Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a mis en avant, lundi à Alger, l’importance de la souveraineté sanitaire nationale, soulignant qu’elle ne saurait se limiter au seul développement de la production locale de médicaments. Celle-ci englobe également la maîtrise des circuits de distribution ainsi que la valorisation des compétences des professionnels du secteur, notamment les pharmaciens.
S’exprimant à l’ouverture de la 19e conférence pharmaceutique nationale organisée par le Syndicat national des pharmaciens privés (SNAPO), sous le thème « L’officine algérienne à l’orée d’un nouveau modèle : une souveraineté sanitaire et élargissement des missions du pharmacien », le ministre, dont l’allocution a été lue en son nom par le chef de cabinet Khalil Reda Hadj Mati, a affirmé que cet événement s’inscrit dans une dynamique d’accompagnement des profondes transformations que connaît le secteur de la santé. Il a précisé que cette rencontre traduit la volonté des pouvoirs publics de développer la pratique pharmaceutique et de renforcer le rôle du pharmacien dans le système de santé, en adéquation avec les défis actuels et les attentes croissantes des citoyens. Dans ce contexte, M. Aït Messaoudene a relevé que la pharmacie algérienne se trouve aujourd’hui à un tournant décisif, appelant à dépasser les missions traditionnelles pour s’orienter vers un modèle moderne fondé sur l’efficacité et la proximité avec le citoyen. Il a rappelé que le pharmacien est désormais un acteur incontournable du système de santé et un partenaire clé dans les domaines de la prévention, du traitement et de l’orientation des patients. Le ministre a également insisté sur le caractère désormais incontournable de l’élargissement des missions du pharmacien, dicté par les mutations sanitaires actuelles. Il a notamment évoqué les enjeux liés à la rationalisation de la consommation des médicaments, à la lutte contre l’automédication non contrôlée, à la prévention de l’addiction aux substances psychotropes, ainsi qu’au renforcement de l’éducation sanitaire. À cela s’ajoute, selon lui, la participation accrue des pharmaciens aux programmes de santé publique, en particulier aux campagnes de prévention et de dépistage précoce, qui constituent des axes majeurs de la politique sanitaire nationale. Par ailleurs, M. Aït Messaoudene a souligné la nécessité d’accompagner cette évolution par des réformes structurelles profondes. Celles-ci passent, a-t-il indiqué, par le renforcement du cadre juridique et réglementaire, la numérisation de l’activité pharmaceutique, la modernisation des méthodes de gestion et de pratique, ainsi que par une meilleure intégration entre les différents professionnels de la santé dans un processus de soins coordonné. Estimant que l’édification d’un modèle pharmaceutique moderne constitue un investissement stratégique au service de la santé du citoyen, le ministre a affirmé que cette démarche s’inscrit dans la vision de l’État visant à mettre en place un système de santé solide, résilient et capable de faire face aux différents défis, tout en garantissant un service de qualité. Enfin, il a appelé à une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs du secteur, autorités publiques, organismes professionnels et pharmaciens, dans le cadre d’une approche participative fondée sur la coordination et la complémentarité, afin de poursuivre le développement de la pratique pharmaceutique et de consolider la place du pharmacien au sein du système de santé.
Manel A






