Le projet de station de dessalement de l’eau de mer de Marsa Ben M’Hidi, dans la wilaya de Tlemcen, franchit une nouvelle étape avec l’achèvement des études techniques et la préparation du lancement des travaux de construction.
D’une capacité finale de 300 000 mètres cubes par jour, cette infrastructure stratégique doit contribuer à sécuriser l’approvisionnement en eau potable de trois millions d’habitants de Tlemcen et des wilayas voisines.Le président-directeur général du groupe Sonatrach, Nourredine Daoudi, a effectué, samedi 24 octobre, une visite d’inspection sur le chantier de la future station de dessalement, implantée sur la plage d’Aïn-Adjroud, dans la commune de Marsa Ben M’Hidi. Il était accompagné du P-DG du groupe Cosider, Hamid Khemliche, et de celui de l’Algérienne des Eaux de Dessalement (ADC), Lahcen Bada, en présence des autorités locales.Cette visite a permis de faire le point sur l’avancement du projet, notamment les opérations d’aménagement du terrain et les préparatifs précédant le lancement des travaux de bétonnage. Les responsables ont également pris connaissance des dispositifs de contrôle et de suivi numérique mis en place pour assurer la supervision des différentes étapes de réalisation.
Une première tranche de 150 000 m³ par jour
Selon le directeur général adjoint de l’ADC, Mouloud Hachlaf, la première phase du projet est désormais achevée. Celle-ci comprend les études d’ingénierie, l’élaboration des plans des infrastructures, les études relatives aux travaux maritimes ainsi que la sélection des équipements nécessaires au fonctionnement de la station. Les équipes techniques se concentrent actuellement sur les opérations préparatoires d’aménagement du site, avant l’engagement des travaux de construction proprement dits. Le responsable a assuré que les différentes phases de réalisation progressent conformément au calendrier établi et aux exigences techniques fixées, avec pour objectif une livraison dans les délais prévus. À sa mise en service partielle, la station disposera d’une première capacité de production de 150 000 mètres cubes d’eau potable par jour. Cette première tranche constituera une étape importante dans le renforcement de l’approvisionnement en eau de la région, avant l’atteinte de la capacité nominale de 300 000 mètres cubes quotidiens.
1,3 million de m³ de terre déjà excavés
De son côté, le directeur central de Cosider Canalisations, Sami Ghezala, a fait état d’une progression soutenue des travaux préparatoires. Il a notamment annoncé l’achèvement des opérations d’excavation, qui ont nécessité l’extraction d’environ 1,3 million de mètres cubes de terre. Cette opération d’envergure ouvre la voie à la réalisation des principaux ouvrages de la station, dont les travaux devraient débuter dans les prochains jours. La construction se poursuivra ensuite par étapes successives, depuis la mise en place des infrastructures jusqu’à l’installation des équipements techniques et au lancement de la production d’eau potable. Confiée à Cosider Canalisations, filiale du groupe Cosider spécialisée dans les grandes infrastructures hydrauliques, la future installation occupera une superficie de 15 hectares. Elle fonctionnera selon le procédé de l’osmose inverse, une technologie permettant de transformer l’eau de mer en eau potable grâce à un système de filtration par membranes.
1 500 emplois attendus
Au-delà de son importance pour l’approvisionnement en eau potable, le projet devrait également générer des retombées économiques et sociales pour la région. Selon les données communiquées lors de la visite, sa réalisation et sa mise en exploitation devraient permettre la création de 1 500 emplois, dont 100 postes permanents dès l’entrée en service de la première tranche. À terme, la station devra assurer une production quotidienne de 300 000 mètres cubes d’eau potable, destinée à couvrir une partie des besoins de trois millions d’habitants de la wilaya de Tlemcen et de plusieurs wilayas limitrophes.
Trois nouvelles stations pour renforcer la sécurité hydrique
La station de Marsa Ben M’Hidi s’inscrit dans le programme complémentaire de dessalement approuvé lors du Conseil des ministres d’octobre 2024, présidé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ce programme prévoit la construction de trois nouvelles stations dans les wilayas de Tlemcen, Mostaganem et Chlef, chacune dotée d’une capacité de production pouvant atteindre 300 000 mètres cubes d’eau potable par jour. Ensemble, ces trois infrastructures représenteront une capacité supplémentaire potentielle de 900 000 mètres cubes quotidiens, destinée à consolider l’alimentation en eau potable des populations et à réduire la pression exercée sur les barrages et les nappes souterraines. Le développement de ces installations s’inscrit dans la stratégie nationale de diversification des ressources hydriques, qui accorde une place croissante au dessalement de l’eau de mer face aux tensions sur les ressources conventionnelles. À l’horizon 2030, l’Algérie ambitionne de porter sa capacité de production d’eau dessalée à 5,6 millions de mètres cubes par jour. La réalisation de la station de Marsa Ben M’Hidi constitue ainsi l’un des projets structurants de ce programme, destiné à renforcer durablement la sécurité hydrique dans l’Ouest du pays et à mieux répondre à l’évolution des besoins des populations et des activités économiques.
Yasmine Derbal






