Les veillées du Ramadhan à Constantine revêtent un caractère singulier, marqué par l’afflux des familles et des jeunes qui, après la rupture du jeûne et la prière des tarawih, convergent vers les monuments historiques, religieux et les espaces patrimoniaux de la wilaya, en quête de promenade et de dépaysement à l’issue d’une longue journée de jeûne, de travail et de courses.
L’esplanade faisant face au pont de Sidi M’Cid, communément appelé « le pont des Cordes », constitue un point d’attraction privilégié pour les familles en quête d’un panorama vertigineux depuis les hauteurs du vieux rocher de Cirta.Le regard s’ouvre vers le nord sur le plateau de Bekira et la commune de Hamma Bouziane, tandis que, de l’autre côté, la perspective embrasse les ponts suspendus, le téléphérique et le jardin de Sousse, dans un tableau nocturne où se conjuguent élévation, lumière et profondeur des gorges du Rhumel.Au pied du pont de Bab El Kantara, le jardin de Sousse, suspendu au-dessus des parois rocheuses, se dresse comme un espace d’exception où la nature dialogue harmonieusement avec l’ingénierie.Les éclairages artistiques qui le mettent en valeur, ainsi que son environnement immédiat, lui confèrent une esthétique remarquable.Ses espaces verts se transforment alors en aire sécurisée pour les enfants et en lieu de quiétude pour les parents, propice à la contemplation dans une atmosphère sereine.Le « monument aux morts » connaît, lui aussi, une affluence croissante durant les soirées de Ramadhan, après avoir bénéficié d’une opération d’aménagement comprenant la réhabilitation des espaces environnants, l’installation de bancs et la création de vastes zones d’accueil adaptées aux familles et aux jeunes.Dominant la ville et à l’écart des nuisances sonores, ce site offre une halte idéale où l’air pur se mêle au silence inspirant la méditation.Depuis le sommet de ce patrimoine historique, se déploie un panorama saisissant, conjuguant émerveillement et fascination, et offrant au visiteur un instant de clarté intérieure, loin de l’agitation diurne.Des plaques explicatives apposées sur ses parois permettent par ailleurs de découvrir l’histoire du lieu et sa portée symbolique.Le parcours se prolonge vers la mosquée Emir Abdelkader, qui apparaît au loin comme un édifice spirituel rayonnant de lumière. Son architecture singulière, sa coupole et ses deux minarets composent une silhouette majestueuse, conférant au site une dimension spirituelle particulière.L’esplanade qui l’entoure devient un vaste espace de détente pour les familles, un lieu privilégié pour immortaliser des souvenirs collectifs dans une atmosphère empreinte de calme et de sérénité après la prière des tarawih. M. Bilal Zibouch, inspecteur principal au service du tourisme à la direction du Tourisme et de l’Artisanat, a souligné que l’affluence croissante vers ces espaces durant le mois de Ramadhan reflète l’importance de disposer de lieux ouverts et aménagés, répondant au besoin des familles et des jeunes de se détendre.Il a précisé que l’éclairage artistique a contribué à réintégrer plusieurs monuments dans les parcours quotidiens des habitants, soulignant que cette dynamique dépasse la seule dimension esthétique, renforçant le lien collectif au patrimoine local, en faisant des monuments historiques des espaces d’interaction.Parmi les présents, M. Yacine Bendjedou a indiqué que les sorties vers le monument aux morts ou les hauteurs de Sidi M’Cid après les tarawih sont devenues une nécessité pour le corps et l’ésprit.Mme Amina Boucherit a, pour sa part, affirmé que ses soirées passées avec ses enfants sur l’esplanade de la mosquée Emir Abdelkader leur offrent un espace de jeu sécurisé et nourrissent en eux un attachement au lieu et à son histoire.
M.E.H






