Le président de la République l’a souligné hier au sommet du Forum des pays exportateurs de gaz à Moscou: «L’Algérie restera un partenaire fiable et crédible en matière de sécurité énergétique»

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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a mis en avant, hier, le rôle de la Déclaration d’Alger, issue du 7e sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), abrité par l’Algérie en 2024, dans la consécration de la place stratégique du gaz naturel dans le système mondial de sécurité énergétique.

Dans une allocution adressée aux participants au 8e Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz, qui se tient à Moscou (Russie), lue par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, le président de la République a relevé que « deux années se sont écoulées depuis que l’Algérie a eu l’honneur d’accueillir le 7e Sommet, couronné par la Déclaration d’Alger, que nous évoquons avec fierté pour son rôle dans la consécration de la place stratégique du gaz naturel dans le système mondial de sécurité énergétique, tout en nous réjouissant de voir ses principes devenir une réalité tangible ». « Alors que l’Algérie passe le flambeau de la présidence du Sommet à la Fédération de Russie amie, elle lui souhaite plein succès ». Faisant remarquer que le Forum a renforcé ses capacités par la création, lors de son 7e Sommet, de l’Institut de recherche sur le gaz (GRI), basé à Alger, le président de la République a relevé que l’Algérie « n’a ménagé aucun effort, en sa qualité de pays hôte, pour mettre à disposition tous les moyens nécessaires afin d’assurer son fonctionnement optimal au service de l’ensemble des membres ». Il a, en outre, appelé le Forum, à travers le GRI, à jouer « un rôle plus approfondi dans la diffusion des technologies de réduction des émissions, de captage, d’utilisation et de stockage du carbone, ainsi que dans l’amélioration de l’efficacité énergétique, en recourant à la numérisation et à l’intelligence artificielle ».

Le chef de l’Etat, a appelé, en outre, à un dialogue constructif autour d’un cadre réglementaire consensuel, à même de garantir la sécurité des investissements et de les orienter vers les régions qui en ont le plus besoin, soulignant que les investissements majeurs dans les infrastructures gazières nécessitent des cadres réglementaires stables et une juste valorisation du gaz, notamment dans le cadre des contrats à long terme.

Il a précisé que l’industrie gazière « évolue désormais dans un environnement particulièrement complexe, tiraillé entre les impératifs de la sécurité énergétique et les exigences de la transition climatique, sur fond de profondes mutations réglementaires et d’une reconfiguration géopolitique sans précédent ».

Dans ce contexte, l’élaboration des politiques énergétiques relève du « droit souverain » de chaque Etat, a soutenu le président de la République, prévenant que « les législations fluctuantes alimentent les perturbations des marchés, freinent les investissements et compromettent la sécurité des approvisionnements ». Il a relevé, dans ce contexte, que « l’injection de milliards de dollars dans les infrastructures gazières exige des cadres réglementaires stables et une juste valorisation du gaz, notamment dans le cadre des contrats à long terme ». « De cette tribune, nous appelons à un dialogue constructif devant aboutir à un cadre réglementaire consensuel garantissant la sécurité des investissements et permettant de les orienter vers les régions qui en ont le plus besoin », a dit le président de la République. La participation de l’Algérie à ce sommet s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération internationale et de l’intensification de la coordination entre les pays producteurs de gaz, notamment au regard des mutations que connaissent les marchés mondiaux de l’énergie et des défis géopolitiques et économiques actuels. Ce sommet revêt une importance particulière au vu des dossiers inscrits à son ordre du jour, qui portent notamment sur les perspectives de développement des marchés du gaz, le renforcement de la sécurité énergétique, le développement des infrastructures, le recours aux technologies de pointe dans le domaine de la production, et la consolidation de la coopération entre les Etats membres qui détiennent une part importante des réserves et de la production mondiales de gaz naturel.

La participation de l’Algérie à ce rendez-vous international s’inscrit dans le prolongement de son rôle actif au sein du Forum des pays exportateurs de gaz, notamment après avoir abrité, en mars 2024, le 7e Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement des pays membres.

La Déclaration d’Alger avait souligné l’importance du renforcement de la coordination et de la coopération entre les pays producteurs de gaz, en vue de contribuer à la stabilité des marchés, à la protection des intérêts communs et à la promotion d’un dialogue stratégique entre les différents acteurs de l’industrie gazière pour relever les défis auxquels le secteur de l’énergie est confronté et réaffirmer le rôle pivot du gaz naturel dans l’avenir énergétique mondial.

Pour rappel, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, avait indiqué, auparavant, que le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, est passé de la phase des études de faisabilité à celle de la concrétisation sur le terrain, renforçant ainsi la sécurité des approvisionnements énergétiques.

Il a précisé que ce projet stratégique incarne l’intégration énergétique régionale, à travers la valorisation des ressources gazières du Nigeria et leur raccordement, via le Niger, au réseau gazier algérien, en vue de leur exportation vers les marchés internationaux, notamment européens. Le passage à la phase de concrétisation sur le terrain fait suite à l’adoption de l’étude de faisabilité actualisée, en juin 2026, et au lancement officiel, le 4 juin, des travaux du tronçon algérien du gazoduc dans la wilaya d’Adrar, a-t-il ajouté, soulignant que l’importance du projet ne se limite pas au renforcement de la sécurité des approvisionnements énergétiques, mais englobe également le soutien à l’intégration régionale, le développement des infrastructures et la valorisation des ressources naturelles africaines, contribuant ainsi à stimuler le développement économique du continent. Dans le même sillage, le ministre d’Etat a rappelé que l’Algérie œuvre, dans le cadre de la vision du président de la République, à permettre aux pays africains d’exploiter leurs ressources énergétiques, mettant en avant les efforts du groupe Sonatrach en matière de transfert de technologie vers les pays africains.Il a mentionné, à cet égard, les projets de Sonatrach au Niger, ainsi que les projets prévus au Sénégal et en Namibie, soulignant que le groupe public s’emploie à aider ce pays à développer ses infrastructures énergétiques dans le domaine des hydrocarbures.Concernant la coopération énergétique avec la Russie, M. Arkab a fait état de trois grands projets communs en Algérie où des résultats « très positifs » sont enregistrés, appelant de ses vœux l’élargissement du partenariat à d’autres domaines, en particulier les services pétroliers dans les puits et le transport du gaz. L’Algérie bénéficie de la confiance de ses clients grâce au respect de ses engagements contractuels, un point salué par les Etats membres du Forum des pays exportateurs de gaz lors de la réunion ministérielle, a-t-il dit, relevant l’importance de la présence d’un pays comme l’Algérie, qui dispose de l’expertise et des moyens nécessaires pour honorer ses engagements contractuels sur le marché gazier. S’agissant des conclusions de la réunion ministérielle préparatoire au 8e Sommet du Forum, prévu mardi, M. Arkab a insisté sur l’importance de réunir les conditions propices aux investissements, compte tenu de leur rôle dans le développement de la production et la stabilité du marché gazier, indiquant que plusieurs grandes compagnies internationales opérant dans le secteur des hydrocarbures manifestent leur intérêt pour participer à l’appel d’offres « Algeria Bid Round 2026 ».

T. Benslimane