Règlement pacifique de la crise au Sahel: La députée française Chikirou souligne le rôle incontournable de l’Algérie

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Face à l’impasse sécuritaire et politique dans le Sahel, la voix de l’Algérie résonne plus que jamais comme un passage obligatoire.

C’est le constat dressé par la députée française Sophia Chikirou, du parti politique dirigé par Jean-Luc Mélenchon, « La France insoumise » dans une question écrite adressée au chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot. Évoquant l’échec des interventions militaires au Mali, la parlementaire appelle Paris à réévaluer sa stratégie et à reconnaître le rôle central d’Alger dans la recherche d’une solution pacifique et politique durable dans la région du Sahel.

La députée française Sophia Chikirou, membre du parti « La France insoumise », a souligné le rôle central que pourrait jouer l’Algérie dans tout règlement politique de la crise au Mali. Elle a mis en évidence qu’elle demeure un acteur incontournable et un partenaire régional indispensable dans tout processus de solution, au vu de ses frontières communes avec Bamako, ainsi que de son rôle historique de parrain de l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation de 2015.

Sophia Chikirou a adressé une question écrite au ministre d’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans laquelle elle a invité le gouvernement français à procéder à une révision globale de ses politiques militaires et diplomatiques dans la région du Sahel. Elle a ajouté que les opérations « Serval » et « Barkhane » se sont soldées par un échec politique et sécuritaire après plus d’une décennie d’intervention militaire au Mali. À ce propos, la députée française a appelé à clarifier la position de Paris quant au rôle que peut jouer l’Algérie pour trouver une issue politique à la crise malienne, et à révéler la nature des contacts entretenus par Paris avec l’Algérie sur ce dossier. Elle a ajouté que les attaques coordonnées ayant visé la capitale malienne Bamako, la ville de Kati ainsi que plusieurs villes du nord du Mali les 25 et 26 avril derniers constituent une preuve évidente de l’échec de la stratégie française, malgré les milliards dépensés et les milliers de soldats déployés depuis le lancement de l’opération « Serval » en 2013. Elle a estimé que toute médiation ou dialogue indirect avec certaines composantes des groupes armés reste lié aux dynamiques régionales, avec en tête la capacité de l’Algérie à influer sur les parties au conflit, ajoutant que Paris ne peut ignorer ce rôle. Elle a également souligné que ces développements confirment les limites de la reliance exclusive sur la solution militaire, appelant à un traitement politique des racines de la crise plutôt que de se contenter de traquer les groupes armés. Par ailleurs, elle a exigé du gouvernement français qu’il tire les leçons de l’échec politique, militaire et diplomatique des opérations « Serval » et « Barkhane », et qu’il procède à une évaluation critique globale allant au-delà du rapport publié par le Sénat français en 2023 concernant l’intervention au Sahel.

Rym Hamzaoui

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