1,35 milliard de dollars pour relancer l’exploration pétrolière: Alger accélère les partenariats énergétiques

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L’Algérie renforce sa dynamique dans le secteur des hydrocarbures en misant sur l’intensification de l’exploration et la multiplication des partenariats internationaux. C’est ce qu’a affirmé Mme Wassila Houmel, directrice de la transformation et de la commercialisation des hydrocarbures et de la distribution des produits pétroliers, à l’occasion de son intervention dans l’émission « L’Invité du matin » sur la Chaîne I de la Radio nationale, à l’occasion du 55e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures.

La responsable a souligné que, depuis l’indépendance, l’Algérie a accompli des avancées significatives dans le développement de son secteur énergétique. Le défi stratégique actuel consiste, selon elle, à renforcer les capacités de prospection et d’exploration afin de satisfaire les besoins croissants du marché national en gaz et en pétrole, tout en préservant la position du pays comme partenaire fiable sur les marchés internationaux. Dans cette perspective, la période 2025-2026 a été marquée par un doublement du rythme de signature des contrats de partenariat avec des opérateurs étrangers dans les domaines de l’exploration et du développement. Parmi les accords majeurs figure le décret présidentiel du 7 janvier 2026 approuvant un contrat d’hydrocarbures relatif au périmètre « Zemoul El Kbar », conclu entre Sonatrach et la société italienne Eni, pour un investissement estimé à 1,35 milliard de dollars. Au cours de l’année 2025, cinq autres contrats ont été signés avec des partenaires internationaux, notamment la société chinoise Sinopec dans le périmètre de Hassi Berkine Nord, ainsi que TotalEnergies, QatarEnergy et Repsol. Ces accords s’inscrivent dans le cadre de l’application de la loi sur les hydrocarbures n° 19-13, qui vise à accroître les capacités nationales de production de gaz et de pétrole et à renforcer l’attractivité du secteur pour l’investissement étranger. Mme Houmel a également révélé que Sonatrach a conclu cinq contrats supplémentaires pour l’exploration et le développement de champs gaziers avec des compagnies internationales, pour une valeur globale de 606 millions de dollars. Cette dynamique traduit l’élargissement du périmètre des activités d’exploration et confirme la confiance des partenaires étrangers dans le potentiel énergétique algérien. Au niveau des activités aval, l’Algérie a adopté une stratégie visant à porter les capacités de transformation de 32 % actuellement à 50 % à l’horizon 2029. L’objectif est de renforcer la valeur ajoutée nationale et de générer de nouveaux emplois, notamment dans les secteurs du raffinage et de la pétrochimie. S’agissant des infrastructures, la responsable a détaillé un dispositif conséquent. Le réseau de transport du pétrole brut et des condensats comprend 22 systèmes de pipelines totalisant près de 21.190 kilomètres, 85 stations de compression et 128 réservoirs de stockage d’une capacité nominale avoisinant 4,3 millions de tonnes équivalent pétrole. Il comprend également deux centres de distribution des liquides et du gaz, 12 stations de chargement au niveau des quais portuaires et cinq stations offshore en haute mer, notamment à Arzew, Skikda et Béjaïa. Pour le gaz naturel, l’Algérie dispose de dix systèmes de transport par pipelines d’une longueur totale de 11.735 kilomètres, avec une capacité de transport atteignant 192 millions de tonnes équivalent pétrole par an. Le réseau comprend aussi 34 stations de compression et un centre de distribution à Hassi R’mel, d’une capacité de 390 millions de mètres cubes par jour, recevant l’ensemble de la production nationale avant son orientation vers le marché local ou l’exportation. Malgré une augmentation annuelle de la consommation nationale de gaz estimée à 3,7 %, les résultats à l’exportation demeurent jugés positifs. Les infrastructures existantes permettent de maintenir l’équilibre entre la satisfaction de la demande intérieure et les engagements extérieurs, consolidant ainsi la position de l’Algérie comme fournisseur fiable sur un marché énergétique mondial marqué par les fluctuations. En conclusion, Mme Houmel a affirmé que la nouvelle stratégie énergétique et les mesures engagées visent à renforcer durablement les capacités nationales et à ancrer la place de l’Algérie comme partenaire énergétique crédible et stable, aussi bien à l’échelle régionale qu’internationale.

Sarah Cheriet

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