Violence dans les stades: La FAF frappe fort, mais…

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Dernièrement, on évoquait sur ces mêmes colonnes, la recrudescence de la violence et de l’intimidation, notamment dans les stades de la Ligue 2.

On a aussi déploré la perte d’un jeune supporter à Mostaganem. Un drame qui est passé presque inaperçu, d’autant que la FAF, par le biais de son président, s’est seulement contentée d’envoyer un message de condoléances à la famille du défunt. Une banalisation de la violence qui a conduit à de nouveaux incidents graves, cette fois à Constantine lors d’un match tout à fait ordinaire de la Ligue 1 entre le CSC et l’USMA. Le pire a été évité de justesse. Au vu de l’ampleur des dégâts et de l’envahissement du terrain, c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu des pertes humaines. Mais les dégâts matériels sont considérables, on dirait qu’un ouragan est passé par là. Le stade Hamlaoui rénové, il n’y a pas encore une année, faut-il le rappeler, a été complètement dévasté. Les images et les vidéos circulant sur les réseaux sociaux sont saisissantes au point où la Fédération ne pouvait plus rester sans réaction. A travers un communiqué publié, hier, sur son site officiel, elle annonce des mesures radicales suite à ces incidents et ces actes inouïes de vandalisme.   La FAF « regrette et déplore les actes de violence et de vandalisme qui se sont produits au stade Chahid-Hamlaoui de Constantine à l’issue de la rencontre CS Constantine vs USM Alger », peut-on lire sur le communiqué. Du coup, le Comité d’urgence de la FAF réuni, hier, en la circonstance, a décidé d’imposer le huis clos pour l’ensemble des matchs des deux prochaines journées (28e et 29e) du championnat de la Ligue 1, ainsi qu’une interdiction de déplacement des supporters lors de la 30e et dernière journée. Des sanctions à la mesure des dépassements enregistrés à Constantine, mais encore une fois les bons payent pour les mauvais. A cause d’un comportement condamnable et irresponsable d’une frange de supporters d’un club, tout le monde est puni. Certains trouvent ça normal, d’autant que le championnat chez nous a beaucoup de détracteurs. C’est une bonne occasion de lui tomber dessus. Il reste que le problème de la violence dans le football, qui n’est pas propre à l’Algérie au demeurant, doit être traité avec minutie, intelligence méthodologie et pragmatisme. Ces sanctions aussi spectaculaires soient-elles, ne le résoudront pas encore moins les phrases toutes faites comme celle que vient de publier la FAF et dans laquelle elle assure qu’elle « est résolument engagée à prendre toutes les mesures nécessaires pour éradiquer ce phénomène de violence et assurer que les stades restent des lieux de convivialité et de respect mutuel ». La violence dans les stades, ou dans le football d’une manière générale, a toujours existé et existera toujours, il ne sert à rien de la nier. Maintenant la vraie question est de savoir comment la gérer pour atténuer ses effets dévastateurs. Cela pourrait se faire si on se penche sérieusement sur la question en formant d’abord les stadiers et surtout faire de la prévention en ciblant les matchs et les supporters à risques. On doit également cibler et sanctionner sévèrement les fauteurs de troubles et non pas mettre tout le monde dans le même sac. Les décisions populistes calmeront la rue un moment, mais elles ne résoudront pas le problème pour autant.

Ali Nezlioui

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