Selon les données de «Energy Research Unit»: 3,4 millions de barils de produits pétroliers exportés vers 8 pays en 2026

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Au cours des 9 premiers mois de l’année 2026, le paysage énergétique mondial a été profondément marqué par de nouvelles dynamiques commerciales et géopolitiques. Dans ce contexte en pleine mutation, l’Algérie a su tirer son épingle du jeu en faisant preuve d’une grande flexibilité logistique et commerciale.

Selon les données de l’Unité de recherche sur l’énergie (Energy Research Unit), le pays a expédié 9 cargaisons exceptionnelles de produits pétroliers par voie maritime entre les mois de janvier et septembre 2026. Ces opérations ponctuelles mais stratégiques ont représenté un volume global de 3,4 millions de barils et ont été acheminées vers huit nations réparties à travers le globe, incluant notamment le Sultanat d’Oman, l’Égypte et la Libye.

Cette réorientation temporaire des flux d’exportation intervient dans un climat d’instabilité marquée au Moyen-Orient, région actuellement secouée par de vives tensions liées au conflit en Iran. Cette situation complexe a engendré d’importantes perturbations du trafic maritime, particulièrement dans le détroit d’Hormuz, passage vital par lequel transite habituellement une part majeure des exportations pétrolières des pays du Golfe. Face aux risques accrus et aux incertitudes qui pèsent sur cette artère stratégique, plusieurs nations ont cherché à diversifier leurs approvisionnements en sollicitant des fournisseurs fiables et géographiquement stables, offrant ainsi à l’Algérie l’opportunité de répondre à des demandes urgentes et atypiques.Globalement, la production et les expéditions algériennes ont maintenu une cadence soutenue tout au long de cette période. Les exportations moyennes de produits pétroliers transformés se sont établies à environ 298 000 barils par jour durant les neufs premiers mois de l’année 2026. Ce volume marque un léger repli par rapport à la moyenne enregistrée au cours de la même période en 2025, où les volumes quotidiens dépassaient les 310 000 barils. Toutefois, cette légère diminution quantitative a été largement compensée par l’ouverture de nouveaux débouchés maritimes et la capacité des acteurs nationaux à capturer des opportunités sur des marchés d’ordinaire plus difficiles d’accès.Parmi l’ensemble des nations destinataires de ces cargaisons rares, le Sultanat d’Oman s’est hissé au tout premier rang. À lui seul, le pays a absorbé près de 1,4 million de barils sur le seul mois de septembre 2026. Cette transaction revêt un caractère exceptionnel puisqu’il s’agit seulement de la deuxième cargaison de ce type acheminée vers ce pays depuis de nombreuses années, la précédente remontant à décembre 2025 après une interruption presque totale constatée depuis 2017. L’Indonésie s’est également imposée comme un partenaire clé de cette dynamique d’exception en occupant la seconde place du classement. Le pays asiatique a réceptionné deux chargements distincts pour un volume cumulé de 960 000 barils, répartis entre une première livraison de 199 000 barils en avril et une seconde, plus conséquente, de 761 000 barils en août, marquant une reprise des échanges inédite depuis juin 2022.D’autres marchés historiques ou émergents ont également accueilli ces flux exceptionnels. Les États-Unis ont ainsi reçu plus de 313 000 barils au mois d’août 2026, signant une première opération du genre depuis mars 2023. En Europe de l’Est, la Bulgarie s’est portée acquéreuse de plus de 256 000 barils en mai, ce qui constitue son premier approvisionnement en produits algériens depuis septembre 2020. Sur le plan régional et continental, la Libye a réceptionné en avril une cargaison d’essence s’élevant à 251 000 barils, interrompant une pause commerciale entamée en octobre 2024. De leur côté, Taïwan avec 124 000 barils en septembre, l’Égypte avec plus de 44 000 barils en juin, et la Guinée avec plus de 24 000 barils en juillet ont toutes renoué avec les importations d’hydrocarbures algériens après plusieurs années de discontinuité.Parallèlement à ces expéditions ponctuelles, la structure des exportations régulières algériennes est restée dominée par des partenaires commerciaux solides et récurrents. La Corée du Sud conserve sa position de premier acheteur mondial de produits pétroliers algériens sur les trois premiers trimestres de l’année, malgré une baisse de sa demande moyenne, passée de 86 000 barils par jour en 2025 à 61 000 barils par jour en 2026. Les États-Unis occupent la deuxième place des importateurs réguliers avec une moyenne de 58 000 barils par jour, suivis de près par le Japon qui enregistre un volume quotidien de 28 000 barils. Enfin, le marché européen conserve toute sa place dans cette géographie commerciale : la Belgique se classe au quatrième rang mondial avec un volume moyen de 26 000 barils par jour, en hausse par rapport à l’année précédente, tandis que la France ferme ce classement des cinq principaux acheteurs avec une moyenne quotidienne réévaluée à 19 000 barils.

Selma Dey