Pour l’économiste Abderrahmane Hadef: L’Algérie joue la carte de la compétitivité durable à Moscou

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Dans une tribune d’analyse consacrée au 8esommet du Forum des pays exportateurs de gaz organisé à Moscou, le consultant international en développement économique Abderrahmane Hadef décrypte les grandes manœuvres du marché énergétique mondial. Le gaz naturel s’est métamorphosé, il a dépassé le simple statut de marchandise pour devenir un outil éminemment stratégique de sécurité économique, d’attractivité industrielle et de rayonnement international.

Dans ce paysage reconfiguré par des mutations géopolitiques profondes, la participation de l’Algérie confirme sa position centrale d’acteur garant de la stabilité des marchés et prolonge les engagements pris lors du précédent sommet d’Alger.Face à des marchés volatils, l’impératif premier réside dans la recherche d’un équilibre prévisible entre les besoins d’approvisionnement des consommateurs et les exigences de rentabilité des producteurs. Pour l’Algérie, la préservation de son rang de partenaire privilégié de l’Europe ne peut plus reposer uniquement sur l’avantage géographique ou sa réputation historique de fiabilité. La concurrence contemporaine impose une compétitivité renouvelée qui exige la modernisation continue des infrastructures extractives, la réduction de l’empreinte carbone et l’adoption d’innovations technologiques capables d’optimiser les coûts opérationnels.Sur le plan continental, le projet de Gazoduc Transsaharien reliant le Nigeria, le Niger et l’Algérie constitue une initiative majeure d’intégration économique. Au-delà du simple acheminement des molécules de gaz vers les marchés extérieurs, ce méga-projet vise à faire émerger un véritable corridor industriel en favorisant la création d’emplois, le développement logistique et la coopération technique régionale. Toutefois, la réussite concrète de cette infrastructure demeure conditionnée par la levée de défis complexes, notamment le montage financier, la viabilité commerciale à long terme, la sécurisation du tracé et la coordination géopolitique entre les États traversés.En outre, la vision stratégique défendue par l’expert préconise un changement de paradigme pour le modèle économique algérien. L’objectif ultime n’est pas seulement de maintenir des volumes d’exportation élevés, mais d’adosser l’exploitation des ressources gazières au développement du tissu industriel national. L’intégration du secteur des hydrocarbures avec l’écosystème des entreprises locales, l’introduction de l’intelligence artificielle dans la gestion des installations et la transition vers les énergies renouvelables constituent les leviers indispensables pour créer une valeur ajoutée durable sur le sol national. a diplomatie énergétique algérienne doit désormais se traduire par des réalisations concrètes sur le terrain. La présence active du pays dans les instances internationales trouve sa pleine justification lorsque les convergences politiques se concrétisent sous forme de partenariats technologiques, d’investissements directs et de transferts de compétences. C’est à cette condition que l’Algérie effectuera pleinement sa transition d’un statut de puissance exportatrice de matières brutes vers celui d’une puissance économique productive et intégrée dans l’économie globale.

Sonia Stambouli