Fibrillation atriale: Une montre connectée détecte 4 fois plus de cas qu’un suivi classique

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Les montres connectées franchissent-elles un cap médical décisif ? Longtemps perçus comme de simples gadgets technologiques, certains objets connectés commencent à démontrer un réel intérêt clinique.

Une étude scientifique récente révèle qu’une montre dotée d’une fonction électrocardiogramme (ECG) permet de détecter jusqu’à quatre fois plus de fibrillations atriales (FA) chez des patients à risque que les méthodes classiques de suivi.

Un trouble cardiaque souvent invisible

La fibrillation atriale est un trouble du rythme cardiaque majeur, responsable d’un nombre important d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et d’insuffisances cardiaques. Son principal danger réside dans son caractère souvent silencieux : de nombreux épisodes sont asymptomatiques et échappent donc à toute détection. À ce jour, aucun programme de dépistage généralisé n’est réellement en place, en raison des limites des méthodes disponibles. Les moniteurs cardiaques implantables nécessitent une intervention invasive et restent coûteux, ce qui empêche leur généralisation, même si la Société européenne de cardiologie recommande un dépistage à partir de 65 ans chez les personnes à haut risque d’AVC. Les électrocardiogrammes réalisés à domicile exigent quant à eux une implication active du patient. D’autres techniques, comme la photopléthysmographie — qui mesure les variations du flux sanguin par capteur optique — nécessitent systématiquement une confirmation par ECG en consultation.

Une étude randomisée concluante

C’est dans ce contexte que des chercheurs de l’Amsterdam University Medical Center ont évalué l’efficacité d’une smartwatch intégrant à la fois un capteur de photopléthysmographie et une fonction électrocardiogramme. Les résultats ont été publiés dans le Journal of the American College of Cardiology. Au total, 437 personnes présentant des facteurs de risque de fibrillation atriale ont participé à cet essai randomisé d’une durée de six mois. Les participants ont été répartis en deux groupes : l’un équipé d’une Apple Watch avec fonction ECG, l’autre bénéficiant d’une prise en charge standard comprenant, si nécessaire, des examens conventionnels du rythme cardiaque. Les résultats sont significatifs : 9,6 % des patients porteurs de la montre ont été diagnostiqués avec une fibrillation atriale, contre seulement 2,3 % dans le groupe suivi de manière classique. Plus marquant encore : 57,1 % des cas détectés grâce à la montre étaient totalement asymptomatiques et seraient probablement restés inconnus sans ce dispositif.

Une prise en charge mieux adaptée

Au-delà du simple dépistage, l’utilisation de la montre connectée a permis une adaptation plus précise des traitements. Tous les patients diagnostiqués ont bénéficié d’un traitement anticoagulant pour réduire le risque d’AVC. Les médecins ont également ajusté plus finement la prise en charge médico-chirurgicale en fonction des caractéristiques du trouble du rythme. Le recours aux médicaments antiarythmiques a été plus fréquent dans le groupe équipé de la montre, traduisant une stratégie thérapeutique plus personnalisée.

Vers un dépistage à grande échelle ?

Ces résultats confirment qu’un dépistage à distance, simple et continu de la fibrillation atriale est désormais possible grâce aux montres connectées intégrant un ECG. Après des années de prudence et de mises en garde face à la fiabilité variable des objets connectés, certains dispositifs semblent aujourd’hui atteindre un niveau de maturité scientifique suffisant pour s’imposer comme de véritables outils de santé publique. Reste désormais à savoir si ces technologies seront intégrées à grande échelle dans les stratégies nationales de prévention des AVC, notamment chez les populations à risque.

Neila M

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