Phosphate: Vers 12 millions de tonnes de production et un cap export fixé à 2027

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L’expert en développement économique, Abderrahmane Hadef, a estimé que les décisions issues de la dernière réunion du Conseil des ministres traduisent un tournant majeur dans la gouvernance de l’économie nationale. Selon lui, l’Algérie a franchi un cap en passant d’une gestion conjoncturelle à une approche stratégique de long terme, fondée sur une vision prospective et intégrée.

Intervenant ce lundi dans l’émission « Invité du matin » de la Chaîne I de la Radio nationale, l’expert a souligné que les projets miniers, notamment ceux liés au phosphate, s’inscrivent dans une dynamique globale incluant le développement des infrastructures et la structuration d’un système économique cohérent. Cette approche vise à renforcer la position de l’Algérie sur la scène économique internationale. Il a précisé que ces projets doivent être appréhendés dans leur capacité à générer de la valeur ajoutée, en contribuant à la sortie progressive du modèle économique basé sur les hydrocarbures, au profit d’un modèle diversifié et créateur de richesse. Dans ce contexte, Abderrahmane Hadef a mis en avant le rôle stratégique du phosphate, particulièrement dans un environnement international marqué par des crises multiples. Ce minerai, essentiel à la production d’engrais chimiques utilisés dans l’agriculture, constitue un levier direct de sécurité alimentaire, tout en étant utilisé dans plusieurs industries, notamment pharmaceutiques et de détergents. Selon lui, les évolutions des marchés mondiaux et des chaînes d’approvisionnement offrent à l’Algérie une opportunité réelle de s’imposer parmi les grands producteurs et exportateurs de phosphate et d’engrais. L’expert a également relevé que les autorités publiques adoptent une nouvelle approche fondée sur la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’extraction jusqu’à la commercialisation, en passant par le transport et la logistique. Dans cette optique, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a instruit le ministre du secteur d’accélérer la mise en œuvre des projets afin d’atteindre la phase d’exportation à l’horizon mars 2027, notamment à partir du gisement de Blad El Hadba. Ce dernier est considéré comme l’un des projets stratégiques majeurs du pays, avec des réserves estimées entre un et deux milliards de tonnes. Sa mise en exploitation devrait considérablement renforcer les capacités d’exportation nationales. Parallèlement, le complexe de Oued El Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras, est appelé à jouer un rôle déterminant dans la valorisation du phosphate, en permettant sa transformation en produits finis à forte valeur ajoutée à moyen terme. Abderrahmane Hadef a également souligné que l’Algérie dispose d’une base industrielle solide dans le domaine de la valorisation des ressources minières et de la production d’engrais, avec une capacité actuelle comprise entre 5 et 7 millions de tonnes par an. Les besoins du marché national, estimés entre 200 000 et 300 000 tonnes, laissent un excédent significatif orienté vers l’exportation. Enfin, l’expert a indiqué que les projets en cours devraient permettre de porter la production à environ 12 millions de tonnes annuelles de phosphate et d’engrais, renforçant ainsi la position de l’Algérie à l’échelle régionale et internationale, aux côtés de son statut de producteur majeur d’hydrocarbures. Amine Chabouni

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