Tindouf devient un pôle national de compétences minières: 288 000 inscrits et un centre d’excellence pour accompagner les grands projets

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La wilaya de Tindouf confirme son positionnement stratégique dans la nouvelle carte industrielle nationale. La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nacima Arhab, a annoncé, dimanche, la transformation de l’Institut national spécialisé de formation professionnelle (INSFP) du chef-lieu en Centre d’excellence dédié aux métiers des mines, afin d’accompagner les grands projets liés à ce secteur.

L’annonce a été faite lors du lancement officiel de la session de février 2026 de la formation professionnelle, organisée dans la wilaya. Pour la ministre, le choix de Tindouf pour abriter cet événement reflète sa montée en puissance en tant que pôle industriel prometteur, à la lumière des projets stratégiques décidés par le président de la République. La session de février enregistre plus de 288 000 nouveaux inscrits à travers le pays, tous modes de formation confondus. Le secteur constitue, selon la ministre, un pilier essentiel d’une économie fondée sur les compétences et les qualifications. Les offres de formation ont été orientées vers les filières prioritaires en cohérence avec les besoins du marché du travail et les choix économiques de l’État. Cette réorientation s’appuie sur une plateforme nationale de prospective fondée sur les données des opérateurs économiques et des grands projets nationaux. Dans le secteur industriel, le nombre d’inscrits a augmenté de 53,10 %, notamment dans les industries mécaniques, pharmaceutiques et pétrochimiques, traduisant un soutien direct au parcours industriel national et au renforcement de la souveraineté économique. Les métiers du numérique enregistrent la progression la plus importante avec une hausse de 116,85 %. Environ 20 000 spécialistes seront formés en programmation, cybersécurité, analyse de données et intelligence artificielle afin d’accompagner la transformation numérique et l’économie de la connaissance. Le secteur agricole connaît une progression de 16,24 %, tandis que le bâtiment et les travaux publics affichent une hausse de 31,97 %, en réponse à la demande croissante en main-d’œuvre qualifiée pour les grands chantiers.

Un accompagnement direct des projets miniers

La ministre a précisé qu’environ 1 000 postes recherchés par les opérateurs ont été recensés, notamment dans l’industrie. Une cartographie spécifique des besoins du secteur minier a été réalisée, en particulier pour la ligne ferroviaire minière et la mine de fer de Gara Djebilet. Un programme national de suivi des besoins en compétences a également été lancé, soutenu par une plateforme numérique développée avec l’Agence algérienne de promotion de l’investissement. Cette initiative a permis d’identifier près de 250 nouvelles spécialités dans 20 wilayas, avec une projection d’environ 10 000 emplois à l’horizon 2029.

Numérisation et entrepreneuriat au cœur du dispositif

La généralisation de l’inscription électronique sans papier se poursuit, parallèlement au renforcement de la plateforme d’apprentissage reliant établissements de formation et opérateurs économiques. Dans le domaine de l’entrepreneuriat, le réseau des centres de développement de l’entrepreneuriat compte désormais 183 centres à travers le pays, regroupant plus de 50 000 jeunes diplômés et stagiaires. L’Algérie s’est classée première mondiale lors de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat 2025 en nombre d’activités organisées. Plusieurs lauréats de l’Olympiade nationale des métiers participeront également aux compétitions internationales WorldSkills, représentant pour la première fois l’Algérie.

Coopération et insertion professionnelle

La ministre a rappelé l’inauguration de l’Institut africain de formation professionnelle à Boumerdès, où plus de 500 bourses ont été accordées à des stagiaires étrangers issus de plus de 40 pays, dans le cadre de la coopération continentale. Les bénéficiaires de l’allocation chômage peuvent désormais accéder à des formations qualifiantes afin de faciliter leur insertion professionnelle. Parallèlement, une opération d’acquisition d’équipements pédagogiques et d’amélioration des conditions de formation a été lancée. Trois conventions ont été signées entre la direction de la formation professionnelle de Tindouf et des entreprises nationales des travaux publics et ferroviaires. Elles prévoient l’accueil de stagiaires en formation pratique, l’échange d’expertises et la mise à jour des programmes en fonction des besoins des entreprises, ainsi que le perfectionnement des travailleurs.

Un programme de terrain au cœur de la visite

La ministre, accompagnée des autorités locales, a visité les ateliers de l’INSFP Mohamed-Merzougui avant de lancer une nouvelle promotion en entrepreneuriat. Sa visite comprend également la mine de Gara Djebilet et son unité de traitement primaire, le centre de formation Mohamed-Belouizdad du quartier Tindouf-Lotfi, un atelier de conduite et maintenance d’engins de chantier, le lancement d’une promotion de maîtres d’apprentissage ainsi que la gare ferroviaire du chef-lieu. À travers cette transformation de l’INSFP en centre d’excellence et l’adaptation de la formation aux besoins industriels, le secteur entend faire de la qualification des ressources humaines un moteur direct de la diversification économique nationale.

Hakima Halimi

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