.

Cette ouverture devrait également offrir aux musiciens algériens de nouvelles possibilités de collaboration avec des artistes étrangers, tout en contribuant à la diffusion internationale du répertoire national.

La formation musicale au cœur des prochaines réformes

La création de l’Orchestre philharmonique international s’inscrit dans une démarche plus large de développement de l’enseignement artistique en Algérie.

La ministre a rappelé que le pays dispose actuellement d’un réseau de formation comprenant l’Institut national supérieur de musique, cinq instituts régionaux et 17 annexes régionales. Ces établissements accueillent près de 700 étudiants, encadrés par plus de 200 enseignants.

À ce dispositif s’ajoutent 45 maisons de la culture ayant abrité des ateliers d’enseignement musical, constituant ainsi une base institutionnelle et humaine sur laquelle les pouvoirs publics entendent s’appuyer pour renforcer la formation et l’émergence de nouveaux talents.

Dans cette perspective, Malika Bendouda a annoncé la tenue prochaine des assises nationales de la réforme de la formation musicale. Cette rencontre devra contribuer à repenser l’organisation de l’enseignement artistique, à améliorer les parcours de formation et à accompagner les besoins des institutions musicales nationales.

L’ambition affichée est de faire de l’orchestre un pôle de référence autour duquel pourra se structurer une politique de formation plus cohérente, favorisant la professionnalisation des jeunes musiciens et le développement des compétences artistiques.

Vers la renaissance du Ballet national algérien

Autre annonce importante, la ministre de la Culture et des Arts a proposé la reconstitution du Ballet national algérien, dissous en 2016.

Cette proposition vise à réhabiliter une institution artistique nationale et à redonner une place à la création chorégraphique dans le paysage culturel algérien. Sa concrétisation permettrait de compléter le dispositif institutionnel consacré aux arts de la scène, aux côtés de l’orchestre philharmonique.

Malika Bendouda a également évoqué les grands projets d’infrastructures culturelles engagés dans le pays, notamment la création de trois salles de spectacle modernes de type Zénith à Tizi Ouzou, Batna et Oran.

À ces équipements devrait s’ajouter une grande salle de spectacles dans la capitale, annoncée avec une capacité d’accueil particulièrement importante. Ces réalisations ont pour objectif de renforcer les infrastructures dédiées aux manifestations artistiques et de favoriser l’organisation d’événements culturels de grande envergure.

Avec la création de son Orchestre philharmonique international, l’Algérie entend ainsi franchir un nouveau cap dans la structuration de son secteur musical. Entre valorisation du patrimoine, formation des jeunes talents, développement des infrastructures et ouverture sur les scènes étrangères, cette nouvelle institution porte l’ambition d’inscrire durablement la musique algérienne dans une dynamique de rayonnement national et international.

Yasmine Derbal