L’ouverture du colloque international sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontaliers et la lutte contre la pollution à Tlemcen, s’est déroulé en présence de représentants de 26 pays, d’experts et de chercheurs issus de 19 pays, ainsi que d’organisations gouvernementales, avec pour objectif de trouver des solutions pour protéger les ressources en eau contre la pollution, à la suite des risques majeurs auxquels sont exposés l’oued Mouilah et le barrage de Boughrara en raison des déchets en provenance de la ville marocaine d’Oujda.
La présidente du colloque international a expliqué, lors de son discours d’ouverture, que l’eau est la base de la vie et le moteur du développement économique et social, mais qu’elle fait face aujourd’hui à des défis sans précédent, au premier rang desquels figure l’ampleur de la pollution qui la menace. Elle a souligné que cette pollution ne connaît pas de frontières géographiques, ce qui exige de la coopération et de la complémentarité au lieu de devenir une source de tension, faisant ainsi référence à la situation environnementale grave qui menace des milliers d’hectares agricoles le long de la ligne de contact avec le Maroc. Elle a déclaré : « Nous espérons que cette conférence sera une opportunité pour échanger les expertises, rechercher des solutions durables pour protéger les ressources en eau et renforcer le dialogue scientifique », tout en signalant que le succès de la conférence dépend de sa capacité à transformer les connaissances en initiatives concrètes. De son côté, le recteur de l’Université de Tlemcen n’a pas caché le fait que l’eau constitue un pilier central pour atteindre la sécurité hydrique, mais qu’elle se heurte désormais à des défis, notamment la pollution, ce qui nécessite une intervention et une coordination internationales pour protéger les eaux transfrontalières ainsi que le développement de solutions et de technologies de pointe. Il a ajouté : « Nous attendons de cette conférence qu’elle passe en revue les solutions technologiques et les méthodes techniques permettant de consolider la paix et la stabilité. » La secrétaire générale de la wilaya de Tlemcen est allée encore plus loin en soulignant, de manière marquante, que la protection de la nature est devenue un choix stratégique et une responsabilité nationale liée à la sécurité alimentaire. Il s’agit d’une allusion claire au fait que la pollution des eaux et des barrages représente une menace directe pour la sécurité alimentaire, appelant ainsi à renforcer les capacités d’assainissement et à exploiter la recherche scientifique pour protéger les ressources en eau et combattre la pollution, conformément aux directives du président de la République appelant à préserver l’environnement. Elle a affirmé que les eaux transfrontalières revêtent une importance stratégique, ce qui rend la coordination et l’échange d’informations d’une importance capitale, en particulier à la lumière de la pollution que connaissent les frontières ouest à Tlemcen. Par ailleurs, le ministre de l’Enseignement supérieur, dans une allocution lue en son nom par un cadre de l’université, mise sur l’utilisation de la recherche scientifique pour concrétiser la sécurité hydrique et améliorer la qualité de l’eau. Il a révélé l’orientation de son secteur vers la création d’une association réunissant des chercheurs algériens et africains afin de développer la coopération africaine dans le domaine des ressources en eau.
La rencontre a été marquée par la projection d’un film documentaire illustrant les risques majeurs de pollution ayant touché l’oued Mouilah et le barrage de Boughrara, tous deux situés sur la ligne de démarcation à la frontière algéro-marocaine. Les rejets de 400 unités industrielles de la ville marocaine d’Oujda les ont transformés en marécages, provoquant de graves répercussions pour des milliers d’agriculteurs en raison de concentrations de produits chimiques dépassant 400 fois les normes internationalement admises. Le barrage d’Abadla, l’un des plus célèbres de la wilaya de Béchar, n’a pas non plus été épargné par ces retombées environnementales, consécutives à l’assèchement des nappes phréatiques.
Meryam M.






