Rapport de l’INDM: Des propositions urgentes en prévision de l’élection  présidentielle

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 L’Instance nationale de dialogue et de médiation  (INDM) a rendu public, dimanche, le compte rendu des rounds de dialogue  qu’elle a menés avec les différents acteurs politiques et civils, lesquels  ont soumis leurs propositions pour une sortie de crise, dont des  propositions urgentes à concrétiser avant l’élection présidentielle et  d’autres post-présidentielle visant à « légitimer » les institutions  constitutionnelles et les structures publiques.

A l’issue des rencontres qu’elle a eues durant près de deux mois avec 22  partis et 5.670 « représentants des acteurs du hirak » et les différentes  franges de la société, l’INDM a rendu public son rapport général qu’elle a  remis tôt dans la matinée au chef de l’Etat Abdelkader Bensalah, comportant  une analyse de la crise que traverse le pays, une crise « engendrée par des  cumuls (…) découlant de la mauvaise gestion des affaires publiques par le  système de gouvernance, ce qui implique un changement radical, global et  profond dans le rôle et les missions de toutes les institutions  constitutionnelles et les structures publiques de l’Etat ». Dans ce cadre, le rapport en question dresse un tableau des tenants et  aboutissants de cette crise à l’origine « de la déferlante populaire » du 22  février, outre la collecte des propositions présentées par les parties  prenantes aux rounds de dialogues et leurs avis sur la manière de résoudre  cette situation. L’INDM a affirmé, dans son rapport, l’existence d' »un accord de principe  entre les participants au dialogue sur l’organisation d’une élection  présidentielle dans des délais raisonnables » et « sur l’adoption d’une  approche et d’une méthode de dialogue en tant que seul et unique moyen  civilisé pour atteindre le consensus », ainsi que « l’impératif de respecter  l’esprit de la Constitution », soulignant le maintien de la revendication de  la classe politique et de la société civile appelant au départ de l’actuel  Gouvernement.

Des propositions garantissant la régularité des élections et d’autres pour  légitimer toutes les institutions de l’Etat

A l’issue du processus de dialogue mené par l’Instance, le compte rendu de  cette dernière est scindé en propositions « à concrétiser avant l’élection  présidentielle » et d’autres au terme de cette échéance.    S’agissant du premier groupe, les parties au dialogue estiment nécessaire  d’aller vers l’élection du président de la République,  » dans le cadre de  l’actuelle Constitution », et  » dans les délais les plus brefs possibles »,  tout en veillant à  » concrétiser les conditions et les mécanismes  politiques et juridiques garantissant la régularité, la transparence et  l’impartialité que le peuple revendique depuis longtemps « .  Ces propositions soulignent également « l’impératif de créer un climat  propice à l’édification et à la consolidation de ponts de confiance entre  le Pouvoir et le peuple et partant entre l’électeur et l’élu », un objectif  qui passe par « la prise de mesures d’apaisement, comme la libération des  détenus du Hirak, la protection des entreprises privées dont les  gestionnaires font l’objet de poursuites judiciaires, et ce par souci de  préserver l’économie nationale, les emplois, ainsi que le départ du  Gouvernement actuel, produit du système corrompu ».  Les propositions suscitées portent également sur l’accélération de la  création d’une autorité nationale des élections, qui soit « durable,  indépendante et résultante de la conception des parties concernées par le  processus électoral », pour peu que sa présidence soit confiée à une  personnalité nationale « crédible et faisant l’objet de consensus  populaire ». De plus, les propositions mettent l’accent sur le transfert de l’ensemble  des prérogatives conférées par la législation électorale en vigueur, des  ministères de l’Intérieur, de la Justice, des Affaires étrangères et de  toutes les autorités locales, ainsi que certaines prérogatives du Conseil  constitutionnel à l’autorité citée précédemment, à travers l’amendement de  la Loi organique relative au régime électoral.  En ce qui a trait aux propositions après la Présidentielle, le rapport  fait état de « l’entame d’une période de transition constitutionnelle », au  cours de laquelle les grands chantiers de réforme seront ouverts en vue de  « légitimer » l’action de l’ensemble des institutions constitutionnelles et  des structures publiques et d’adapter leur rôle, en lançant un amendement  de la Constitution ou en élaborant une nouvelle Constitution « intangible »  qui sera soumise, en vue de son adoption, à un référendum populaire et  suivie de l’adaptation de l’arsenal juridique et administratif, dans son  ensemble.

T.M