Réforme du Conseil de sécurité de l’ONU: L’Algérie mène le combat pour la représentation de l’Afrique

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À l’occasion des récents travaux de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, la diplomatie algérienne a une nouvelle fois pris la parole pour porter un message fort, exigeant et résolument tourné vers l’équité internationale.

S’exprimant, jeudi, devant la tribune des Nations unies lors d’un débat de haut niveau consacré à la représentation équitable et à l’augmentation du nombre des membres du Conseil de sécurité, le Représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, l’ambassadeur Amar Bendjama, a martelé l’urgence absolue d’accélérer la réforme de l’organe exécutif de l’organisation mondiale. Ce discours s’inscrit dans la continuité d’un engagement diplomatique constant en faveur des nations du Sud et marque une étape cruciale dans la recherche d’un équilibre géopolitique mondial plus juste.

Dans son intervention, l’ambassadeur algérien a mis en évidence les dysfonctionnements profonds et les limites structurelles qui paralysent fréquemment le Conseil de sécurité dans sa mission première, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Selon le diplomate, l’architecture actuelle du Conseil, façonnée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale en 1945, ne reflète plus du tout la réalité géopolitique contemporaine. Les blocages récurrents, l’usage abusif du droit de veto et l’incapacité à prévenir ou à résoudre de multiples conflits dévastateurs témoignent d’un système à bout de souffle. Cette paralysie institutionnelle pèse de manière disproportionnée sur le continent africain, qui demeure le théâtre principal des opérations de maintien de la paix et des décisions stratégiques adoptées à New York, sans pour autant disposer d’une voix décisionnelle permanente au sein de cette instance stratégique. S’appuyant sur les orientations ambitieuses définies dans le Pacte pour l’Avenir, véritable feuille de route adoptée par la communauté internationale pour moderniser les structures globales des Nations unies, Amar Bendjama a rappelé à l’ensemble des États membres leurs responsabilités morales et politiques. Il a affirmé que l’avenir du multilatéralisme repose impérativement sur la métamorphose du Conseil de sécurité en un organe pleinement démocratique, transparent, efficace et véritablement représentatif de la diversité du monde actuel. Sans une refonte en profondeur, la crédibilité de l’ensemble de l’appareil diplomatique onusien risque d’être définitivement compromise aux yeux des peuples. Au cœur de cette argumentation réside la nécessité d’éliminer ce que la diplomatie algérienne qualifie d’injustice historique subie par l’Afrique. Bien que le continent africain compte cinquante-quatre États membres, représentant plus d’un quart des nations siégeant à l’Assemblée générale, il demeure la seule région du monde privée de siège permanent doté du droit de veto. Cette marginalisation prolongée constitue une anomalie flagrante au regard de l’évolution démographique, politique et économique du continent. Pour corriger ce déséquilibre flagrant, le représentant algérien a réitéré le soutien indéfectible de son pays à la Position africaine commune, rigoureusement formalisée à travers le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Cette position consensuelle exige l’attribution à l’Afrique d’au moins deux sièges permanents dotés de l’ensemble des prérogatives et des privilèges attachés à ce statut, y compris le droit de veto, ainsi que de cinq sièges non permanents répartis de façon équitable entre les différentes sous-régions du continent. Amar Bendjama a insisté sur le fait que cette exigence ne constitue pas une simple concession politique ou une faveur accordée à l’Afrique, mais bel et bien un rattrapage historique légitime et indispensable. Traiter l’Afrique comme un cas particulier au sein des négociations intergouvernementales permettrait non seulement de réparer un préjudice historique, mais insufflerait également une légitimité nouvelle et incontestable aux décisions rendues par le Conseil. En se faisant le porte-voix des aspirations africaines, l’Algérie confirme son rôle central d’acteur majeur de la diplomatie continentale et internationale. Forte de son histoire marquée par la lutte anticoloniale et de son positionnement stratégique au sein du mouvement des non-alignés, l’Algérie démontre sa capacité à articuler les préoccupations du monde arabe et de l’Afrique au sein des enceintes les plus prestigieuses. Cette démarche traduit une volonté d’instaurer un ordre international fondé sur le respect du droit, le dialogue d’égal à égal et le refus de toute hégémonie. Amar Bendjama a réaffirmé la pleine disponibilité de l’Algérie à coopérer de manière constructive, pragmatique et suivie avec l’ensemble des partenaires internationaux. L’objectif demeure la concrétisation d’une réforme globale, ambitieuse et sincère de la gouvernance sécuritaire mondiale. Dans un monde de plus en plus fragmenté et sujet à des tensions géopolitiques majeures, la voix de l’Algérie résonne comme un appel solennel à la refondation des règles du jeu international pour construire une paix universelle, fondée sur la justice, l’inclusion et la dignité de toutes les nations.

Mohamed B.