Réseau électrique: 1 535 vols et dégradations coûtent 819 millions de DA à Sonelgaz

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Les atteintes visant les installations électriques prennent une ampleur préoccupante en Algérie. Le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables fait état de 1 535 actes ayant ciblé les équipements et les câbles électriques du groupe Sonelgaz, pour des pertes financières estimées à 819 millions de dinars. Une situation qui pèse sur l’exploitation du réseau et peut provoquer des perturbations dans l’alimentation en électricité.

Le directeur de l’information au ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Khalil Hadna, a alerté, mercredi, sur la progression des vols et des dégradations touchant les infrastructures électriques, en particulier les câbles en cuivre et en aluminium. Intervenant dans l’émission « L’Invité du matin » de la Chaîne I de la Radio nationale, il a indiqué que ces actes représentent désormais une charge importante pour Sonelgaz, aussi bien sur le plan financier que sur celui de la continuité du service.Selon les chiffres communiqués, 1 535 atteintes aux installations électriques ont été recensées. Elles ont notamment entraîné des perturbations et des coupures affectant les réseaux de transport et de distribution de l’électricité.Au-delà des dommages causés aux équipements, leur impact financier est conséquent. Les pertes matérielles enregistrées par Sonelgaz ont atteint 819 millions de dinars, selon le responsable.ace à cette situation, Khalil Hadna a insisté sur la responsabilité collective dans la protection des infrastructures énergétiques. Il a notamment mis en avant le rôle des citoyens dans le signalement des actes de vol ou de dégradation susceptibles d’affecter les installations électriques.La protection du réseau constitue un enjeu d’autant plus important que toute atteinte à ses équipements peut avoir des répercussions directes sur la qualité et la continuité de l’alimentation en électricité. Le remplacement des câbles et la remise en état des installations endommagées mobilisent également des moyens financiers et techniques qui viennent alourdir les charges de l’opérateur.

Le monoxyde de carbone au cœur de la prévention

Parallèlement à la sécurisation des infrastructures électriques, le secteur de l’énergie se prépare à l’arrivée de la saison froide. Le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables a ainsi lancé une campagne nationale anticipée de prévention contre les risques d’intoxication au monoxyde de carbone. Cette opération est menée en coordination avec le groupe Sonelgaz et la Direction générale de la Protection civile. Elle vise à renforcer la vigilance des ménages à l’approche de l’hiver, période durant laquelle l’utilisation des appareils de chauffage augmente fortement. Gaz particulièrement dangereux, le monoxyde de carbone nécessite une prévention rigoureuse, notamment à travers le contrôle des équipements avant leur remise en service. Khalil Hadna a ainsi appelé les citoyens à respecter les recommandations de sécurité et à procéder à la vérification et à l’entretien de leurs appareils avant le début de la période de chauffage. Une attention particulière doit également être accordée aux dispositifs d’alerte installés dans les logements. Le responsable a notamment insisté sur la nécessité de contrôler l’état des piles des détecteurs de monoxyde de carbone mis en place par Sonelgaz. Selon les données communiquées, 22 millions de détecteurs ont été installés dans les foyers et logements au cours des trois dernières années. L’efficacité de ces appareils dépend toutefois de leur bon fonctionnement et de leur entretien. La campagne de prévention entend ainsi rappeler aux ménages les gestes essentiels à adopter avant l’hiver, en particulier la vérification des installations et des systèmes d’alerte. Cette action préventive s’inscrit dans une démarche visant à réduire les risques liés à l’utilisation des appareils de chauffage et à renforcer la culture de prévention au sein des foyers.

Hydrogène vert : l’Algérie mise sur le South2 Corridor

Sur un autre volet, le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables poursuit ses projets liés à la transition énergétique. Khalil Hadna est notamment revenu sur le South2 Corridor, projet stratégique destiné au transport de l’hydrogène vert depuis l’Afrique du Nord vers les marchés européens. Ce corridor doit permettre d’acheminer une énergie propre produite notamment grâce aux ressources solaires et éoliennes. Pour l’Algérie, le projet constitue un axe majeur de coopération énergétique avec l’Europe et s’inscrit dans la stratégie de diversification du secteur. Le dispositif reposera sur un réseau de canalisations reliant l’Afrique du Nord au sud de l’Europe. L’Algérie sera reliée à l’Italie en passant par la Tunisie, avant que le corridor ne se prolonge vers l’Autriche, l’Allemagne et d’autres pays d’Europe centrale.

La longueur totale du tracé devrait atteindre environ 3 000 kilomètres.

Le projet se trouve actuellement en phase d’études et de développement. Cette étape devrait être achevée en 2027, selon les indications fournies par Khalil Hadna. Le calendrier prévoit ensuite la réalisation des infrastructures nécessaires, avec une mise en service progressive envisagée à partir de 2030. À terme, le South2 Corridor doit permettre de créer une nouvelle liaison énergétique entre les deux rives de la Méditerranée et d’accompagner le développement d’une filière algérienne de l’hydrogène vert. Pour l’Algérie, les enjeux sont multiples. Il s’agit d’abord de valoriser son potentiel dans les énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, mais également d’attirer de nouveaux investissements et de bénéficier des technologies nécessaires au développement d’une nouvelle industrie énergétique. Le projet doit également contribuer à diversifier les exportations énergétiques du pays dans un contexte de transformation progressive des marchés mondiaux de l’énergie. Khalil Hadna a souligné que le corridor s’inscrit dans la coopération énergétique déjà engagée entre l’Algérie et l’Europe. Sa réalisation pourrait accélérer la transition vers des sources d’énergie plus diversifiées tout en renforçant la place de l’Algérie dans les futurs circuits d’approvisionnement européens.

Quatre millions de tonnes par an à terme

Les ambitions affichées sont importantes. À terme, les prévisions évoquées portent sur l’exportation de quatre millions de tonnes d’hydrogène vert par an.

Ce volume représenterait, selon les données présentées, environ 10 % de la demande européenne en énergie propre à l’horizon 2040. Au-delà de l’exportation, le développement de cette filière pourrait favoriser l’arrivée de nouveaux investissements et l’acquisition de technologies dans un domaine appelé à prendre une place croissante dans les politiques énergétiques. Le South2 Corridor apparaît ainsi comme l’un des projets structurants de la coopération énergétique entre l’Algérie et l’Europe. Sa concrétisation doit permettre au pays de s’appuyer sur son expérience dans les infrastructures énergétiques tout en préparant une diversification progressive vers de nouvelles sources d’énergie. Entre protection des installations existantes et préparation des filières énergétiques de demain, les enjeux évoqués par le ministère couvrent ainsi deux temporalités. À court terme, la priorité porte sur la sécurisation du réseau électrique, la réduction des actes de vol et de dégradation ainsi que la prévention des accidents domestiques liés au monoxyde de carbone. À plus long terme, l’objectif est de positionner l’Algérie dans la nouvelle configuration énergétique régionale, avec l’hydrogène vert comme l’un des axes de coopération avec l’Europe. La lutte contre les atteintes aux infrastructures reste cependant un défi immédiat. Avec 1 535 actes recensés et 819 millions de dinars de pertes, la sécurisation des équipements de Sonelgaz constitue un enjeu économique autant qu’un impératif pour assurer la continuité et la fiabilité de l’alimentation électrique.

Yasmine Derbal