Lors d’un débat particulièrement tendu sur le plateau de la chaîne d’information BFMTV, l’ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères sous la présidence de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, est vivement intervenu contre la rhétorique de l’extrême droite française à l’égard de l’Algérie.
Alors qu’il s’emploie actuellement à rassembler les parrainages indispensables pour porter sa candidature à la prochaine élection présidentielle, le fondateur du mouvement République solidaire a exprimé sa profonde inquiétude face à la détérioration continue des rapports entre Paris et Alger. Refusant catégoriquement ce qu’il identifie comme une logique brutale de rapport de force, l’ancien chef de la diplomatie française a lancé un appel pressant au redressement de la relation bilatérale avant qu’un point de non-retour ne soit franchi.
Au cours des échanges, l’ancien Premier ministre a fermement rejeté la politique de confrontation permanente qu’il juge non seulement stérile mais également irresponsable. Qualifiant l’état actuel des rapports franco-algériens d’inacceptable, il a soutenu qu’il était indispensable de retrouver le chemin du dialogue constructif afin d’établir des points d’entente durables. Selon sa lecture des événements, la surenchère verbale et l’escalade des tensions témoignent d’un manque flagrant de professionnalisme dans la conduite des affaires étrangères, s’apparentant à une diplomatie du bord du gouffre qui nuit aux intérêts stratégiques de la France.
Cette prise de position sans concession répondait directement aux attaques formulées sur le plateau par Marion Maréchal, figure marquante de la droite nationale et nièce de Marine Le Pen. Dans une posture délibérément offensive, cette dernière s’en est prise de manière virulente à la communauté algérienne établie en France, proférant des déclarations jugées stigmatisantes et racistes en qualifiant certains de ses membres de fauteurs de troubles ou en évoquant de prétendus abus en matière de congés maladie. Face à la sérénité conservée par son interlocuteur, Marion Maréchal a tenté de déstabiliser Dominique de Villepin en l’accusant d’être l’ami personnel du président algérien Abdelmadjid Tebboune. Conservant son calme, l’ancien ministre des Affaires étrangères a répliqué en interrogeant la pertinence politique d’une telle démarche, demandant si le fait de désigner systématiquement l’Algérie comme un bouc émissaire permettait d’apporter la moindre solution concrète aux défis communs.Poursuivant son argumentation, le représentant de la tradition gaulliste s’est fermement opposé aux réclamations incessantes des courants de droite et d’extrême droite qui exigent la dénonciation unilatérale de l’accord migratoire franco-algérien de 1968. Dominique de Villepin a mis en lumière l’incohérence fondamentale consistant à réclamer l’annulation d’un traité bilatéral tout en exigeant simultanément des concessions de la part du gouvernement algérien pour résoudre une crise qui s’étire depuis plus de deux ans. Il a rappelé les règles élémentaires du droit et des usages internationaux, soulignant qu’une convention établie entre deux nations souveraines ne peut être modifiée ou abrogée sans une négociation et un accord formel entre les deux parties concernées.Par ailleurs, l’ancien Premier ministre a dresse un bilan critique des stratégies de fermeté portées par plusieurs figures politiques de droite, notamment par l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Selon lui, les tentatives passées d’imposer un bras de fer à l’Algérie se sont soldées par un échec diplomatique évident. Il a également déploré la facilité avec laquelle le sujet algérien est instrumentalisé au sein du débat public français, affirmant que l’extrême droite déroule le tapis rouge à un discours de rejet systématique dès que le nom de l’Algérie est évoqué.Ce n’est pas la première fois que l’ancien chef de la diplomatie exprime son désaccord face à l’orientation donnée à la politique étrangère française sous la présidence d’Emmanuel Macron. Dominique de Villepin avait déjà averti que la politique de surenchère et de blocage venait complexifier inutilement la résolution de nombreux dossiers particulièrement délicats.
Mohamed B.






