Securité routiére : Pertes humaines et financières s’elevant 100 milliards de dinars/an

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Photo conception L'Echo d'Algérie@

Les accidents de la route à l’origine du décès de milliers de personnes sont appelés à diminuer à la faveur de l’application des dispositions de la nouvelle loi sur la sécurité routière. Les bilans de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie nationale démontrent que le nombre d’accidents en ce début d’année et en hausse.

Cependant l’on peut compter sur l’application de la nouvelle loi sur la sécurité routière faisant appel à des «moyens répressifs» pour corriger le phénomène que l’on dit occasionné, en premier lieu par le facteur humain ainsi que l’état des véhicules. Aussi citons l’introduction du permis à points en vue de minimiser les accidents de la circulation en veillant au respect de la vitesse requise et au contrôle «périodique» du véhicule. Intervenant hier sur les ondes de la Radio nationale, dans l’émission l’Invité de la rédaction, Ahmed Naït El Hocine directeur du centre national de prévention et de sécurité routière a tenté d’expliquer le phénomène.

Pour cet expert, la recrudescence des accidents durant le mois du Ramadhan, notamment quand celui-ci coïncide avec la période estivale, est due à la somnolence et aux cas de fatigue ressentis. Il estime que l’intervention de tout un chacun est préconisée en vue de diminuer le phénomène. Il rappelle que pour cette année, l’on a fait appel à l’intervention du ministère des Affaires religieuses afin de consacrer un «prêche spécial» pour sensibiliser les conducteurs. L’initiative étant bonne toutefois insuffisante. D’autres mesures sont prises en compte en ce sens. Il s’agit en fait du traditionnel dispositif de lutte contre les accidents de la route, ou encore l’intensification des opérations de contrôle sur les grands axes routiers et précisé- ment durant la nuit. Rappelons que les pouvoirs publics entendent créer prochainement, deux structures de pré- vention routière traduisant une nouvelle approche pour lutter contre les sinistres routiers. Outre cela, Ahmed Naït El Hocine informe que l’acquisition de nouveaux équipements de contrôle et la modernisation d’autres et l’utilisation de nouvelles méthodes de contrôle comme télésurveillance, qui s’effectue dans certaines wilayas, à l’instar d’Alger. Parlant de la capitale, notons que la région arrive le plus souvent, en tête de classement avec le bilan le plus lourd en termes de nombre d’accident, suivie d’Oran et de Aïn defla. Commentant ce fait, le directeur du centre national de prévention et de sécurité routière estime que cela est du au nombre de la population résidant la capitale.

La forte concentration des bâtisses, hôpitaux, universités, centres de loisir et parcs, fait d’Alger une destination la plus visitée, de jour comme de nuit. La wilaya est tant connue pour son fort potentiel, en parc automobile. Le parc automobile de la wilaya d’Alger compte «1 600 000 véhicules portant la plaque d’immatriculation de la capitale». Selon l’expert la capitale détient probablement le palmarès du nombre d’accident, mais pas celui de décès. Rappelons en ce sens que «treize personnes sont décédées et 37 autres ont été blessées dans 11 accidents de la route enregistrés dans plusieurs wilayas du pays durant les dernières 48 heures (du 25 au 27 mai) », a indiqué, ce samedi, un communiqué de la Protection civile. Les bilans les plus lourds ont été enregistrés aux niveaux des wilayas de «Tlemcen, Oran et Tipasa», a précisé la même source.

Les accidents coûtent la vie des gens, mais pèsent aussi sur le plan financier. L’invité de l’émission rappelle à cet effet que les accidents routiers entraînent globalement des pertes financières s’élevant à près de «100 milliards de dinars/an». C’est du moins ce qu’a révélé une étude réalisée par l’université de Batna et présentée, en début du mois courant à Alger, lors d’une journée d’étude organisée par le Centre national de prévention et de sécurité routière. Selon, le professeur Fares Boubaker, de cette même université, «un accident routier coûte 2,2 millions de dinars en moyenne, tandis que le coût engendré par le décès d’une personne suite à un accident routier est de l’ordre de 11 millions DA». Amel Driss