Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Saïd Sayoud, a effectué jeudi dernier une visite de travail en Italie, à l’invitation de son homologue italien Matteo Piantedosi. Cette visite, qui s’inscrit dans la dynamique de renforcement du partenariat stratégique entre Alger et Rome, a été marquée par une séance de travail approfondie entre les deux responsables au Palais du Viminale, siège du ministère italien de l’Intérieur.
Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, cette visite traduit la volonté des deux pays de consolider leurs relations de coopération, notamment dans les domaines sécuritaire, technique et économique, tout en renforçant leur coordination face aux défis communs en Méditerranée. Le déplacement du ministre s’est déroulé en présence d’une délégation algérienne de haut niveau, comprenant notamment le directeur général de la Sûreté nationale, Ali Badaoui, ainsi que l’ambassadeur d’Algérie en Italie, Mohamed Khelifi. Les discussions entre les deux parties ont porté sur les perspectives de coopération bilatérale et sur plusieurs dossiers d’intérêt commun, notamment les questions liées à la sécurité et à la coordination entre les institutions compétentes des deux pays. Dans ce cadre, la délégation algérienne a manifesté un intérêt particulier pour l’expérience italienne dans la lutte contre la cybercriminalité, un domaine devenu central face à l’évolution rapide des menaces numériques et à la multiplication des formes de criminalité transnationale.
La coopération policière a également occupé une place importante lors des échanges. Les deux ministres ont évoqué la possibilité de renforcer les mécanismes de coordination et les échanges d’expertise entre les services de sécurité algériens et italiens, dans le cadre d’une approche commune visant à lutter contre les réseaux criminels transnationaux et à consolider la sécurité dans l’espace méditerranéen. La question migratoire a également figuré parmi les principaux sujets abordés lors de la rencontre. Les deux responsables ont examiné les moyens de renforcer la coordination entre les deux pays afin de faire face au phénomène de l’immigration irrégulière et de lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains opérant dans la région.
À l’issue de la rencontre, le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a souligné la qualité du dialogue stratégique entre l’Algérie et l’Italie. Selon l’agence de presse italienne ANSAmed, le responsable italien a salué la coopération bilatérale et régionale, notamment dans le cadre de la cellule de crise réunissant l’Italie, l’Algérie, la Libye et la Tunisie. Ce mécanisme de coordination vise à renforcer les efforts conjoints pour faire face aux flux migratoires irréguliers.
Selon les informations relayées par les médias italiens, cette initiative a déjà permis d’obtenir des résultats concrets, notamment dans la lutte contre les réseaux de trafic d’êtres humains et dans la prévention des départs clandestins depuis les côtes d’Afrique du Nord. Elle a également contribué à l’augmentation des rapatriements volontaires assistés vers les pays d’origine des migrants. Dans ses déclarations, Matteo Piantedosi a par ailleurs mis en avant le rôle stratégique de l’Algérie dans la stabilité régionale. « L’Algérie est un pays crucial en Méditerranée, avec lequel nous entretenons un dialogue structuré sur les grandes questions stratégiques », a-t-il affirmé, soulignant les discussions en cours entre les dirigeants des deux pays.
Les discussions entre les deux délégations ont également porté sur les défis sécuritaires liés à la conjoncture géopolitique internationale, ainsi que sur la coopération entre les forces de police et les services de Protection civile. Dans ce domaine, les deux pays envisagent de développer davantage les échanges d’expertise, notamment dans la prévention et la lutte contre les incendies de forêt, à travers des programmes de formation et des exercices conjoints. Par ailleurs, la coopération entre les deux pays ne se limite pas au domaine sécuritaire. Sur le plan économique, les relations algéro-italiennes devraient connaître un nouveau développement avec l’organisation prochaine d’un forum d’affaires entre les deux pays. Dans cette perspective, l’ambassadeur d’Algérie en Italie, Mohamed Khelifi, a participé le 2 mars dernier à une rencontre économique organisée à Fabriano, dans la région italienne des Marches. Selon les médias italiens, cette réunion a été organisée à l’initiative du maire de la ville et du président du Centre culturel islamique local, Abdelkader Magri. Elle a réuni des représentants d’institutions, des chefs d’entreprise ainsi que des universitaires.
Cette rencontre a permis de présenter les perspectives économiques offertes par l’Algérie et les opportunités de partenariat dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’industrie, l’énergie et le secteur manufacturier. Lors de son intervention, le diplomate algérien a rappelé l’ambition de l’Algérie de diversifier son économie en favorisant les investissements productifs et les projets à forte valeur ajoutée. Il a également encouragé les entreprises de la région des Marches à explorer les opportunités offertes par le marché algérien. Il a, à ce titre, souligné la position stratégique de l’Algérie comme passerelle entre l’Europe et l’Afrique, un atout majeur pour le développement des échanges économiques et commerciaux. À l’issue de cette rencontre, les participants ont convenu d’organiser prochainement un forum d’affaires à Ancône, capitale régionale et principal port de l’Adriatique centrale. Cette initiative vise à favoriser les contacts directs entre les opérateurs économiques algériens et italiens et à transformer l’intérêt manifesté par les entreprises des deux pays en projets concrets de coopération.
Amine Chabouni






