Rapport de l’OPEP (Août 2026): Le Sahara Blend conserve son attractivité sur les marchés des hydrocarbures

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Le rapport du mois d’août 2026 de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) met en lumière la poursuite des mutations sur le marché pétrolier mondial. Cette période a été marquée par un repli des cours en juillet, tandis que le brut algérien « Sahara Blend » a maintenu son attractivité auprès des raffineries grâce à ses caractéristiques techniques et sa proximité avec les marchés européens, alors que les prévisions de la demande s’orientent vers une amélioration progressive au cours du dernier trimestre 2026 et de l’année 2027.

Selon le rapport mensuel de l’OPEP, la moyenne du panier de référence de l’OPEP (ORB) a enregistré en juillet une baisse de 6,76 dollars par baril, soit un recul de 7,5 %, pour s’établir à 82,99 dollars le baril. Le prix du brut de référence Brent a également chuté à 83,97 dollars le baril (en baisse de 0,46 dollar), tandis que le West Texas Intermediate (WTI) est descendu à 79,22 dollars le baril, enregistrant un repli de 2,57 dollars.Le « Sahara Blend » se distingue par une densité supérieure à 44 degrés API et une teneur en soufre inférieure à 0,1 %, des caractéristiques qui en font un brut léger et doux particulièrement prisé par les raffineries, notamment européennes. Selon les données disponibles, le prix du brut algérien est estimé à environ 83,79 dollars en juillet. Cela s’inscrit dans un contexte où l’Algérie poursuit son rôle au sein de l’alliance « OPEP+ » et de la Déclaration de coopération (DoC), l’ensemble de la production de brut des pays signataires ayant augmenté de 1,42 million de barils par jour en juillet pour atteindre 37,66 millions de barils par jour. Concernant les liquides de gaz naturel et les condensats (NGLs), les prévisions du rapport tablent sur une croissance de la production des pays de l’alliance de 0,1 million de barils par jour en 2026, pour atteindre 8,8 millions de barils par jour, avec une hausse équivalente attendue en 2027. Cela ouvre des perspectives supplémentaires pour l’Algérie afin de renfoncer les investissements liés aux condensats et aux liquides de gaz. Au niveau du secteur du raffinage, le volume mondial de raffinage a augmenté d’environ 1,4 million de barils par jour en juillet, avec un taux d’utilisation des raffineries dépassant les 78 %, parallèlement à l’amélioration des marges de raffinage dans des hubs majeurs comme Rotterdam, le golfe du Mexique et Singapour.L’amélioration de l’activité de raffinage, associée à la demande de bruts légers, doux et à faible teneur en soufre, devrait soutenir l’attractivité du « Sahara Blend », en particulier auprès des raffineries en quête de bruts présentant des spécifications techniques adaptées aux procédés de transformation et à la production de dérivés à forte valeur ajoutée. Sur le plan de la demande, l’OPEP prévoit un redressement progressif du marché pétrolier au cours du dernier trimestre 2026, qui se prolongera en 2027. Les estimations du rapport indiquent une croissance de la demande mondiale d’environ 0,6 million de barils par jour en 2026, avant d’atteindre environ 2,2 millions de barils par jour en 2027, principalement tirée par la demande des pays non membres de l’OCDE (à hauteur de 1,8 million de barils par jour). Une hausse de la demande de fioul domestique et de distillats dans les pays de l’OCDE est également attendue, de l’ordre de 70 000 barils par jour au quatrième trimestre 2026, puis de 100 000 barils par jour au premier trimestre 2027. S’y ajoute une reprise escomptée de la demande de charges pétrochimiques, notamment le naphta et le gaz de pétrole liquide (GPL), en Chine et sur les marchés asiatiques, ce qui pourrait offrir des opportunités supplémentaires pour les exportations algériennes de gaz et d’hydrocarbures liquides.Par ailleurs, les données relatives aux stocks commerciaux des pays de l’OCDE témoignent d’un resserrement relatif du marché : ils ont diminué de 26,4 millions de barils en juin pour s’établir à 2,729 milliards de barils. Ces stocks restent inférieurs de 66,5 millions de barils à la moyenne des cinq années précédentes, tandis que les jours de couverture sont tombés à 58,7 jours, soit 1,9 jour de moins que la moyenne quinquennale. Ces niveaux de stocks relativement bas constituent un facteur de soutien pour les prix, susceptibles de limiter les risques de chutes brutales en cas d’amélioration de la demande ou de contraction de l’offre disponible. Cela pourrait se répercuter favorablement sur les bruts légers, dont le « Sahara Blend » algérien, compte tenu de ses propriétés et de sa proximité géographique avec les marchés européens. Sur la base de ces données, l’Algérie dispose d’opportunités réelles pour renforcer la valeur ajoutée de son secteur des hydrocarbures en développant ses capacités de raffinage et en tirant profit des marges mondiales, ce qui lui permettrait d’accroître ses exportations de produits dérivés au lieu de se limiter à l’exportation de pétrole brut.

Sonia Stambouli